Concerts
Festival des Vieilles Charrues 2005

Carhaix (Finistère, Bretagne)

Festival des Vieilles Charrues 2005

Les 22, 23 et 24 juillet 2005

par Manu le 4 août 2005

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Et dire que je voulais pas y aller à ce festival. En plus il plu toute la journée de samedi (une première aux Vieilles Charrues où il fait d’habitude chaque année un soleil radieux).

Les années précédentes, bonne programmation ou pas j’y allais pour l’ambiance incomparable avant tout. Le camping, l’alcool, les filles, la fête, la drogue, les rencontres, l’éclectisme du public et de la programmation, le beau temps, la bonne bouffe (rare dans les festivals), eau minérale fraîche à volonté, la foule immense (65 000 personnes par jour) les navettes entre camping et concerts à dos de tracteur, la distribution de lait des paysans du coin le matin ... Bref tout ça, croyez-moi, c’est génial mais fatiguant !

Mais quand j’ai vu Iggy & The Stooges, Deep Purple, New Order, Blues Explosion et bien d’autres à l’affiche je n’avais plus le choix : il me fallait mes billets !!! Travail ou pas, fatigue ou pas, les Vieilles Charrues m’attendaient, une fois de plus. Mais durant ce week-end, pas question de tout voir. De tout façon, c’est impossible. Alors, j’ai sélectionné une grosse poignée de concerts. En bien ou en mal : voici les plus marquant [1]

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Deep Purple (c) Volubilis

 Deep Purple : Affligeant but Smoke On The Water ...

Seule date en France. Immanquable pour les fans. Oui mais voilà, l’excitation fait très vite place à la déception. Ces vieux messieurs ayant refusé de faire les balances durant la matinée comme le font tous les autres groupes avant que le festival n’ouvre ses portes, on a eu droit à un son horrible durant les premiers morceaux.

Quand le son se fait meilleur on prête particulièrement l’oreille aux titres connus : Hush, Highway Star ... mais on est loin du live Made in Japan de 1972. Le chanteur est poussif et les morceaux sont joués d’une façon « pachydermique ». Le public est pourtant surexcité et finalement ce sont les nouveaux morceaux issus de l’album Bananas (2003) qui passent le mieux. Mais mieux que mauvais, ce n’est pas génial non plus.

Lors de la présentation du groupe, j’aurais même aimé que le public leur jète des tomates tant c’était pathétique ! Je m’explique. Chaque musicien a eu le droit à son solo. Mais 10 minutes de soli de Steve Morse, c’est impossible à digérer... Dès les premières secondes, il faut se boucher les oreilles tant le son de sa guitare est moche. Vous savez, ce son saturation infâme à la Van Halen. Avec des notes en cascade en veux tu en voilà. Et des passages de gammes classiques histoire de se la péter : « t’as vu comment je maîtrise ? ». Ça oui, il maîtrise mais où est le feeling ? L’émotion ? La poésie ? Tout ça est froid, sans âme, et fait de façon si démonstrative que ça en devient pathétique. Puis vient le tour du clavier. D’abord un joli son d’orgue Hammond et là, on se dit que ça va être mieux mais que nenni ! Des passages de musiques classiques à Alouette gentille alouette en passant par le thème de Stars Wars (je n’invente rien !), tout est d’un ridicule affligeant ! Débranchez-les !! Qu’ils retournent à l’hospice !

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(c) Volubilis

Malgré un concert qui a atteint des sommets de nullité le Smoke On The Water est lui rentré tout droit dans les annales du festival. Et oui. Ça, tout le monde l’attendait et ce fut magistral. Une ambiance hallucinante, 60 000 personnes qui chantent, dansent, lèvent les bras, applaudissent durant près de 9 minutes sur le riff de guitare le plus connus au monde, c’est inoubliable.

 Iggy & The Stooges : Bretonnic K.O.

Le plus grand fucking concert de Rock’n’roll de toute ma jeune vie !!! Ces vieux fucking Stooges-là ne sortent pas de l’hospice pour faire quelques concerts ridicules ici et là comme un certain groupe nommé Deep Purple la veille.

Ce fucking samedi-là, il a plu toute la journée. Je le sens mal ce fucking concert. J’ai la quasi-certitude que je vais être déçu tellement j’en ai rêvé. Ça fait une semaine que je suis excité comme une fucking pucelle à l’idée de voir enfin ce groupe mythique dont je suis fan.

