Portraits
Neil Young, une voix dans la nuit

Neil Young, une voix dans la nuit

par Giom le 10 février 2009

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Car au même moment, la tournée de Crosby, Stills, Nash & Young bat son plein et le deuxième concert du groupe ne sera rien d’autre qu’une prestation au mémorable festival de Woodstock où la formation est la plus attendue de toutes. Young, qui se méfie de cette entreprise jugée par lui « trop réductrice » refusera d’apparaître sur la bande du film du festival. « J’ai pensé que c’était une plaisanterie. Je n’étais pas vraiment dedans. Je ne savais même pas ce que je faisais là. Je ne sais toujours pas. Je sais que je pouvais à peine m’entendre jouer ». L’unique bon souvenir que gardera Young de cet événement sera sa rencontre avec Hendrix dont il est depuis 1967, un grand admirateur. L’euphorie de Woodstock ne durera pas longtemps puisque peu de temps après, Young apprend le massacre orchestré par Charles Manson avec les meurtres de Sharon Tate (femme du cinéaste Roman Polanski) et de ses amis par deux filles (Linda Kasabian et Patricia Krenwinkle) que Young connaissait bien au moment où il fréquentait Manson. En plus de ça, Crosby, Stills, Nash & Young joueront au festival d’Altamont organisé par les Rolling Stones, tristement célèbre pour la mort d’une jeune noire par des Hell’s Angels, événement macabre qui marquera définitivement la fin de l’utopie des 60’s.

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Crosby, Stills, Nash & Young au grand complet !

Pour se relancer, les quatre stars partent pour Londres afin de se produire au Royal Albert Hall. La capitale anglaise, selon lui triste à mourir à cette époque, inspirera à Young le très beau Don’t Let It Bring You Down. De retour aux États-Unis, le groupe enregistre son premier album sous le nom de Crosby, Stills, Nash & Young, partageant en même temps à cette époque à New York l’affiche avec Steve Miller et surtout... Miles Davis. L’expérience ne semble pas avoir passionné le trompettiste outre-mesure : « J’ouvrai pour ce pauvre con de Steve Miller. Crosby, Stills, Nash & Young étaient aussi au programme et ils étaient à peine meilleur que lui ».
Déjà Vu, premier disque des quatre sort finalement en mars 1970 et obtient un énorme succès, assez logique tant l’album était attendu. Premier dans les charts américains, le disque est tout de suite décrit par la presse comme un classique du genre country-folk. Il faut dire que le disque est superbe, présentant à la fois une unité tout en mettant en valeur les différentes personnalités du groupe. Young signe trois compositions dont le magnifique Helpless où il se confie sur ses années d’enfance. Country Girl est un long titre plus singulier qui contraste avec l’ensemble du disque. Le single Woodstock, énorme tube, fut donné au groupe par Joni Mitchell toujours proche des musiciens. Fort de leur immense succès, les quatre repartent pour une nouvelle tournée marathon à travers le pays. Ils s’interrompent brusquement en juin 1970 pour enregistrer en une journée le single Ohio, titre s’insurgeant contre la répression policière dans le campus de Kent en Ohio, provoquant la mort de quatre étudiants. Écrit par Young le matin, le titre est enregistré l’après-midi et sort dans des temps records. Véritable charge contre le gouvernement de Richard Nixon, il s’agit bien là de la première protest song de Neil Young, titre qui sera d’ailleurs immédiatement censuré sur les radios. En face B du single, on trouve un titre de Stephen Stills répondant à la même thématique : Find The Coast Of Freedown.



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