Portraits
Elliott Smith, une tragédie américaine

Elliott Smith, une tragédie américaine

par Giom le 10 mars 2009

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Smith va alors passer par une période très sombre qui va l’amener pas loin de la folie. Il ne se nourrit plus que de glace et passe parfois un temps fou sans dormir, restant également très longtemps inconscient. Son attitude paranoïaque augmente et sa méfiance vis-à-vis de son ancienne maison de disques Dreamworks est de plus en plus forte. Pourtant il revient une ultime fois aux affaires, se produisant plusieurs fois en concert durant l’année 2003, semblant jouer avec plaisir la quasi-totalité de son répertoire et offrant de nouvelles chansons prometteuses. Sur un forum qui lui est consacré, il annonce même son retour en forme et certifie que les sessions de son prochain album, double donc, sont sur le point de s’achever. Le titre est déjà trouvé, à la symbolique verticale troublante : From A Basement On The Hill. Tous le monde y croit alors et peut-être même lui aussi !

Jusqu’à ce 21 octobre 2003, jour de sa mort. Les circonstances de cette mort, en tout cas tragique puisque le chanteur n’avait que 34 ans, sont assez troubles. Alors qu’elle venait de se disputer assez violemment avec lui, Jennifer Chiba, sa compagne de l’époque, se serait réfugiée et enfermée dans la salle de bain. Peu de temps après, elle aurait entendu Elliott crier, se serait précipitée pour le trouver inconscient un couteau enfoncé dans son corps. Voici pour la version officielle à laquelle se sont ajoutées plusieurs rumeurs affirmant que le musicien aurait été assassiné. Tout est parti d’une note laissée par Smith avant sa mort : « I’m sorry, love. Elliot, God forgive me. » La faute d’orthographe au prénom pouvait ainsi laisser planer un doute sur la thèse du suicide qui n’a d’ailleurs toujours pas été validée officiellement. Pourtant Jennifer Chiva est à plusieurs reprises sortie de son silence depuis la mort d’Elliott pour clamer son innocence et la faute sur la note a depuis été analysée comme une erreur de transcription d’un enquêteur (un comble !). Cependant le mystère persiste si on pense par exemple à cette remarque d’un des assistants d’Elliott sur les bandes de From A Basement On The Hill qui affirme qu’Elliott ne se serait jamais tué avec ses habits ce qui aurait rendu l’entreprise du suicide par coups de couteau plus difficilement réalisable. Bref, tout ça n’est pas simple mais n’est peut-être pas si important que ça. Elliott Smith est mort fin 2003, voilà qui reste le plus marquant, beaucoup trop jeune donc et sûrement sans nous avoir vraiment tout dit de ce que lui-seul était capable d’exprimer avec une guitare, sa voix et ses mots.

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From A Basement On The Hill

L’album From A Basement On The Hill sortira un an plus tard, de façon posthume. Finalement que sur un seul disque, sa réalisation aura été supervisée par sa famille, son ancien collège Rob Schnapf et son ancienne petite amie Joanna Bolme. L’album n’est donc, du fait de la mort prématurée de l’artiste, pas jugeable comme un véritable disque d’Elliott Smith. Il n’empêche qu’il s’impose comme un ultime témoignage d’un artiste singulier et définitivement décalé qui ne peut que manquer dans le paysage.

Sources :

Livre :

Benjamin Nugent, Elliott Smith And The Big Nothing, Da Capo Press, 2005.

Sites Internet :

Magazines et webzines :

Les Inrockuptibles, Télérama, Pitchfork.



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