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Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

par Fino le 17 avril 2007

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 The Asteroid #4, amazing trip

Dignes héritiers des Pink Floyd, Asteroid #4, référence parmi d’autres à Spacemen 3 et au voyage stellaire qu’ils brodent, feraient presque figure de vieux de la vieille du psychédélisme underground américain avec leur décennie au compteur. Trois albums à l’actif de la bande d’allumés de Scott Vitt dont les jouissives expérimentations n’ont d’égal que leur manque de rock attitude. Aussi sexy de Daniel Johnston, le groupe de Philadelphie est l’immanquable pièce qui fait pourtant défaut à une discothèque que vous êtes habituellement fier d’arborer.

Auteurs d’envolées dans l’obscurité galactique de toute beauté, autour d’une voix dont le malaise qu’elle provoque rappelle les premières heures Syd Barrett du quatuor de Cambridge, Asteroid #4 sont une autre preuve indiscutable du mauvais maillage du filet de l’industrie musicale. Formés en 1996 autour de Scott (guitare et voix) donc, et d’Eric (guitare), les deux compères des années lycées ont été rejoint en 2000 par Adam (batterie), puis plus récemment par Jamie (basse), « qui a fait des allers-retours pendant un moment », et Ryan (seconde guitare).

« Nous faisions tous partie de groupes auparavant. La plupart dans des groupes hardcore ou des cover bands. Pas tes normaux »cover« bands. On jouerait plus The Smiths, Jesus And Mary Chain, Oasis, etc. ». Revival psyché-sixties ? « Je ne suis pas sûr. J’aimerais le penser, mais ça fait longtemps que l’on fait ça et je ne suis pas certain que l’on rentre dedans. J’espère que dans vingt ou trente ans les gens redécouvrent nos enregistrements, qu’ils soient réédités en vinyles 180 grammes, et que l’on joue des concerts avec Roky Erikson, qui aura 110 ans. Un mouvement global ? Je n’en suis pas sûr, mais l’idée serait géniale ! ».

Si ces parfaits représentants de l’effervescence de la scène de Philadelphie prennent un malin plaisir à réinterpréter à leur sauce amplifiée des mets parfois déroutants, on décèle rapidement un goût pour la Britpop, des années 1960 à 1990, aux effluves hypnotisantes. Nous reparlerons plus tard du chef d’œuvre « King Richard’s Collectibles », « hommage aux Kinks et aux Honeyspot, une expérience en country rock que beaucoup considèrent comme un échec. Mais on les emmerde, hein ? ». On répondra « bien sûr », mais ne soyons pas plus hypocrite que de raison : là n’est pas le chemin le plus facile pour se poser confortablement sur l’objet.

Ils ont d’ailleurs pensé au problème avant nous. Introducing The Asteroid #4, les couleurs qui vomissent de sa pochette et ses orages impitoyables sont la brèche dans laquelle tout un chacun se doit de s’engouffrer. Introduction terrifiante dans le froid spatial, l’album nous perd dans son infinie orbite, dérivant au long des écoutes très légèrement de sa trajectoire initiale alors que la perception que l’on en a change subrepticement. Les pistes partent souvent sur une progression d’accord simple que le groupe monte puis éclate (dans un monde parfait The Admirals Adress aurait dû figurer sur The Piper At The Gates Of Dawn du Floyd). Et durent le temps qu’elles doivent durer.

Déroutant, No More Vitamins, electro et voix dont nous ne relaterons pas les paroles ici, a sans aucun doute été écrit pour une série télé de science-fiction des années 1970, plus de vingt ans trop tard. Les fans des Beatles reconnaîtront le clin d’œil répété de fermeture, avant qu’on ne recommence à regarder par le hublot, envoûté par ce paysage déshumanisé de 2001 L’Odyssée De L’Espace. Les quatres dans le vent de Liverpool, c’est d’ailleurs par eux que l’on finit, avec Honey Bee, couleurs, senteurs, et cordes orientales en avant.

Neuf années terrestres s’écoulent et le groupe nous relate An Amazing Dream, troisième L.P. moins malsain (en particulier dans le chant) mais certainement aussi extasié. Take Me Down, Here We Go... le quintette part légèrement plus sur une douce pente pop, enfilant en apesanteur des perles zébrées à grands coups de guitare traînante. Dans cette optique, écouter Outside, phénomène qui n’est peut être pas le plus fidèle représentant du voyage, mais vaut certainement le décollage.

Auteurs d’albums qui ne vous emmènent guère ou vous auriez voulu aller, ces quatre endurcis. Et ce même pour ceux du fond qui discutent et pensent « oui mais moi le shoegaze-psyché un peu post-rock, je connais, arrête de nous prendre pour des blaireaux ». Cette grossière interruption close, n’oublions pas de mentionner que les trois œuvres du groupe sont libres sur leur site internet. Allons, vous avez bien une fraction de temps relatif à abandonner à http://www.asteroid4.com/ .



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