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Les Eurockéennes

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Les Eurockéennes

Les 29, 30 juin et 1er juillet

par Aurélien Noyer le 4 septembre 2007

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 Eurockéennes Jour 2

La stratégie de repos tentée la veille a échoué pour cause de proximité de la tente Duracell qui passe de la techno à fond jusqu’à 3h du mat’. Mais qu’à cela ne tienne. Nous sommes toujours debout. Et alors que nous arrivons sur le site, un étrange sentiment (encore non identifié à ce jour) nous pousse à aller jeter un coup d’oeil à Joey Starr qui occupe la Grande Scène : l’animal porte un T-Shirt à son effigie et est accompagné par le groupe de néo-metal français Enhancer... dit comme ça, ça peut faire peur. Mais en réalité, c’est pire. Sa voix est tellement rocailleuse qu’elle passe très mal dans la sono. Malgré toute notre bonne volonté, je vous laisse imaginer la réaction de.vos pauvres rédacteurs B-Side face à ce spectacle.

Un petit détour par le chapiteau pour voir le début du set de Cold War Kids. Le public du chapiteau ne semble pas très réceptif à leur pop un tantinet autiste, mais ils n’en ont visiblement cure et enchaînent les chansons au plus grand bonheur des fans présents (en gros les 5 ou 6 premiers rangs). Fort sympathique au demeurant, la musique de Cold War Kids n’est pas suffisante pour nous retenir d’aller voir Blanche dans la Loggia. Bien que jouant face à une audience un peu clairsemée, le groupe semble s’en donner à coeur-joie. Inviter ces protégés de Jack White et leur country-rock

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Blanche, guitare et banjo

(plus country que rock, il suffit de voir leurs tenues western) dans un festival français était audacieux. Respectant les codes country à la lettre avec lap-steel et banjo (tenu par le bassiste des Greenhornes et des Raconteurs), le groupe diffuse une bonne humeur et une folie douce dans la Loggia, à tel point que les spectateurs se lanceront spontanément dans une farandole pour le plus grand amusement du groupe. Et, chose rare, pour un petit groupe en festival, le public demandera même un rappel, que le groupe accordera avec un plaisir non dissimulé.

Et en sortant de la Loggia, on tombe naturellement sur Editors qui accaparent déjà la Grande Scène. On reste devant quelques instants, histoire de découvrir un peu ces « nouveaux Joy Division ». Et on est rapidement déçu. Non seulement la musique se résume à de la cold-wave sans grande inventivité. Mais surtout là où on attendait un Ian Curtis habité tout en rage ravalée et soubresauts agressifs, on a... BONO !!! Certes la voix se rapproche un peu du leader de Joy Division, mais au niveau de la gestuelle, on tombe dans le cliché du chanteur tellement habité qu’il se sent obligé d’en faire des tonnes, croisement entre Bono et Dave Gahan, voire un Matthew Bellamy auquel on aurait greffé des testicules pour qu’il puisse chanter dans les graves. Mais malgré la déception, il est facile de comprendre pourquoi Editors ont droit à la Grande Scène. Malgré (à cause ?) de leur côté cold-wave pseudo-tourmenté, c’est un groupe à stade. Et leur chanteur n’échappe au ridicule que grâce aux écrans géants : prenez un mec qui semble se débattre contre du vent et foutez-le devant 500 personnes, il aura l’air pathétique. Mettez-le sur une scène immense et projetez sa gueule sur écrans géants et la plupart des personnes présentes y croiront.

Peu emballés par ces Gutemberg, nous nous retrouvons à flemmarder un peu au stand Coca en lisant des exemplaires de la presse régionale éparpillés là. Et à notre grande amusement, on peut y lire un critique particulièrement féroce du show de Marilyn Manson de la veille. S’il n’arrive même plus à impressionner la presse régionale, c’est qu’il doit y avoir un problème dans le sacerdoce du Révérend. Et pour cause, lors de la conférence de presse bilan, un des programmateurs qualifiera même Manson « d’artiste en fin de cycle qui n’a plus rien à dire ». Mais trêve d’amusement. Vient le moment de choisir entre Phoenix et Maximo Park... Un choix pour le moins vite fait puisque l’écho des premières notes des Versaillais nous poussent un peu plus vers la Plage et ces anglais qui entrent en scène au son de l’intro d’Orange Mécanique. Pop-songs efficaces, jeu de scène efficace, Maximo Park est un groupe efficace. Pas de véritable génie, mais plutôt un savoir-faire typiquement anglais. On retient leurs refrain juste le temps nécessaire (c’est-à-dire le temps de les ahaner en choeur) et on passe à la chanson suivante. Tout cela étant fort sympathique, mais sans aucune commune mesure avec la fin de la soirée... Si tôt le concert fini, direction la Grande Scène pour attendre la vague tellurique des Queens Of The Stone Age.

Ponctuels et sans DJ préalable (vivent les festivals, ça change de l’Elysée-Montmartre), la bande à Josh Homme attaque directement le public au corps et ne le lâchera qu’une heure plus tard, après un Song For The Dead, machine à écraser la foule, à piétiner les corps et pilonner les cerveaux. Entre-temps ? Une set-list exceptionnelle... Les tubes Burn The Witch et No One Knows côtoyant des titres plus obscurs comme ce Mexicola tiré du premier album ou Monsters in the Parasol extrait de Rated R. On pourrait peut-être regretter Make It Wit Chu, mais à la réflexion, le public de festival ne se prête pas vraiment à ce genre de chanson. On aura donc droit à Little Sister, Sick Sick Sick et autres Go With The Flow. Rien que du lourd. Et vu la réaction de la foule, l’Homme sait y faire. Son concept de QOTSA évoluant à chaque album, il s’aide désormais d’un clavier-guitariste supplémentaire, ce qui lui permet de laisser planer une ambiance psychédélique via la lap-steel de Troy Van Leeuwen sans pour autant perdre en puissance de frappe.

Et heureusement que les programmateurs ont réservé une petite pause dans les deux têtes d’affiche de la soirée, ce qui permet de souffler un peu en attendant les Hives. Tout en mégalomanie goguenarde, les Suédois débarquent sur la Grande Scène sous un immense The Hives en lettre de lumière. Devant un tel spectacle, deux attitudes possibles. Foncer tête baissée dans la fosse pour pogoter un maximum durant les morceaux ultra-speedés et respirer un grand coup durant les speechs délirants de Howlin’ Pelle Almqvist : déclarations fracassantes (« Normalement, nous sommes excellents... Ce soir, on va être EXCEPTIONNELS !!! »), partage en vrille (« la MOON, elle est FULL... je vais me transformer en loup-garou. »). Bien sûr, on peut aussi reculer un peu et assister au spectable, un large sourire au lèvre. Car le tour de force des Hives est de plaire à la fois aux petits énervés des premiers rangs et aux fatigués du fond qui ne peuvent résister à l’humour du groupe mené par un Iggy Pop qui aurait compris le comique du show rock, et jouerait avec. Howlin’ Pelle monte aux échafaudages, descend dans la foule, mais il n’est jamais dupe. Le spectacle se prolonge pendant une heure, c’est peut-être un peu lassant vers la fin, mais on rentre tout de même au camping de très bonne humeur grâce aux Hives.

Simon Tong et Damon Albarn (The Good, The Bad & The Queen)


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