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vendredi 25 mai 2012
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par NonooStar le 31 mai 2011
Il paraît que la presse est en crise. En 2009, le gouvernement s’est même senti obligé d’organiser des États Généraux de la Presse pour mettre en place des mesures censées revitaliser ce secteur... mouais... je ne me prononcerai pas sur l’ensemble de la presse mais, si vous voulez mon avis, la presse culturelle, et en particulier musicale, va crever quoi que fasse le gouvernement... Et elle l’aura bien mérité.
On se moque désormais couramment du modèle archaïque et sclérosé de l’industrie musicale et il est vrai que les majors sont les principaux artisans de leur chute : crispées sur leurs habitudes, agressives contre tout ce qui pourrait représenter un changement, elles se sont progressivement mises dans une situation intenable vis-à-vis du Net, c’est-à-dire (n’oublions jamais ce détail) de leurs propres clients.
Or l’ironie, c’est qu’il en est de même pour la presse musicale... à la différence que, si les majors commencent timidement à chercher des solutions à même d’assurer leur survie, la presse musicale ne semble même pas avoir conscience des changements profonds que demande l’avènement du Web et se berce d’illusions en croyant qu’il suffit d’un site Internet avec des pigistes suffisamment réactifs pour venir concurrencer les blogs et les webzines sur le terrain du buzz et de la vitesse.
Bien sûr, il ne s’agit que d’un pis-aller qui montre que la presse musicale n’a pas compris le rôle qu’elle pourrait jouer sur le Web. Par son manque d’inventivité, elle rate la nécessaire remise en question de son modèle économique et rédactionnel et surtout elle s’enferme dans un modèle numérique (financé par la publicité) où elle s’oblige à faire du click et du page rank comme le premier blogueur venu, ce qui représente une position intenable sur le long-terme.

Mais faisons d’abord le point sur le modèle « papier ». La plupart des magazines fonctionnent peu ou prou sur le même modèle éditorial avec quelques articles un peu étoffés, des interviews et l’inévitable palanquée de critiques où les albums sont jugés en quelques dizaines de mots, souvent assortis d’une note pour que le lecteur n’ait même pas à faire l’effort de lire un texte de toute façon insignifiant.
L’existence même de ces « chroniques » écrites à la chaîne montre à quel point la presse musicale n’a pas su se remettre en cause. À l’époque où la plupart des albums sont disponibles extrêmement facilement sur les sites de téléchargement direct ou sur les réseaux P2P, il est évident que le rôle prescripteur de la presse musicale appartient à un passé où l’écoute d’un album passait presque nécessairement par l’achat de celui-ci. Du coup, la plupart des passionnés se retrouvait à guetter l’avis de tel ou tel critique parce qu’ils avaient remarqué que les goûts d’icelui étaient en adéquation avec les leurs. Pourquoi auraient-ils aujourd’hui besoin du jugement péremptoire et forcément subjectif de quelqu’un d’autre quand il ne leur coûte rien de plus qu’un peu de temps pour se faire leur propre jugement ? L’anachronisme de cette rubrique n’est que le premier indice qui révèle à quel point la presse musicale est en porte-à-faux avec l’époque actuel.
Il ne reste donc de potentiellement valables que les articles de fond et les interviews mais, à ce niveau-là, c’est également le modèle économique global de la profession qui pose problème : depuis Wikipedia, le critique ne peut plus se contenter de sa seule érudition pour écrire un article conséquent. La simple évocation d’anecdotes ne suffit plus, il faut mettre son savoir au service d’une problématique de façon à aborder le sujet sous un point de vue original et à fournir au lecteur un angle de lecture inédit. De même, les forums et les flux RSS ont rendu obsolète les interviews pépères où chaque journaliste pouvait se permettre de poser les mêmes questions que le précédent. Désormais, le lecteur ne lit même plus ce type d’interviews car il a déjà accès via le Net aux informations qu’elles contiennent. Le journaliste est donc là encore obligé de faire preuve d’inventivité et de pertinence.
Or dans un système où la plupart des critiques sont professionnels ou entendent l’être, où ils doivent se préoccuper autant de leur porte-monnaie que de leur visibilité, il est humainement impossible qu’ils puissent à la fois enchaîner les articles tous azimuts et maintenir un niveau de qualité qui impliquerait nécessairement de ne pas écrire lorsque les idées viennent à manquer ou lorsqu’un article de fond demande toute leur attention pour être mené à bien. La presse musicale est donc structurellement incapable de maintenir une réelle exigence de qualité.
Vos commentaires
# Le 5 septembre 2011 à 15:00, par grozilla En réponse à : Ci-gît la presse musicale... et maintenant ?
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