Portraits
Elliott Smith, une tragédie américaine

Elliott Smith, une tragédie américaine

par Giom le 10 mars 2009

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Très bien sauf que le film, très bon au demeurant, est un énorme carton international lançant coup sur coup la carrière des acteurs Damon et Affleck, apportant une reconnaisse méritée au réalisateur Van Sant (on n’est pas encore à la Palme d’Or mais ça va venir) et finalement plaçant sur le devant de la scène notre Elliott Smith qui n’en demandait peut-être pas tant ! Du jour au lendemain, Smith et son titre Miss Misery se retrouvent sur les devants de la scène. Smith doit enchaîner les performances télévisées ce à quoi il ne semble pas prendre plaisir. On le verra notamment en 1998 interpréter une version de Miss Misery accompagné d’un orchestre (!) pour la soirée des Academy Awards où Miss Misery est nominée dans la catégorie « Meilleur Composition Musicale pour un film », l’award étant finalement remporté par My Heart Will Go On de Céline Dion pour Titanic.

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Le fameux passage télé qui marque la fin de l’Elliott Smith indé

Heureusement que Smith semblait se foutre complètement de cette récompense car il y a de quoi être vert ! Pour continuer dans le cinéma, Smith enregistre peu de temps après le succès de Miss Misery une reprise de ses idoles les Beatles avec le morceau Because, qu’il interprète a capela de façon très forte. Le titre prendra place dans la bande originale d’un autre film qui a marqué la période 1997-1998 : American Beauty de l’Anglais Sam Mendes avec Kevin Spacey dans le rôle principal. On peut entendre la reprise de Smith lors du générique final du film ponctuant cette tragédie du quotidien que représente le film d’une façon très émouvante.

En 1998, Elliott Smith devient donc soudainement très connu mais sa vie commence à se détériorer sérieusement puisqu’à cette époque il fait plusieurs petits tours par des hôpitaux psychiatriques pour troubles de la personnalité et problèmes récurrents de drogue (qu’il a toujours nié tout au long de la décennie des 90s). Pourtant Smith compose toujours autant et signe même sur une major (Dreamworks, le label lancé par Steven Spielberg) pour la réalisation d’un nouvel album. Ce départ de Kill Rock Stars sera vu par certains comme une trahison de la part d’Elliott Smith qui décidait ainsi, selon eux, la célébrité arrivant, de quitter un monde du rock indé qui l’avait toujours soutenu. Pourtant, musicalement du moins, l’avenir s’annonçait encore palpitant pour Elliott Smith.

 Le début de la fin

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XO

L’album XO, premier disque pour Dreamworks, sort en juillet 1998 et ne déçoit pas. Certains y voient un disque plus léger, ce qui semble une grosse erreur selon les propos même du songwriter : « Les gens ont pensé que je voulais faire dans le romantique. Pourtant quand je chante « ready to go » (sur le morceau Amity), je veux bien sûr parler d’une fatigue de vivre et d’une envie d’en finir. »

I’m here today and expected to stay on and on and on
I’m tired
I’m tired
Looking at on the substitute scene
Still going strong
XO, mam

On remarque au passage qu’on peut difficilement qualifier ces paroles de « légères ».

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Smith à Los Angeles pour les sessions de XO

À ce moment de sa carrière, Elliott a déménagé à Los Angeles, où l’album est d’ailleurs en partie enregistré, dans les fameux studios Ocean Way. Il fréquente de nombreuses personnalités de la scène musicale californienne qui l’ont aidé à réaliser XO (Joey Waronker, Jon Brion, Tom Rothrock, Rob Schnapf...) et commence à avoir une notoriété importante qui l’amène à faire des tournées mondiales où il découvre ses fans australiens ou japonais pour qui il n’avait encore jamais eu l’occasion de jouer. Tous soutiennent un artiste qui semble être à l’apogée de sont talent malgré une vie qui commence à partir de plus en plus en vrille, Elliott prenant constamment des anti-dépresseurs et autre produits pas très conseillés en partie pour supporter la fatigue causée par une tournée mondiale éreintante. On voit en tout cas de plus en plus Elliott Smith dans la presse et celui-ci donne de nombreuses interviews qui permettent de comprendre les sources (l’enfance notamment) de son inspiration. On en apprend aussi beaucoup sur ses tatouages (Ferdinand le taureau sur le bras droit et une carte du Texas sur le gauche), mais on ne va pas tomber dans le people. Il fait même une nouvelle apparition dans un show télévisé en octobre 1998 au Saturday Night Live (alors qu’on sait qu’il déteste ça, mais les joies du contrat avec Dreamworks doivent être dans le coup). En tout cas le disque s’impose rapidement comme la meilleure vente d’Elliott Smith puisque avec près de 200 000 copies vendues aux États-Unis, il réalise un score deux fois supérieur au total des ventes des deux disques précédents sortis chez Kill Rock Stars.



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