Portraits
Blondie, le joyau de la New Wave

Blondie, le joyau de la New Wave

par Milner le 7 juin 2005

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  Denis, ascenseur vers la gloire

Après sept mois passés à se produire toutes les semaines au CBGB, Blondie publie enfin son premier single, X-Offender / In The Flesh le 17 juin 1976 sur le label Private Stock Records qui sort leur premier album baptisé tout simplement Blondie au début de l’année 1977. Malgré un bon succès en Australie avec la ballade In The Flesh, Blondie n’est pas satisfait de son premier album qui n’est ni plus, ni moins qu’une tentative punk assez ratée et confie alors son destin à un label moins confidentiel mais surtout plus puissant, Chrysalis Records. Un deuxième album, Plastic Letters, paraît dès octobre 1977 à l’échelle internationale. Ce nouvel effort cerne au mieux le talent du quintette à trousser de formidable chansons pop. Il contient Denis, le titre qui va ouvrir au groupe la voie du succès universel. Denis, c’est la reprise au masculin de Denise, qui fut un gros succès pour Randy & The Rainbows en 1963. Malgré le potentiel évident de la chanson, Debbie n’avait pas soupçonné l’impact qu’elle allait avoir sur la suite de leur carrière puisque ce morceau atteindra la seconde place des charts britanniques - contribuant déjà aux liens forts qui uniront le royaume et les cinq de Big Apple - alors qu‘il fera un bide au pays de l’Oncle Sam. Comme le dit la pétillante chanteuse : « Tout ce que je savais, c’est que c’était une très bonne chanson, très belle. Je me souvenais parfaitement de l’original que chantaient Randy & The Rainbows en 1963. Et je n’étais pas la seule puisque j’ai découvert en venant en France qu’un chanteur nommé Franck Alamo en avait fait une reprise sous le titre Sylvie, Sylvie. Oui, c’est vraiment une très belle chanson, très naïve, très sucrée, tout à fait charmante ».

Blondie, qui vient de décrocher son premier gros succès avec Denis, connaît déjà des changements de personnel. Après le départ de Gary Valentine, on note les arrivées de Frank Infante à la guitare rythmique et de Nigel Harrison à la basse. Côté production, Mike Chapman remplace Richard Gottehrer, qui avait réalisé les deux premiers albums de Blondie, apportant ses méthodes tatillons mais efficaces pour donner des arrangements musicaux plus percutants. Nullement découragés par ces évènements contraires sur Parallel Lines, leur troisième album paru en septembre 1978, le groupe se crédibilise définitivement et les musiciens y sont rois : ils s’en donnent à cœur joie, notamment le batteur Clem Burke à la frappe de mule, comme pour prouver qu’ils sont bien plus que les simples faire-valoir de leur chanteuse superstar. Album le plus abouti de la discographie de Blondie, il demeure l’un des mètres-étalon de la new wave : nerveuse, astucieuse et truffées de mélodies. Des invités de luxe se permettent même de poindre le bout de leur nez lors des séances d’enregistrement, tels le guitariste de King Crimson Robert Fripp qui fit une apparition remarquée sur Fade Away And Radiate, la face B du plus énorme tube du sextuor, Heart Of Glass qui est un #1 mondial de Tokyo à Ottawa au printemps 1979. Pierre angulaire du répertoire scénique depuis les débuts, cette chanson blues subit un sérieux lifting en plusieurs séances de studio afin de surfer sur la vague disco qui déferlait dans les boîtes de nuit. Maintes fois imitée mais jamais égalée, cette chanson demeure avec le Y.M.C.A. des Village People la référence mondiale en matière de disco. La conséquence, c’est que toutes les chansons sont excellentes, avec une mention particulière à la trop méconnue version du Hanging On The Telephone de Jack Lee, membre de The Nerves, groupe rock’n’roll de Chicago. Grâce au succès de Heart Of Glass, l’album Parallel Lines se vend à plus de 20 millions d’exemplaires dans le monde et la « Blondie-mania », ou plutôt la « Debbie-mania », s’installe un peu partout. En Angleterre, le premier pays qui a reconnu son talent, le groupe obtient un nouveau #1 avec Sunday Girl, chanson pop jouant sur les clichés du romantisme avec son passage chanté en français. En cette année 1979, Blondie est tout simplement devenu le plus grand groupe pop de la planète.



[1Sources bibliographiques :

  • Ouvrages : BlondieStyle par Steve Pafford, 2002.
  • Magazines : Rock & Folk, Les Inrockuptibles, Q Magazine
  • Interviews : Georges Lang

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