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L'année 1967

L’année 1967

par Arnold, Fran, Giom, Psychedd, Our Kid, Milner, Dumbangel le 19 avril 2005

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 La Musique Psychédélique

La musique psychédélique voit le jour, elle est là pour retranscrire de manière sonore les effets provoqués par des substances hallucinogènes. Les Merry Pranksters font parler d’eux avec leurs Acid-Tests. Grands happenings, sous le signe de l’expérience totale des sens. La Day-Glo et Le Film des Pranksters pour la vue, des vapeurs parfumées pour l’odorat, de la peinture sur corps pour le (se ?) toucher et du Kool-Aid pour le goût. Le Kool-Aid est une boisson lyophilisée qui est censée ressembler à du jus d’orange. Les Pranksters en proposent à deux parfums : avec ou sans acide. Ces événements rameutent toujours plus de monde, grâce à une excellente communication (il faut dire que, où qu’ils aillent, ils ne passent pas inaperçus les joyeux lurons) et un slogan qui attise la curiosité : « Can You Pass The Acid Test ? » demandent les affiches colorées. Toute latitude est laissée durant la soirée, on prend du LSD ou non, on participe ou on regarde. La seule chose à faire, c’est se laisser porter. Les Pranksters sont tellement à la coule, que leur organisation est généralement catastrophique et que la moitié des Acid-Tests finissent en soirées privées pour eux et leurs nouveaux amis, les Hell’s Angels, qu’ils ont rendu doux comme des agneaux grâce à leur substance fétiche.

Ceux qui ont suivi auront noté qu’il manque l’ouïe.
Pour satisfaire ce sens là, ils ont désormais leur groupe attitré qui anime les soirées « découverte psychédélique », le Grateful Dead, qui joue, aussi défoncé que le public... Après un long apprentissage pour apprendre à gérer leurs trips, ils arrivent enfin à faire coïncider leurs hallucinations avec les sons qu’ils jouent (chose qu’ils font également lors du mixage de leurs albums, si bien que c’est assez souvent de la bouillie sonore). La musique s’étire, les trois minutes officielles sont largement dépassées.

De grandes jams sonores deviennent la marque fabrique de plusieurs jeunes groupes tels le Pink Floyd de Syd Barrett en Angleterre. Ces jeunes sauvages jouent fort, et faux vous diront certains puristes de l’époque. C’est qu’ils font des reprises de standards blues et R’n’B (rythm’n’blues, le vrai de vrai, celui des Stones, pas des Destiny’s Child !) qui durent plus d’un quart d’heure.

Et puis, bien sûr, il y a les Beatles qui eux rendent l’expérience psychédélique en trois minutes avec le fantastique Tomorrow Never Knows, imprégné d’acide de la voix à la musique en passant par les paroles. Ça y est, les ex-gendres idéaux dominent la pop-music d’une tête de géant. Et on parle d’un géant, très, très grand... 1ère chanson enregistrée pour l’album Revolver, c’est l’œuvre d’un Lennon quasi-christique qui nous chante en langage codé du haut de son petit nuage chimique. Les paroles sont inspirées de la réécriture par Timothy Leary du Livre des Morts Tibétains.

« Turn off your mind/
Relax, and float downstream
[...] »

Allusion directe au mode de vie prôné par Leary dans sa célèbre devise : « Turn on, Tune in, Drop out » soit « Branche-toi (aux événements), Accorde-toi (aux vibrations ambiantes), Laisse tout tomber (pas besoin d’en dire plus !) ». Le problème, c’est que très vite, ça « drop out » sévère... Nombreux vont être les martyrs de l’ère psychédélique. Mais on n’y est pas encore, pour l’instant, tout va bien, tout est OK, tout est beau.
Le LSD branche l’esprit sur un autre niveau de conscience, il écrase l’ego et ôte toute violence. Tout comme la marijuana qui fait rigoler et rend tout mou.
Dans le monde de la musique, on a une seule idée, faire mieux que les quatre anglais magiques. S’engage une course effrénée avec les Stones en Angleterre et les Beach Boys en Californie. Revolver est d’ailleurs une réponse au Pet Sounds de Brian Wilson. Ce dernier deviendra fou en voulant enregistrer sa « symphonie adressée à Dieu », l’album maudit Smile qui a enfin vu le jour en 2004.



[1À lire absolument : Alain Dister, Oh, hippie days !, Ed. Fayard

[2Sources : Alain Dister, Cultures Rock, Ed. Les Essentiels Milan

Jean-Marc Bel, En route vers Woodstock, Ed. JCLattès/Une Musique

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