Concerts
Live 8

Londres (Hyde Park)

Live 8

Le 2 juillet 2005

par Psychedd le 14 juillet 2005

20 ans après la première édition, Bob Geldof nous refait le coup du concert caritatif géant. Et en matière de gigantisme, il a fait fort en cette année 2005. Le nombre record d’un million et demi de spectateurs à travers le monde a été atteint (sans compter les gens restés devant leurs écrans d’ordinateur ou de télévision), tous réunis contre la pauvreté en Afrique. Mais aussi tous réunis pour vibrer au son du vrai langage universel qu’est la musique...

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REM arrive et Michael Stipe s’est peint un masque bleu qui lui couvre les yeux d’une oreille à l’autre. Ils ne font que leurs tubes, repris en cœur par le public. Mon estomac semble lui aussi vouloir s’exprimer, tandis que ma cervelle bat le rythme contre les parois de mon crâne. Je zappe complètement Ms Dynamite et Keane, trop occupée à aller chercher un hot-dog ignoble et un thé anglais très fort, l’alcool ayant été interdit pour l’événement. Certainement la peur de voir des débordements éthyliques se produire...
J’en profite pour aller tâter l’ambiance avec mon copain et je découvre l’esprit festival qui m’obsède depuis mon premier visionnage de Woodstock. Je ne suis pas déçue, entre les toilettes portables prises d’assaut, les stands de fast food et les démonstrations de yoga transcendantal avec brassage d’énergie !
Nous décidons de nous expatrier à l’arrière, la visibilité de l’écran étant meilleure et le son tout aussi bon.
Pendant que Travis nous livre une reprise fort sympathique de Stayin’ Alive, nous allons chercher nos trois acolytes restés à l’avant.

Ce qui nous fait rater la prestation de Bob Geldof... Sa montée sur scène ne me laisse pourtant pas indifférente, tant il dégage une force tranquille. Les spectateurs l’acclament en héros. Il en est d’ailleurs un en ce jour de rassemblement mondial. C’est plus fort que moi, je le revois avec ses sourcils rasés dans The Wall. Fanattitude encore et toujours...
Il annonce une Annie Lennox radieuse et qui commence seule au piano. Envoûtante, elle a une classe et une présence incroyables. Derrière elle, un film sur la misère des enfants africains est diffusé. Ca jette un sacré froid dans l’audience, mais c’est un froid nécessaire pour réveiller à nouveau les consciences... Après tout, nous ne sommes pas que là pour faire la fête.
Puis, elle enchaîne sur un Sweet Dreams magistral, bien rock et qui prouve que quand ils sont bien arrangés, les morceaux connotés années 80 peuvent sonner étonnamment modernes.
Entre temps, nous perdons deux effectifs de notre troupe et nous nous retrouvons à trois, entre fans de Pink Floyd. L’idée de fonder la secte des floydiens me traverse l’esprit...

Sur un registre plus léger, UB40 monte sur scène et entonne un Red, Red Wine, choix que je trouve merveilleusement drôle et maladroit pour un concert où l’alcool est prohibé !
Je ne trouve pas la prestation particulièrement transcendante et je me surprend par contre à remuer sur Snoop Dogg. Situation bien étrange pour quelqu’un qui n’aime pas vraiment le rap, mais je dois admettre que le bonhomme a de la prestance et qu’il sait bien mener le public.
Il est suivi du groupe Razorlight, dont je n’ai aucun souvenir. Je me rappelle seulement qu’ils semblent être très connus en Angleterre.
Plus les heures passent et plus le son des enceintes augmente et me vrille le crâne.
Quand Madonna vient chanter, elle me colle la migraine pour de bon, tant les aigus qu’elle balance saturent. Pour la première fois de ma vie, je me met des bouts de mouchoirs dans les oreilles, faute de mieux. Je reste tout de même attentive à sa prestation. C’est tout de même une star internationale et je suis curieuse de voir ce qu’elle vaut sur scène. Un constat : la madonne a une aura que nul ne peut réfuter... Elle réveille en trois chanson un public qui commençait à entrer en phase de coma, elle me fait groover sur Music et me surprend en faisant Ray of Light, qui ne doit pas être simple à faire en live.

J’éprouve le besoin de sortir un peu de la foule et je loupe Snow Patrol, The Killers et Joss Stone. Qui ils sont et ce qu’ils font ? Je n’en ai aucune idée...

Je reviens pour les Scissor Sisters, qui sont un peu mes chouchous, tellement kitsch, tellement disco qu’ils ne peuvent pas me laisser indifférente. Car j’ose le clamer ici, j’ai adoré leur reprise de Comfortably Numb.
Puis, je décide de m’endormir sur place... Je me couche par terre, une capuche sur la tête, les mains sur les oreilles toujours obstruées par mes bouts de mouchoirs forts élégants... Et j’en ai réellement besoin, parce que la prestation de Velvet Revolver (le groupe actuel de Slash, guitariste des Guns & Roses) est à la limite du supportable.
Sting passe sous silence et je subis avec horreur Mariah Carey qui m’achève définitivement tant elle hurle. Quant à Robbie Williams, je note qu’il reprend We Will Rock You et qu’il arrive à faire frapper 200.000 anglais dans leurs mains... Je le maudis intérieurement de jouer ce morceau maintenant, moi qui rêve depuis mes 14 ans de faire ça dans une foule.

Je me secoue quand même pour le groupe suivant, que je ne peux absolument pas louper. Quand les Who montent sur scène, je suis heureuse... Heureuse parce que j’aime bien les Who, mais surtout heureuse parce je sais que les prochains, ce sont mes héros !!!

Mais même sans Keith Moon et John Entwistle, j’ai un groupe mythique devant moi... Et en prime, nous avons droit au moulinage de bras de Townshend et au jeté circulaire de micro par Daltrey. Ils commencent par un Who Are You ? bien pêchu et qui fait un bien fou... Suivi par un Won’t Get Fooled Again, qui me plonge dans une semi-transe.

Le set s’achève et pendant une éternité, nous attendons... Guillaume, Cédric et moi commençons notre remontée de la foule par la face ouest. Nous ne devons surtout pas en louper une miette. La pression monte et je commence à trembler sous l’effet de l’émotion.
Retour sur le speaker, les yeux et les oreilles s’ouvrent toutes grandes. Fausse alerte, le groupe met du temps à s’installer. Je commence à me sentir fébrile.



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