Portraits
Neil Young, une voix dans la nuit

Neil Young, une voix dans la nuit

par Giom le 10 février 2009

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Très attendu, le duo part en tournée à travers le pays mais, alors qu’ils sont sur la route depuis 18 jours, Young plante Stills à Charlotte en Virginie, officiellement pour des problèmes de gorge. On sait depuis que Young ne supportait pas l’état encore assez larvesque de son collègue. Il lui aurait envoyé un télégramme avec le message suivant : « Cher Stephen, c’est fou comme les choses qui démarrent spontanément prennent fin de la même manière. » Encore amer par cette nouvelle expérience foireuse avec son ancien collègue des 60’s, Young se tourne à nouveau vers son Cheval préféré et part avec lui en tournée américaine, travaillant au même moment sur un nouveau projet : Decade, une compilation sous forme de triple album qui doit résumer les dix dernières années de sa carrière. Finalement, le projet est vite repoussé et Neil Young choisi de se consacrer à un nouvel album annoncé (avec le tracklisting !) par la maison de disque pour décembre 1976 et qui doit s’intituler Chrome Dreams. La même année, le jour de Thanksgiving, Neil Young est de la partie au Winterland de San Francisco pour fêter la fin de la carrière du Band. Il participe donc avec entre autres Van Morrison, Eric Clapton, Muddy Waters et même Bob Dylan à cette auto-commémoration du monde du rock. Il jouera ce soir là I Shall Be Realesed, Four Strong Wind et une poignante version de Helpless accompagné de Joni Mitchell (qui apparemment ne lui tient pas rancune pour le Stupid Girl de Zuma), seul titre conservé sur le film de Martin Scorcese, The Last Waltz. Il semblerait que Scorsese ait dû retoucher les bandes pour ne pas qu’on aperçoive des traces de cocaïne sur le nez du Loner. Ça la foutrait mal pour une star autoproclamée anti-drogues. Comme quoi, la fête devait être bien spéciale !

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Mitchell et Young lors de la soirée pour The Band

Toujours prêt à remettre ses projets en question, Young refuse finalement que les bandes Chrome Dreams soient publiées et compose à la place American Stars’n’Bars qui sort en juin 1977, album composé d’une première face très country consacrée à l’histoire des États-Unis et d’une deuxième plus rock sur la culture des bars qu’il fréquente beaucoup à l’époque. Deux femmes l’accompagnent (qu’il a justement rencontrées dans des bars et enregistrées à leur insu), Linda Ronstadt et Nicolette Larson, que Young a rebaptisé, dans son continuel souci de mettre un nom sur tout ce qu’il fréquente, les Saddle Bags. Young aura d’ailleurs une rapide liaison avec Nicolette Larson. Le disque est un peu bricolé à la va-vite puisque Young y ajoute des chutes de Homegrown et le tour de force du Crazy Horse en live : Like A Hurricane. On y trouve aussi une collaboration avec Emmylou Harris sur le titre Star Of Bethlehem. La pochette réalisée par Dean Stockwell (la même personne qui avait filé un script à Young à la base d’After The Gold Rush) est assez étrange, mêlant visage écrasé du Loner, bouteille d’alcool et... poupée géante (si quelqu’un souhaite vendre son vinyle, je suis preneur !). Pourtant l’album, pas vraiment une franche réussite, sera disque d’or et restera quinze semaines dans des charts. Dans la foulée, Young ressort le projet de Decade et finit par le publier en septembre 1977. Compilation idéale de l’âge d’or de Neil Young, le disque a le mérite d’être accompagné de nombreuses notes de la main du Loner sur chacune de ses compositions. On y trouve même quelques raretés comme Down To The Wire, morceau de l’époque du Buffalo Springfield. Bref, le cadeau idéal, ce qui expliquera l’énorme succès qu’a rencontré Decade, rapidement disque de platine aux États-Unis.

Neil Young, au sommet de sa popularité, peut alors vivre pleinement sa vie de rock star. Il commence à collectionner les voitures des années 1940 ainsi que les voiliers. Il emménage même à Santa Cruz avec ses nouveaux amis le bassiste Bob Mossely (un ancien de Moby Grape) et le guitariste Jeff Blackburn. Avec le batteur Johnny C. Craviotto, ils forment un groupe appelé les Ducks et se lancent dans une petite tournée des bars où le groupe joue des titres très rock’n’roll. Gardant l’anonymat, Young assure les parties de lead guitar et prend du bon temps, multipliant les blagues sur scène autour du nom ridicule des Ducks et discutant des heures (si, si !) avec le public après les concerts. Malheureusement pour lui, la presse découvre ses activités et les rend public ce qui a pour conséquence inévitable d’augmenter le public des bars, certaines personnes réclamant des titres d’Harvest (!). Young devra mettre fin à une des expériences de sa carrière où il aura sûrement pris le plus de plaisir, retrouvant l’atmosphère de ses débuts avec les Squires au Canada.



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