Concerts
Brakes + Yeti + Joseph d'Anvers

Paris (La Maroquinerie)

Brakes + Yeti + Joseph d’Anvers

Le 19 janvier 2006

par Béatrice le 23 janvier 2006

Comme tous les troisièmes jeudi du mois depuis septembre, la Maroquinerie accueille, sous le parainnage des Inrocks, trois groupes qui commencent tout juste à faire parler d’eux. Pour cette édition, les Anglais de Brakes partagent l’affiche avec leurs compatriotes de Yeti, groupe de l’ex-Libertine John Hassal, et avec le Français Joseph d’Anvers.

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La Maroquinerie est encore bien vide quand on y arrive, pourtant près d’une heure après l’horaire indiquée sur le billet... pas non plus si étonnant que ça, quand on sait que l’objectif de « l’Inrocks Indie Club » lancé en octobre est de faire découvrir sur scène « les groupes dont on parlera demain », et dont, en conséquence, on ne parle pas encore beaucoup aujourd’hui... L’affiche du jour manque quelque peu de cohérence, comme souvent dans ce genre de festivals, ce qui explique probablement en partie le peu d’entrain du public (essentiellement composé d’ex-fans des Libertines venus admirer l’ex-bassiste des Libertines dans son nouveau groupe et d’amateurs de rock indépendant anglais) envers le premier groupe, qui relève de la pop française pure souche.

C’est donc à Joseph d’Anvers, lauréat du FAIR 2004 et sélectionné sur la compil’ CQFD 2005, que revient la tâche d’entamer la soirée. Accompagné de trois musiciens, le chanteur parvient à créer une ambiance musicale assez captivante, mais son set présente les défauts du pop-rock en français : difficulté pour adapter le chant à la musique quand celle-ci s’envole ou s’énerve un peu trop, et au final des mélodies un peu monotones. L’ensemble, bien qu’agréable à écouter, peine à vraiment décoller, sauf sur quelques titres, tels que Pigalle, assez réussis, et on se dit que cela aurait probablement été trop si le set avait duré plus longtemps.

Changement complet d’ambiance avec le deuxième groupe de la soirée, Yeti, qui donne son premier concert en France. Au départ side-project, puis maintenant groupe à part entière de John Hassal, ancien bassiste effacé mais efficace des Libertines, le groupe a attiré un certain nombre de fans des Libertines en question, curieux de voir ce que tout ça donne. Pourtant, force est de constater que la ressemblance avec les Libertines est assez ténue voire quasiment inexistante ; l’influence principale de John Hassal, ce sont les Beatles, et ça s’entend, puisque le quintet délivre une pop d’obédience définitivement sixties. Pas d’une originalité ébouriffante, mais tout de même efficace et plus que sympathique - et même très bonne sur des titres comme Last Time You Go ou Never Lose Your Sense Of Wonder, qui trottent encore dans la tête quelques heures après qu’on les a entendus. John Hassal manque visiblement d’assurance, et, assez statique, n’a pas vraiment la carrure d’un frontman, mais ce défaut est compensé par le fait que le groupe est très soudé et prend manifestement un très grand plaisir à jouer. Alors, oui, Yeti n’est pas le groupe du siècle, il ne brille pas par son originalité, mais il reste capable de délivrer dans la bonne humeur un set charmant, au cours duquel on ne s’ennuie pas, et composé de pop-songs efficaces que tout le monde ne peut pas avoir la prétention d’avoir écrites. 35 minutes et un bref rappel plus tard, le groupe se voit forcer de quitter la scène, timing oblige.

Il laisse alors la place à Brakes, qui mérite presque le qualificatif de super-groupe : composé d’Eamon Hamilton, membre de British Sea Power, au chant, des frères Tom et Alex White (respectivement à la guitare et à la batterie) qui normalement officient au sein d’Electric Soft Parade, et de Mark Beatty (basse) venu de Tenderfoot, le groupe réunit en effet la fine fleur de la scène rock de Brighton. A l’image de leur album (16 titres, 29 minutes), le set est rapide, voire expéditif, enchaînant des titres de rock féroce mais plein d’humour qui ne dépassent parfois pas les 30 secondes. Le set sera donc court - pas plus de 45 minutes, mais efficace et provoquera même quelques pogos (assez violents vu que la fosse est encore assez peu remplie...). La palme de la chanson la plus courte revient indiscutablement à Comma Comma Comma Full Stop, que le groupe prend bien soin d’annoncer alors qu’elle ne dure en fait que le temps d’en dire le titre... Mais bien sûr les Brakes ne savent pas faire que des titres de 30 secondes et dont le texte ne se limite qu’à trois mots, ils sont aussi capables de se calmer un peu, et d’offrir des chansons nettement plus mélodiques et d’une longueur un peu plus conventionnelle sur « la campagne » ou même « l’intégration européenne » (!)... et on aura même droit à quelques reprise assez étonnantes, notamment du Jesus & Mary Chain et de Johnny Cash, preuve que les Brakes jouent vraiment sur tous les fronts et ne s’interdisent rien.



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