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L'année 1967

L’année 1967

par Arnold, Fran, Giom, Psychedd, Our Kid, Milner, Dumbangel le 19 avril 2005

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 Pendant ce temps en Europe...

Il est temps de parler un peu de l’Angleterre. Le rock’n’roll avait fait des ravages chez les Britanniques, et lancé des petits groupes comme les Rolling Stones et les Beatles, qui eux-mêmes rêvaient de l’Amérique. Les quatre de Liverpool l’avaient déjà conquise, et avaient lancé une vague anglaise sans précédent. Sur cette petite île, l’explosion musicale ne se fait pas attendre.

Le mouvement Mod se tourne vers l’Europe dans le but avoué de s’affranchir des États-Unis. Leur groupe fétiche, les Who arbore fièrement l’Union Jack sous toutes ses formes, vestes, drapeaux... On roule en Vespa, et on va se castagner avec les Teddy-Boys, résidus rock’n’rolliens qui horripilent les jeunes dandys, sur les plages de Brighton. La grande époque quoi !
Ce qui sera bientôt qualifié de British Invasion, c’est une approche élégante et énergique de la mode et de la musique.

Scandale ! Sur Carnaby Street, Mary Quant crée la minijupe et libère les jambes des filles.
Les Who, toujours eux, écrivent l’hymne ultime de la jeunesse : My Generation. Un condensé sous blue (terme désignant les amphétamines dont sont friands les mods) de la révolte adolescente.
« I hope I die before I get old ».

Scandale encore ! Les Stones bravent les bonnes mœurs en faisant connaître leur mode de vie orgiaque. Les relations multiples entre Mick Jagger, Keith Richards, Anita Pallenberg et Marianne Faithfull défraient la chronique. Brian Jones se transforme en pharmacie ambulante. Il y a quelque chose de pourri dans la jeunesse anglaise se disent les aînés flegmatiques qui laissent faire...

Et ils ont raison de laisser faire. Les cultures se mélangent, la jeunesse partage désormais les mêmes valeurs de liberté et de folie. Éloge de la différence toujours. Les cheveux poussent au nom de la beauté naturelle. Et plus les cheveux poussent, plus les jupes se raccourcissent...

À côté de cette évolution se profile celle de la “musique clandestine”, caractérisée notamment par les radios pirates. Comme le dit Pete Townshend : «  Les radios pirates ont joué un grand rôle dans la diffusion de disques peu médiatisés et de nouveaux courants musicaux. Des groupes comme les Who, les Stones et même les Beatles n’auraient jamais pu voir le jour sans elles ». D’une certaine façon, cette forme de radio ne constitua qu’un regroupement de personnages lunatiques, soucieux d’exposer toute leur collection de disques à l’encontre des différents classements discographiques existants. D’un autre côté, c’est un aspect extraordinairement vivant de la pop britannique. Ed Stewart et Kenny Everett ne se prennent plus vraiment de refus de la part des pontes musicales de nos jours mais avec d’autres collègues des stations de radio émettant en dehors des eaux territoriales dans les années 60, ils ont réellement inauguré la traditon des diffusions illégales en Grande Bretagne.

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Radio Caroline

À l’époque, la BBC, monopole d’État pour l’émission de programmes télé et radio, limitait la musique pop à une diffusion hebdomadaire de deux heures seulement. Si bien que l’homme d’affaires irlandais Ronan O’Rahilly décida de combler le vide en créant Radio Caroline, en mars 1964. De larges antennes furent attachées à des bateaux de pêche qui croisaient en dehors des eaux territoriales du royaume. Rapidement, la station conquit 6 millions d’auditeurs quotidiens, faisant des émules auprès de Radio City ou bien Radio Essex qui occupaient des bâtiments construits durant la Seconde Guerre Mondiale dans l’estuaire de la Tamise et délaissés depuis.



[1À lire absolument : Alain Dister, Oh, hippie days !, Ed. Fayard

[2Sources : Alain Dister, Cultures Rock, Ed. Les Essentiels Milan

Jean-Marc Bel, En route vers Woodstock, Ed. JCLattès/Une Musique

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