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Eric La Blanche

Eric La Blanche

par Le Daim le 20 février 2007

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C’est à la salle de spectacle de la MJC Pichon de Nancy que j’ai rendez-vous avec Eric, chanteur du groupe La Blanche. À mon arrivée, les musiciens sont en train d’effectuer la balance pour le concert du soir et j’aperçois Eric assis au milieu de la salle, qui lit le journal. Notre première poignée de mains s’effectue sous une échelle posée entre deux rangées de sièges. Nous préférons penser que c’est un bon signe, en tout cas Eric semble enthousiaste. Il me propose de faire l’interview dans un bistrot. Un bon kilomètre effectué au pas de course plus loin, nous pénétrons dans un minuscule bar à l’ambiance chaleureusement franchouillarde. L’interview va durer une bonne heure, les demis s’accumulant joyeusement sur la table. Eric parle de l’industrie du disque, de l’internet, de son travail d’interprètation et de composition, sans oublier de vanter les mérites des deux disques de La Blanche parus à ce jour : Michel Rocard (2002) et le petit dernier, Disque D’Or. Attention ! Interview fleuve !

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« J’abuse avec modération... »
La Blanche au complet... Ou presque ! (© Le Daim)

 « De toute façon c’est ça qu’on voulait faire... »

B-Side Rock : À la tienne, Eric ! Disque D’Or est sorti en novembre. Comment ça se passe ?

Eric La Blanche : Ca se passe plutôt bien. On a de bons retours des médias de proximité. Par contre, du côté de la grosse presse parisienne, bizarrement ça ne fonctionne pas. Je crois que l’album est trop varié, peut-être un peu difficile à chroniquer aussi. Sinon sur les concerts ça se passe super bien, on a de très bons retours. Et puis moi je suis très content d’avoir sorti un disque et d’aller faire le cake sur scène ! Je suis quand même un peu inquiet parce qu’aujourd’hui, pour que ça marche, il faut du pognon et de la médiatisation. Malheureusement, nous, on est pas dans la presse critique médiatique.

BS : Qu’est-ce qui explique que parfois le groupe fait salle pleine, et d’autres fois n’attire pas autant de public ?

ELB : Très souvent c’est le travail de la salle qui fait toute la différence. Si les directeurs de salle ont su fédérer un public de fidèles ou de gens qui aiment venir découvrir des trucs, ça peut fonctionner. Si tu mets des affiches de la Blanche dans la rue, a priori les gens ne vont pas savoir de quoi il s’agit.

BS : Par conséquent vous captez un public d’initiés...

ELB : De toute façon c’est ça qu’on voulait faire. J’ai commencé à écouter de la musique sur les radios locales, à la connaître par les médias indépendants. C’est bien de commencer par là, d’un autre côté il ne faut pas rester coincé et être capable de passer à l’étape supérieure. Si France Inter ou RTL2 te diffusent, c’est quand même pas mal. Etrangement, on fait aussi des télés, avec le clip qui est diffusé (celui d’Alcoolique)... Mais entre ça et les médias de proximité, il n’y a rien. Je pensais qu’avec les médias parisiens ça allait fonctionner, parce que notre travail est quand même assez littéraire, mais non. J’ai l’impression qu’il y a un truc qui bloque, mais je ne sais pas ce que c’est. C’est peut-être toi, en tant que critique, qui peut me le dire.

BS : Hm... J’en sais rien ! Comment avez-vous abordé ce second album, dans quel esprit étiez-vous ?

ELB : C’est un album qui a pris pas mal de temps pour deux raisons. Déjà parce qu’on a voulu changer de maison de disque. Nous n’étions pas tout-à-fait satisfaits du boulot de Nocturnes sur le premier album. Et puis on s’est retrouvés pile-poil dans l’énorme crise du disque, quand les gens se faisaient virer et que plus personne ne savait vraiment quoi faire. Aujourd’hui la crise continue mais les gens y sont un peu plus habitués. On a mis beaucoup de temps à trouver un producteur. On a été sollicités par Universal qui nous a fait perdre pas loin d’un an. Chez eux ça avance très lentement, tellement que finalement on a pas signé avec eux. Du coup on a eu le temps de faire plein de morceaux, d’amener plein d’influences. On avait quasiment de quoi faire deux albums. On en a fait qu’un faute de moyens et parce qu’on ne voulait pas faire un truc trop long non plus. L’histoire de ce disque explique un peu son contenu. Il y a des morceaux très ouverts, très variés et qui contiennent chacun un petit univers. Les chansons ne se ressemblent pas forcément, c’est en quelque sorte un album dé-cohérent. Il est assez fouillé, un peu érudit. Et tu noteras que souvent, aujourd’hui, les albums qui marchent sont tout le contraire. C’est Delerm, Bénabar, Cali, Carla Bruni... Tu as une chanson, tu les as toutes.

BS : Il y a quand même une cohérence de son, une logique récurente dans les arrangements sur votre album.

ELB : Forcément, on retrouve toujours la « patte » du groupe. Mais nous, on a plein de trucs à raconter. On a été obligés de virer des chansons. Je n’avais pas envie de faire quelque chose de trop ramassé. J’estime qu’on a de nombreuses cordes à notre arc. Ca nous aurait vraiment fait chier de tasser l’album pour en faire un truc très identifié, très identique.



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