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Drôle D'Oiseau

Drôle D’Oiseau

Babet

par Sylvain Golvet le 27 février 2007

2,5

paru le 19 février 2007 (V2)

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Après dix ans de violon et de chant chez Dionysos, la petite Babet voulait devenir grande. Un besoin d’émancipation tout à fait légitime de sa part, la machine Dionysos devenant de plus en plus énorme et probablement fatigante. Babet a donc rassemblé des compositions vieilles de six ans pour certaines, plus récentes pour d’autres et a rassemblé des amis et surtout son talent de multi-instrumentiste pour enregistrer ces quinze morceaux pendant un petit mois de off avec le groupe. Prenant à bras le corps les guitares, violons, pianos et micros, c’est à elle que l’on doit la quasi-totalité de ce qu’on entend sur Drôle D’Oiseau (avec Pierre Feau à la basse). Une envie de liberté totale donc, et le besoin de montrer qu’elle n’a besoin de personne pour creuser son petit sillon de son côté.

Et pour s’échapper de l’univers Dionysos, Babet nous livre une musique plus apaisée, moins démonstrative et moins rock’n’roll. De fait, l’album sonne très folk-pop, tout en penchant vers la chanson française et ses arrangements sont bruts, assez dépouillés, avec ce violon souvent présent mais jamais envahissant. Mais rien n’est figé et on sent bien qu’elle se cherche encore en variant les genres.

Tout commence avec Le Voyageur, chanté en anglais puis en français, se refusant de choisir entre les deux, comme tout au long de l’album. On lui aurait bien conseillé d’abandonner celle de Molière tant sa voix convient beaucoup mieux aux sonorités anglo-saxonnes (Body Club, In My Shoes). Passons Les Amoureux à la mélodie trop calquée sur I’ll Stand By You des Pretenders pour être vraiment agréable, et arrêtons-nous sur Le Marin (oui, elle aime les personnages). Cette chanson proche de Dionysos dans l’univers sonore, lui permet de s’amuser avec sa voix, la multipliant pour assurer les harmonies et les chœurs, comme des dizaines de petites Babet se baladant sur la mélodie.

Il arrive aussi qu’elle passe totalement à côté de son sujet, comme sur Piano Eléphant, où, dans un style à la Pauline Croze, elle s’essaie à une sorte de soul avec piano jazzy absolument pas dans son registre, sans parler des paroles à base de jeux de mots peu élégants. Avec Cocomoto, l’expérimentation est plus probante et ce genre de morceau electro-rock acoustique pourrait être à pousser à l’avenir. La tonalité des paroles tourne autour de l’autobiographique ou du moins peut-on le deviner. Mon Oncle nous apprend qu’elle « le détestait » et Dis-Moi décrit la cruauté d’une rupture.

Et tout cela nous donne un album sympathique. Mais sympathique c’est autant un compliment qu’un reproche et c’est là tout le problème. Faute d’univers bien défini, l’album a tendance à glisser sur l’oreille sans s’y attarder vraiment. À cause d’une production un peu « cheap », sans vraiment de parti pris, mais peut-être aussi par un manque d’expérience tout simplement. Il est vrai que l’image de maîtrise et de puissance de Dionysos est passée par là et se serait malhonnête de comparer Babet en solo à son groupe. Mais dans cette volonté de s’écarter de cette univers, elle semble encore naviguer à l’aveugle et se chercher. Et le plus regrettable est qu’on ne retrouve plus cette voix si particulière entendu sur Monsters In Love, qui pouvait minauder ou se rapprocher d’une petite PJ Harvey en colère (écoutez Lips Story In A Chocolate River).

Gageons que s’il y a un successeur à celui-ci, il bénéficiera de ces erreurs de jeunesse discographique et permettra à Babet d’envisager une carrière solo réussie.



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Tracklisting :
 
1. Le Voyageur (3’42")
2. Les Amoureux (2’24")
3. Le Marin (2’45")
4. Cling Clong (2’33")
5. C’Est Quand Déjà ? (3’20")
6. Piano Eléphant (2’34")
7. Dis-Moi (3’45")
8. Cocomoto (2’23")
9. Andy (3’25")
10. Bel Ami (2’04")
11. Mon Oncle (2’24")
12. In My Shoes (2’09")
13. Body Club (3’05")
14. Merzouga (2’10")
15. Je Pars (5’14")
 
Durée totale : 43’54"
 
Site : Voir le site MySpace de Babet