L’heure fatidique approche. Il fait nuit, il pleut toujours, je suis à la troisième rangée, pile en face du fucking micro d’Iggy. Un signe divin : il s’arrête de pleuvoir 20 minutes avant le début du concert. J’en peux plus d’attendre quand à 23h10 Iggy, Ron, Scot et Mike déboulent sur la scène. Et pan ! C’est parti : Loose, Down On The Street, 1969, I Wanna Be Your Dog sont dans l’ordre les quatre fucking premiers titres du concert. Le son est excellent, Iggy est surmotivé, il grimpe sur les amplis, saute partout, se roule sur scène, prend un bain de foule. J’ai du mal à tenir debout, ça pogote sec et je ne vois pas les coups arriver. Je décide quand même de reculer de 5 mètres pour mieux savourer. Que des titres des deux premiers fucking albums (mes préférés) avec seulement un nouveau morceau de 2003 : Dead Rock Stars (mon préféré aussi parmi les nouveaux morceaux).

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Iggy Stooges (c) Frédéric Villemin

J’assiste au concert de rock’n’roll parfait ! Ron Ashton aligne les fucking riffs et les soli agrémentés de wah wah les uns après les autres sans la moindre fausse note. Le frangin Scott « Rock Action » Ashton martèle ses fucking fûts imperturbablement. Ces deux-là ne paient pas de mine et ont pris physiquement un sacré coup de vieux, mais quelle efficacité ! Mike Watt bouge lui beaucoup plus avec sa fucking basse. Quant à Iggy, il a la même fucking voix qu’en 1969. Et le même physique aussi. A 58 ans, quand on le voit sur scène dans une telle forme et qu’on sait la vie qu’il a eue, on ne peut s’empêcher de penser que ce type n’est pas humain.

Sur No Fun, c’est désormais le traditionnel fucking lâché de fans sur la scène. Ça devient complètement fou. Sur la scène, une fille se dénude et provoque une réaction en chaîne : dans le public de nombreuses charmantes créatures grimpent sur les épaules de leur voisin pour montrer aussi leurs seins à Iggy ! Mais les fucking Stooges (qui ont dû en voir bien d’autres) continuent de dérouler leur fucking good rock’n’roll, imperturbablement. Steve McKay fait son entrée avec le sax sur Fun House. Puis vient un deuxième I Wanna Be Your Dog où Iggy fait le chien. Le public, bouillant, le tient en laisse. Je jette un coup d’œil sur un gros plan du visage d’Iggy sur l’écran géant, sa voix tremblote, il parait ému : merde, il va pas se mettre à chialer quand même ! Non, un fucking Stooges, ça ne pleure jamais !

Ils quittent la scène et Iggy reste quelques secondes seul pour regarder la fucking foule. Il est content, il sourit. Et part. Quelques minutes passent, déjà 1h15 de concert. C’est-à-dire le temps maximum pour un concert des fucking Stooges en règle général. Je suis bien loin d’imaginer que l’orgie va se prolonger encore pour atteindre près d’1h30 quand ils surgissent à nouveau des coulisses. « Fucking Merci, You’re a Fucking Good Public !! » lâche Iggy avant de lancer un tout nouveau morceau. Je sais pas quel est son titre mais si les Stooges nous mettent ce genre de trucs sur un futur album, croyez-moi, il va y’avoir une fucking épidémie de « Stoogitite » (maladie rare qui a fait des ravages à Detroit en 1969 provocant chez les sujets atteints la prononciation intempestive du mot « fucking ». Merde, je crois bien que je suis atteint. Fuck !

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Iggy Stooges (c) Frédéric Villemin


[1crédits photo : Volubilis et Frédéric Villemin de TasteOfFindie

Vos commentaires

  • Le 2 novembre 2012 à 11:50, par clem21 En réponse à : Festival des Vieilles Charrues 2005

    je n’ai jamais vu deep purple en festival mais je les ai vu 2 fois en concert et franchement c’est magistral. en tant que guitaristre... steve morse sait faire part de ces émotions sur sa guitare, j’apprécie énormement ce guitariste car à chaque concert même au plus bas de sa forme il assure grave, refais les plus beaux riffs du groupe à la perfection et des solos exceptionnels. quand tu vois le publique sur le peu de vidéos que t’as on peu admirer un publique en folie donc c’est que ce n’était pas s’y « mauvais » comme tu le dirais, après bien sur je n’y était pas... je ne peux pas juger correctement. mais en les ayants vu en concert je donne 20/20 à tous les musiciens.

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