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L'année 1967

L’année 1967

par Arnold, Fran, Giom, Psychedd, Our Kid, Milner, Dumbangel le 19 avril 2005

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 Vous avez dit « Psychédélique » ?

Psychédélique ? La définition académique est la suivante : « Néologisme signifiant “qui dévoile, qui déploie l’âme” ». Merci Monsieur Larousse.

Petit historique :
1938 : Le LSD 25 est identifié lors de recherches sur le développement d’analgésiques par le laboratoire suisse Sandoz. Son caractère hallucinatoire est décelé très vite et c’est cette propriété qui va être utilisée entre autre par les SS, dans le cadre d’expériences sur le « contrôle du cerveau ».

1953 : Les rapports nazis saisis sont déterrés et utilisés par la CIA qui passe un accord avec les laboratoires suisses qui fournissent une dose importante d’acide lysergique. Des essais sont faits, à leur insu, sur des soldats du Pentagone. L’un d’eux se suicide deux jours après, les recherches s’arrêtent pour l’armée, mais déjà, le milieu psychiatrique expérimental s’y intéresse, pensant avoir trouvé un remède miracle contre la schizophrénie. Des thérapies, à 500 dollars la séance, voient le jour...

1954 : Aldous Huxley, écrivain anglais, pose les bases du psychédélisme (qu’il appelait, le phanorotymisme, « qui mime une psychose ») dans son essai Les Portes de la Perception, titre issu d’un poème de William Blake (et qui plus tard donnera l’idée à Jim Morrison d’appeler son groupe les Doors). Dans cette nouvelle, l’auteur écrit son expérience sous mescaline et délivre une vision métaphysique du monde.

1959 : Pour se faire un peu d’argent, Ken Kesey sert de cobaye humain dans le cadre d’un programme gouvernemental de recherche sur les drogues à l’hôpital des Vétérans du parc de Menlo. Y sont examinées une variété de drogues psychoactives telles que le LSD, encore légal, la psilocybine, la mescaline et les amphétamines IT-290. En étudiant attentivement le plafond de sa chambre, sous l’effet des drogues, Kesey se dit qu’il tient là l’outil de libération de l’esprit le plus efficace qui soit. Illumination : le monde entier doit connaître cet état de grâce.

1960 : Leary, diplômé en psychologie clinique entre à Harvard après avoir été obligé de quitter l’armée pour alcoolisme et parjure. Là, il substitue le LSD à la psilocybine et, bien généreux, en fait profiter ses étudiants. Sachant que son livre de chevet est Le Livre des Morts tibétains, on peut facilement imaginer que les effets hallucinatoires du LSD et la forme du mysticisme qu’il provoque conduisent le professeur à mélanger psychologie, philosophies orientales zen et tantriques et faire subir des vraies séances d’initiation à ses élèves. De plus cette drogue a une nette tendance à décupler la libido...
On devine bien le désarroi des vénérables professeurs de la prestigieuse université, qui voient d’un très mauvais œil de telles pratiques.

Et nous voilà en 1963, Leary est viré et il emporte avec lui son LSD chéri, son mysticisme et ses adeptes. Lui aussi sera l’homme qui délivrera l’humanité.
Sauf que sa conception des choses diffère totalement de celle de Kesey ! Le premier intellectualise. Les séances sous LSD sont planifiées à l’avance, on utilise la méditation pour contrôler ses visions, tout est codifié.
Le second aborde l’expérience par son aspect festif, ça part dans tous les sens, on se déchire la tête et advienne que pourra. Deux visions, deux mondes qui se rencontreront mais qui ne s’entendront pas, les uns trouvant les Pranksters irresponsables et fous dans leurs têtes, les autres trouvant Leary et sa clique chiants comme la pluie.

Retour en 1965. Le LSD est légal et se répand à une vitesse record dans les milieux artistiques, intellectuels et populaires.

Les Merry Pranksters sillonnent les États-Unis dans leur joli bus psychédélique (Further, Plus loin pour les non-anglophones) qui brille la nuit et qui est conduit par Neal Cassady, héros du livre On The Road de Jack Kerouac sous le nom de Dean Moriatory. Ils filment tout, les flics qui les arrêtent et qui en sortent toujours bredouilles, les passants qui regardent mi-atterrés, mi-amusés, ces clowns psychédéliques qui leur jouent de la flûte du haut du toit de leur engin tueur de rétines...

Déjà, le haschisch est dans les mœurs (bien que prohibé). Bob Dylan a initié les Beatles qui sont devenus des chevelus envapés et qui livrent cette année là leur Rubber Soul. Même année, même Beatles, John et George testent le LSD grâce à un dentiste malhonnête et lubrique qui en verse dans leur café, pensant certainement ainsi obtenir des faveurs des deux stars.



[1À lire absolument : Alain Dister, Oh, hippie days !, Ed. Fayard

[2Sources : Alain Dister, Cultures Rock, Ed. Les Essentiels Milan

Jean-Marc Bel, En route vers Woodstock, Ed. JCLattès/Une Musique

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