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L'année 1967

L’année 1967

par Arnold, Fran, Giom, Psychedd, Our Kid, Milner, Dumbangel le 19 avril 2005

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The Velvet Underground, The Velvet Underground And Nico

Volontairement incompris à sa sortie étant donné le fatalisme et le non-conformisme dont il fait preuve, cet album va détruire dans l’œuf le mouvement hippie et vite devenir culte ! Outre la production non-avérée de Warhol et les mythes et légendes autour de l’objet (banane imprégnée de LSD, étudiants fumant des peaux de bananes sêchées...), le Velvet crée un disque fondamental si ce n’est LE disque ! Sorti trois mois avant le Sgt.Pepper des Beatles, il jette les bases de ce que sera le rock’n’roll à l’avenir coincé entre l’album-concept (thème récurrent et innovations sonores) et l’animalité propre à cette musique. Lou Reed nous fait partager son mal-être existentiel fait d’obsessions : dépendance à la drogue, masochisme (mental ou physique), etc... Le tout emmené par un violoniste de génie (John Cale) aux arrangements avant-gardistes qui vous défrisent tous les caniches de vieilles couaches de vôtre quartier, une voix qui vous glace le sang (Nico), une batterie minimaliste tenue par Moe Tucker qui frappe sur ses fûts comme s’il s’agissait de vulgaires bidons (d’où vient le jeu de Meg White d’après vous ?) et qui permet à Sterling Morrison d’exprimer tout son (sous-estimé) talent.
Le premier album du Velvet bat en brèche l’idée selon laquelle le rock est une musique répétitive, sans imagination ... Il enfonce des portes qui étaient entre-ouvertes et qui ne se refermeront pas de si tôt !

The Who, The Who Sell Out

Sorti le 16 décembre 1967, le troisième album des Who tranche avec la musique des disques précédents. Instrumentalement, il semble être de loin l’album le plus psychédélique du groupe, laissant de côté le R’n’B des débuts de My Generation ou encore l’anglopop de A Quick One. Exit les frustrations d’adolescent et les impossibilités de déclarer son amour à une fille, place désormais à une trame narrative faisant la part belle au mode de vie pré-hippie, où les émissions de radio et les jingles publicitaires rythmaient le quotidien des familles anglaises, âge disparu en deux temps trois mouvements et laissant désormais les jeunes dans une certaine nostalgie. De fait, la pochette, bel exemple de pop art, illustre à merveille le côté publicitaire qui régnait au sortir de la guerre (les haricots blancs Heinz) et les produits qui apparaissaient pour les jeunes comme le déodorant Odorono ou l’ancêtre de Biactol, Medac. Composé de 13 morceaux, le disque contient également des spots publicitaires vantant le coca cola, les cordes de guitares Rotosound, le fabriquant de batteries Premier, Radio London ... Le chanteur Roger Daltrey fait découvrir à l’auditeur une voix jusque-là insoupçonnée, proche de celles des Beach Boys, ces derniers influençant également la richesse des harmonies vocales, tandis que la guitare, la basse et la batterie s’occupent du reste. Le travail de studio fait merveille : Pete Townshend, ici producteur, y développe toute une trouvaille d’ambiances avec gros feed back à la Who, nappes de claviers, quelques cuivres et le mur du son composés par les toms de Keith Moon et la basse monstrueuse de John Entwistle. Refusant de verser dans le psychédélisme commercial de l’époque, le groupe se rattache à un concept développé avec des petits morceaux opéras comme Rael. En ce sens, The Who Sell Out préfigure la suite, Tommy, le chef-d’œuvre du groupe, parfois considéré, à tort, comme le premier opera rock de l’histoire.



[1À lire absolument : Alain Dister, Oh, hippie days !, Ed. Fayard

[2Sources : Alain Dister, Cultures Rock, Ed. Les Essentiels Milan

Jean-Marc Bel, En route vers Woodstock, Ed. JCLattès/Une Musique

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