Portraits
Blur, mis au net

Blur, mis au net

par Milner le 6 avril 2005

Groupe très influent des années 90, Blur a su se renouveler pour conserver sa place parmi l’élite britannique. De Colchester au Maroc, retour sur un itinéraire musical atypique !

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Début 1989, tandis que The Stone Roses se prépare à devenir énorme et à prendre les îles britanniques par surprise, un jeune homme de 21 ans appelé Damon Albarn, natif de Whitechapel, se débat avec ses propres problèmes : après avoir tenté sa chance pour devenir acteur à Londres, il s’était retrouvé à enregistrer des ballades horribles au piano avec un groupe de soul blanc nommé Two’s A Crowd et composait parallèlement pour le théâtre d’interminables morceaux bizarres, sans aucune partie vocale dans les studios d’enregistrement Beat Factory où il travaillait gratuitement ; en compensation, on lui permettait d’utiliser ces studios pendant la nuit. Sa vie n’était pas aussi rose qu’il l’avait imaginée. Malgré un rôle insignifiant dans un thriller de John McKenzie, Le Quatrième Protocole, deux ans auparavant, les choses n’allaient pas bien. « Je me sentais frustré mais je ne méritais rien de mieux. J’étais un pauvre type, doué pour la musique mais je ne connaissais rien à la musique pop. J’étais comme un mec qui aurait su écrire mais pas lire, un mec qui aurait lu Balzac et Shakespeare et n’aurait rien su de tous les auteurs contemporains ».

Etre le fils de Keith Albarn impliquait nécessairement d’être différent des autres : il était peu commun d’avoir un père à la fois ex-manager de Soft Machine et artiste réputé de happenings reponsable de la Discothèque Interplay pendant les grandes heures de l’Eté de l’Amour. Ce n’est pas non plus en jouant du violon et du piano, en se promenant avec des livres de Karl Marx sous le bras, en écoutant Satie et Berstein, et en flirtant avec le bouddhisme quand on vient d’avoir treize ans, que l’on se trouve facilement des amis en zone rurale. Le jour où on lui apprit que son père était muté, en tant que professeur d’art, à l’école de Colchester, il décida que son adolescence s’écoulerait dans la solitude et qu’il ne s’intéresserait qu’à l’art, tout particulièrement au théâtre.

 Une rencontre décisive

Sa bouée de sauvetage, il la voit prendre les traits d’un jeune garçon binoclard, timide et réservé qui allait devenir le meilleur ami d’Albarn. Graham Coxon, d’un an son cadet, était lui aussi à l’école de Colchester. Il était fasciné par l’éloquence et l’aisance de Damon en public. Il jouait du saxophone et de la guitare et ne jurait que par The Who et The Jam. Albarn pensait n’avoir rencontré qu’un saxophoniste alors qu’il avait en fait trouvé quelqu’un qui essaierait de le faire entrer dans le monde de la musique pop. Pendant plusieures années, l’essentiel de leurs activités consistait à tuer le temps en apprenant à jouer chez l’un avec des chansons de Jimi Hendrix et assister aux concerts des membres de l’écurie 2-Tone, fameux label de revival ska à la mode aux débuts des années 80. Comme le racontait Coxon : « Ses parents me traitaient comme un adulte, étaient très cultivés. Il y avait plein de livres et de tableaux passionnants dans leur maison, alors que chez moi, la télé était allumée en permanence. C’était la première fois que je rencontrais des gens impliqués dans l’art ». À la fin de leurs études secondaires, ces deux-là n’avaient qu’un objectif : aller vivre à Londres pour fuir la tranquilité du provincialisme rural anglais.



[1Sources diverses

Magazine : Rock & Folk, Les Inrockuptibles, Rock Sound, Q Magazine.

Fanzine : Blurb.

Ouvrage : Blur par Juan de Ribera Berenguer (1996).

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