Concerts
La Route du Rock 2006 (16ème édition )

Saint-Malo (Fort de Saint-Père)

La Route du Rock 2006 (16ème édition )

Les 11, 12 et 13 août 2006

par Giom, Alexx, Milner le 22 août 2006

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  Sommaire  

 Samedi 12 août

Deuxième jour du festival qui au vu de sa programmation devrait nous sortir des salles obscures où s’étouffe le rock ... ou bien une autre désillusion sur des groupes qui n’ont pas l’étoffe pour s’imposer en plein air ? Jusqu’à 19h15, la question restait posée et m’agaçait légèrement.

Pourtant, avec l’apparition du premier groupe, les Canadiens de You Say Party ! We Say Die, mes propres doutes se dissipèrent instantanément.

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You Say Party ! We Say Die ! - Krista Loewen
© Hervé LE GALL

Une chanteuse hystérique pseudo-décadente en figure de proue semble faire passer le groupe comme les Yeah Yeah Yeahs du pauvre, moins boursouflé et plus marrant. La recette est assez simple et ne tranche que rarement avec le contenu musical de tous ces groupes qui tentent de se faire un nom avec un son. Leur musique traîne régulièrement sur la cire mais le combo reste cohérent dans sa façon de procéder et ça, j’avoue que c’est plutôt ravissant à découvrir en début de festival plutôt qu’en huis-clos pour émission de radio... Leur prestation n’est certes pas plus brillante que l’interprétation d’un remake de King Kong mais sans se prendre la tête, les cinq jeunes gens auront su apporter une touche comique (un peu comme Art Brut lors de l’édition précédente avec ses textes décalés) à renouveler prochainement ? Sait-on jamais avec ces intellectuels ...

Dans la série, comment raviver la flamme d’une frange de la pop des années 60 à la sauce féminine, attardons-nous ensuite sur The Pipettes, trio britannique de sexe opposé (quasi-vocal) qui augmenté de musiciens rock livre des titres absolument jouissifs pour les aficionados de ce genre de musique.

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The Pipettes
© Hervé LE GALL

Et c’est ainsi que l’on découvre que cette musique est définitivement intemporelle puisque Pull Shapes, Dirty Mind et le final énergique We Are The Pipettes achèvent la vision de ce revival musical qui ne dérangera finalement que les allergiques aux cheveux permanentés et aux robes vichy que portaient la grande tante Hélène il y a de ça quarante années. Les chorégraphies personnelles de ces trois demoiselles auront contaminées une bonne partie de l’audience massée en nombre pour découvrir cet épiphénomène.

Il est déjà 22 heures et ce n’est que maintenant que je me rend compte de la très forte colonie britannique qui a envahi les lieux pour assister à l’attraction de la soirée, soit la présence du « meilleur groupe écossais de tous les temps », je veux parler de Belle And Sebastian. Beaucoup d’eau parfumée a coulé depuis les volutes de Tigermilk. Certains membres sont partis, d’autres sont arrivés. Mais B&S reste B&S, succès ou non, sous les dorures des palaces ou bien perdu au plus profond de la campagne écossaise. Ceux qui connaissent le groupe entièrement ou depuis le début n’ont aucun besoin d’autres harmonies pour leurs bonheurs.

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Belle & Sebastian - Stevie Jakson & Bobby Kildea
© Hervé LE GALL

Puisant dans pratiquement toute sa carrière discographique, Belle And Sebastian est imprévisible. Si les albums n’ont qu’un son, les concerts chavirent souvent et c’est au rythme de Expectations, Lord Anthony, Funny Little Frog, Electronic Renaissance, Sukie In The Graveyard, The Blues Are Still Blue, If You’re Feeling Sinister, We Are The Sleepyheads et tant d’autres que l’on se retrouve emporté par la musique de ce groupe classieux, sachant faire remuer les foules et satisfaire sa cohorte de fans. Car il n’est pas de plus grand bonheur que de sombrer avec les vieux pirates de la fosse. Quant aux autres, qu’ils écoutent, il n’est jamais trop tard : en musique, la passion a un nom et c’est Belle And Sebastian.

Suite à la prestation de haute volée de la bande à Stuart Murdoch, il est temps de redescendre sur terre avec l’artiste que l’on appelle Cat Power. Alors là, gare, Cat Power n’est pas menteuse, ni tricheuse pour un sou. Sa silhouette longiligne balance un coup à droite, un coup à gauche autour du micro et quand elle crache dedans, les oreilles prennent une giclée comme si le feu du ciel soufflait sur la banquise.

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Cat Power
© Hervé LE GALL

Accompagné du Memphis Blues Band, on n’aurait pu craindre le pire sur les deux premiers morceaux tant son absence se faisant longue laissait peut-être présager un caprice de diva. Bien que minée par des problèmes de gorge, la belle arrive finalement tout sourire et commence son spectacle comme si de rien n’était. Bien malin qui saura cataloguer son style, puisque justement, l’Américaine ne s’attache à aucun. Trop grandiose pour être folk, trop subtil pour être rock, tout cela ne limite en rien la force de son émotion. Et les spectateurs resteront soufflés de son appropriation du Hit The Road Jack du vénérable Ray Charles en fin de set, une façon comme une autre de rappeler sa proximité du public, le chat dans sa gorge étant dorénavant de l’histoire ancienne puisqu’elle a réussi à conquérir l’auditoire malouin.

Plus tout à fait la découverte du festival (le groupe était présent lors de l’édition 2004), Tunde Adebimpe et sa bande font de nouveau escale au Fort de Saint Père et livre une honnête prestation. Cela dit, le groupe devrait se râper un peu les méninges avant que leurs disques ne servent à fourguer des cageots de betteraves pour supérettes : les titres sont corrects mais on ne crie pas au génie pour autant, ils ressemblent à ce que tout un chacun ferait en soufflant dans un vieux tuyau d’arrosage : beaucoup de bruits et d’éclaboussures pour finalement pas grand chose.

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TV On The Radio - Tunde Adebimpe & David Andrew Sitek
© Hervé LE GALL

Dommage que TV On The Radio n’eut pas été programmé à 2h30, cela aurait fait un délicieux toboggan pour s’écrouler dans les bras de Morphée. La tarte à la crème de cette édition.

Soyons francs : la fatigue se fait se sentir et nombre de festivaliers commencent à regagner leur campement. Pas en reste et docile comme un troupeau de brebis, nous faisons de même si bien que la vision de Radio 4 échappera à nos yeux endormis. Mais l’acuité sait rester sur ses gardes et permettra quand même d’entendre la prestation d’un groupe idéal pour une garden-party. Connu dans la patrie de Chirac via le titre (sous influence Gang Of Four) Dance To The Underground, le groupe commettra quelques titres très intéressants, évoluant doucement vers un style plus rapide, comme toujours lorsque sonne la fin des tournées. En tout cas, voici un concert qui a dû en faire bondir et danser plus d’un sur l’herbe aéré du site.

Calexico - Joey Burns Howling Bells - Juanita Stein Islands - Nick Diamonds Mogwaï - Stuart Braithwaite Why ? - Yoni Wolf Philippe Katerine Band Of Horses - Ben Bridwell El Perro Del Mar Franz Ferdinand - Nick McCarthy & Alex Kapranos Grizzly Bear - Chris Taylor The Spinto Band - Thomas Hughes


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