Portraits
Neil Young, une voix dans la nuit

Neil Young, une voix dans la nuit

par Giom le 10 février 2009

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 Longues années 80

En effet, elles seront longues les années 1980 pour Neil Young, où du moins pour ses fans, rudement mis à l’épreuve par les différentes formes que prendra la production du Loner pendant ces années. En effet, durant ce que beaucoup de fans de rock considèrent comme « la décennie maudite », Neil Young va prendre plusieurs « visages » dont certains pas très appréciables et dont on se demande toujours s’il s’agissait de masques ou de positions sincères. Allez savoir avec le Loner !

En tout cas, au début des années 1980, il consacre la majorité de son temps à sa famille et à son fils Ben à qui ses parents font suivre un traitement intense à la fois pour Ben et pour eux. L’année 1980 verra paraître tout de même un disque, mais complètement bâclé, le décevant Hawks And Doves, disque acoustique de country plus ou moins facile et au message inquiétant. En effet, les propos de Young dans ses chansons ont soudainement changé depuis la naissance de son deuxième enfant. Le Loner exalte maintenant les valeurs patriotiques et familiales ! Oui, je sais ça à de quoi surprendre ! Ça donne des paroles comme « I’m proud to be a Union man... ». Un titre comme Hawks And Doves, chanté par Young avec un affreux accent sudiste, contient même une partie de chœur qui se limite à scander « USA ». Bof, bof, pas très convaincant et surtout très étonnant... En tout cas, sûrement pas le meilleur de disque de Neil Young, plutôt un de ses pires. Cette même année, il participe à la bande originale du film d’Hunter Thompson : Where The Buffalo Roam, jouant de la guitare sur le titre Home Home On The Range et à la fin de l’année il convoque ses acolytes du Cheval Fou pour quelques sessions chez lui afin de préparer un nouveau disque de Neil Young And Crazy Horse. Petit problème, Young est toujours très pris par les exercices de son fils et ne peut se concentrer pleinement à ce projet, du moins pas d’une façon très libre. Poncho déclarera en souvenir de cette période : « Les séances commençaient à 10 heures du matin, comment voulez-vous faire du rock à cette heure-là ? »

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Le correct Re-Ac-Tor

Pourtant Re-Ac-Tor, le disque qui ressort de ce travail est convaincant, retrouvant une fougue électrique qu’on n’avait pas vu depuis le Live Rust. Pour l’anecdote, on retiendra la phrase en latin inscrite au dos de la pochette et légèrement pompeuse : « Deus, dona mihi serenitatem accipere res quae non possum mutare, fortitudinem mutare res quae possum, atque sapientiam diffrentiam cognossere. » En gros, il place sa création sous l’autorité divine, peut-encore par provocation, mais bon...
En tout cas, Neil Young, peu inspiré musicalement, n’en oublie pas sa passion cinématographique et son projet Human Highway qui voit enfin le jour en janvier 1982. Cette « comédie à propos d’une tragédie » où Young joue le rôle d’un garagiste limité voulant devenir une rock star est loin de faire l’unanimité, le magazine Vox affirmant à son propos qu’il s’agit bien là « d’un des pires films jamais réalisés ». La deuxième aventure cinématographique de Neil Young sera donc un fiasco et le film ne sera même pas distribué dans les salles américaines, réalisant une maigre carrière en vidéo.

Finalement, Neil et Pegi décide de stopper le programme d’exercices imposés à Ben au profit d’un plus léger ce qui offre au Loner plus de temps pour se consacrer à la musique, ce qu’il ne manque pas de faire, se procurant à cette époque un vocoder (instrument permettant de faire sonner sa voix comme un robot). Il compose de nouveaux titres avec cet objet qu’il décide d’aller défendre lors d’une tournée avec une nouvelle formation, le Trans Band, où l’on retrouve Bruce Palmer (eh, oui, toujours en vie), Ralph Molina, Nils Lofgren et le fidèle Ben Keith des Stray Gators. Inutile de dire que la tournée est un bide, Young jouant des nouveaux titres electro à un public toujours fan du Young folkeux. Au concert de Londres, c’est après avoir fait fuir la moitié de la salle avec ses nouvelles compositions, que Young se lancera dans ses classiques lors de la dernière heure du concert.



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