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Kula Shaker : aller-retour Londres - Bénarès

Kula Shaker : aller-retour Londres - Bénarès

par Our Kid le 14 mars 2006

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Pour autant, la signature du contrat avec Columbia n’a pas vraiment modifié le quotidien des quatre, comme l’explique Bevan : « Même après avoir été signés, on vivait encore ensemble, à l’exception de Jay et on s’adonnait toujours autant à des pratiques sexuelles bizarres... Nous formons tous une grande famille ». Devenus végétariens convaincus, « parce qu’en ces temps de merveilleuses technologies et de communication, il apparaît idiot de continuer l’action barbare consistant à manger nos créatures amies », dira Mills en 1999 ; les membres du groupe semblent avoir réellement trouvé un équilibre entre leur personnalité et leur musique. Tattva atterrit entre les mains de Mark Radcliffe, DJ et présentateur d’une émission sur BBC2, qui déclara publiquement avoir été stupéfait par ce morceau. Encouragée par les réactions qui accompagnent le disque, Columbia prévoit d’enregistrer le premier véritable single de Kula Shaker et de le sortir rapidement. C’est ainsi qu’est mis en vente le 22 avril 1996 Grateful When You’re Dead/Jerry Was There, une composition originale qui se hissa à la 35ème position dans charts britanniques. Une introduction toute en wah-wah de Mills, une voix rock et engagée, un mariage réussi avec l’orgue de Darlington et la basse groovante de Bevan. Ce morceau nous ramène dans le passé et suscite l’admiration de la presse musicale, intriguée, il faut le dire par le titre à rallonge qui se compose de deux parties. En effet au bout de deux minutes et 45 secondes, le tempo se ralentit, la batterie devient sobre, on a le droit à des tablas marquant bien le rythme appuyée par une ambiance concoctée par Darlington, qui offre une transition sans heurts entre les deux sections. Progressivement, la voix de Mills devient moins plaintive et le ton se durcit, tout comme le rythme qui reprend sa marche en avant. Inévitablement, le titre pose la question d’un hommage au groupe californien The Grateful Dead. Pourtant, comme le souligne le guitariste, rien n’était gagné d’avance : « Où placer le Grateful Dead dans cette histoire ? C’était étrange. Le truc à propos de la chanson, c’est qu’on n’avait pas l’habitude de la jouer. On a fait Grateful When You’re Dead environ trois semaines avant que Jerry Garcia ne décède et quand il est mort, on a tous pensé que la deuxième section « Jerry Was There » donnait le frisson parce qu’on avait juste commencé à la jouer. C’était juste un titre provisoire, pour rire. J’ai un cousin en Californie qui est à fond dans le Dead. Il était complètement secoué. Il m’a dit : « Oh, il est mort à quatre heures du matin ». Quatre heure du matin est un bon moment pour mourir en Inde ». Pour un premier effort, le disque fait mouche, ce qui permet aux Londoniens de recevoir une invitation officielle pour participer à la célèbre émission de télévision de Chris Evans, The White Room. Bevan peine à s’expliquer ce succès : « Je ne comprends pas pourquoi. La britpop, c’était criant, était plutôt un truc d’adolescents et on est venu proposer un truc un peu différent, donc j’imagine que ça a tenu bon. C’était le bon moment ». À l’occasion d’interviews, Kula Shaker se livre sur ses influences musicales « The Beatles, Love, Yes, Uriah Heep, Caravan et bien d’autres comme Steppenwolf, quelle moustache ! », tout en précisant qu’ils ne recommandent pas d’albums particulier de The Grateful Dead car « c’est une musique qui se vit en concert, entre le groupe et le public ».

En mai, commencent les sessions en vue d’enregistrer le premier album des quatre, sous la houlette de John Leckie, producteur expérimenté qui s’est fait un nom auprès de Pink Floyd, XTC, Simple Minds ou plus récemment, The Stone Roses. Parallèlement à ces séances est mis sur le marché, en juin, un deuxième single, Tattva, qui, bien que déjà proposé au début de l’année sous l’état de démo, décroche cette fois la timbale avec, à la clé, une quatrième place dans les charts. Ce succès inespéré surprend : « On n’était pas en Angleterre à ce moment-là quand c’est arrivé, on n’a pas eu de temps pour sortir le champagne », déclara le bassiste. Mills se veut plus sarcastique : « On était en Allemagne à regarder l’équipe de foot anglais perdre... ce qui a presque tué Paul. On décroche un tube et notre batteur commence à faire des trucs de rock star...  ». Le morceau combine une musique indienne et un rock surpuissant, tout en faisant preuve d’un certain classicisme, une formule qui a fait mouche. La guitare de Mills surprend mais, en fait, c’est tout le groupe qui bluffe les observateurs par leurs aptitudes musicales. Tattva se paye même le luxe de faire figurer un refrain chanté en sanskrit ! Profitant de la hype qui s’empare du groupe en Angleterre, Columbia ne chôme pas et, entre deux séances d’enregistrement et trois dates, fait paraître un troisième single Hey Dude, à l’esprit, cette fois, rock. Un morceau accrocheur qui titillera le sommet des charts sans pour autant atteindre la première place tant convoitée. Avec ce tube, la sortie de l’album tant attendu s’annonce sous les meilleurs auspices et il ne fait qu’accentuer la curiosité du public et l’admiration d’une presse qui voit ses protégés de la britpop se perdre les uns après les autres.

Finalement, c’est le 16 septembre que sort l’album, sobrement intitulé K, et qui cristallise en treize morceaux et une heure de musique, l’expérience acquise durant les dernières années et montre surtout qu’il est possible de frapper un grand coup avec un premier album, ce que fit K, puisqu’il se plaça en première position des ventes d’albums. Le disque faisant l’objet d’une critique par ailleurs, il convient de noter la présence des trois singles, ainsi que d’un morceau joué sur scène depuis quasiment trois ans, Govinda. C’est d’ailleurs ce morceau qui fera office de quatrième single, concluant une année faste pour le groupe, un an après avoir signé un contrat. Bilan : quatre singles, deux dans le top 4 et un album numéro 1. Plus qu’un bon début, c’est carrément la success story !



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