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Cast Away The Clouds

Cast Away The Clouds

Rose Melberg

par Vyvy le 6 février 2007

3,5

paru en septembre 2006 (Double Agent)

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Cela fait quatorze ans maintenant que Rose Melberg mêle à ses jolies mélodies pèle-mêle guitare, piano et violon. La belle de Sacramento s’est cette fois-ci échappée des profondeurs de la Colombie Britannique où elle a vécu les cinq dernières années, en pause, loin de la musique, élevant son fils et se reposant. Cinq ans de parenthèse, mais revoilà l’« indie-pop icon », anciennement de Tiger Trap et The Softies de retour avec un album très personnel, qu’elle concocte dans le froid canadien depuis un bout de temps. Cet album, solo, l’amène à n’inviter que deux amis, Nick Krgovich qui vient prêter son timbre et ses talents de pianistes, Saundrah Humphrey qui amène une touche de violon sur la chanson la plus polie, parfaite, de l’album, The Orchard.

Cet album sera celui de la fin de l’hiver où on attend blotti devant la cheminée, où on voit enfin, les premières narcisses pointer leur tête. Rose, dans une licence artistique fait fi des règles fondamentales de la biologie... mais on va let go and forgive et have a little more fate in Rose tant le fruit rouge non indentifiable, arrimé à une branche noire, et si petite, reste une des plus belles pochettes de l’année passée. Fin et discret, un camaïeu de gris-noir enserre ce fruit, l’artiste entourée de la grisaille quotidienne. Cette mélancolie ambiante, Rose va tantôt y succomber, tantôt s’en démettre. Amour, départ, sont bien sur ici chantés, mais aussi les petites joies de la vie, paresser au fond du jardin...

Truly madly don’t you know I hardly sleep, anymore
Again its after four
Slightly crazy nightly thinking
Of how to win your love thinking
But the best I can do
Is dream of you

Toutes les chansons sont des petites perles, tant la voix de velours de Rose entoure et enveloppe, on rejette ou on adhère à une voix parfaite, riche, capable des abysses comme des envolées sopranesques, toujours douce, quand elle nous susurre sur le premier titre It’s gonna take some time to fix that love of mine, it’s gonna take someone to fix that love of mine. Rose ne fait pas que chanter (et ce fort bien, mais là vous l’aurez compris...) elle chante avec elle même, chantant, pour rendre son projet plus personnel, si ce n’est plus facile à bien faire rendre en concert, les différentes parties notamment sur Spin. Une guitare folk, quelques grappes de piano (qu’elle découvre avec talent I don’t actually know how to play the piano at all, I just sat down and found the notes and figured something out, because it’s like, why not ? [1] ) et un passage de violon composent l’univers musical de Rose. Each New Day conclut l’album d’une manière splendide, ode parfaite à un amour impossible, en finesse, piano et murmures...

Trente-quatre ans et presque autant d’années de passion pour la musique, Melberg sait écrire, façonner des bluettes parfaites (My heart is in peril I fear I fall apart each time you come near), des chansons qui fond chaud au cœur... tout en laissant un vague goût de barbe à papa dans la bouche. Car le mieux étant l’ennemi du bien, il faut avouer que certaines fois, à force de polir ses perles, Melberg en a fait de polissées (et non polissonnes) perfections qui peuvent paraître « too much, too pink ». Ainsi, ses chansons sont certes divines, on les retient, on les fredonne, elles vous accompagnent dans ces dimanches paresses où on sort se balader, acheter des fleurs ou bien faire un gâteau... Mais ses ports de voix, sa manière de traîner sur certaines syllables peuvent amener une sacré migraine. Et on a envie de la prendre par les épaules et de lui dire : « Un peu de vie ! Réveille-toi ! ». Mais la belle reste, nymphesque, dans sa lymbe, entre deux eaux, deux humeurs... On en ressort avec une sensation douce amère. La crise de foie s’annonce, trop de sucre, de pop ayant été ingérés...


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Tracklisting :
 
1. Take Some Time (4:39)
2. The Orchard (2:22)
3. Cold Sea (2:59)
4. Cast Away The Clouds (3:27)
5. Irene (2:40)
6. Spin (3:51)
7. Little Bird (3:44)
8. Something Else (2:12)
9. Four Walls (3:31)
10. Constant And True(3:09)
11. Your Tears (4:13)
12. Each New Day (2:43)
 
Durée totale : 39:34