Focus
Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

par Fino le 17 avril 2007

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

 Mellow Drunk, « I see a red door and I want it painted black »

Réunis au printemps 2001 autour de leurs influences psychédéliques eighties plus ou moins obscures, les deux comparses Ricky Maymi et Leigh Gregory se sont certainement bien trouvés. Accaparés par des projets parallèles, ces deux grands amis ont tout de même trouvé le temps de sortir, entre 2001 et 2006, la bagatelle de cinq albums et E.P., plus un à paraître...

Le premier va souvent voir du côté du Brian Jonestown Massacre - la douze-cordes incarnant la cool attitude, c’est lui, mais il se penche également sur le synthé et les percussions chez Mellow Drunk -, The Imaginary Friends, Steve Roback (des Rain Parade), ou encore les fabuleux Smallstone pour ne citer qu’eux. Le second (chant et guitare), après des participations chez The Dispossessed, Miles From Nowhere et The Products, se concentre désormais également sur une carrière solo pour laquelle il écrit une quantité vertigineuse de morceaux, arrangements inclus (voir interview). On vous passera les détails des antécédents de Stephen Cavoretto (clavier, voix, percussions, trompette), Daniel Dietrick (basse, synthé et voix) et Patrick Harte (batterie), le tout est suffisamment confus comme cela.

Les deux compères - qui concourent, en compagnie de Scott Vitt (Asteroid #4) et Ryan Cobbs pour le trophée d’homme le plus sympathique du monde - produisent à tour de bras des compositions aux influences variées souvent complexes, et aux textes imprégnés de la mélancolie de Leigh Gregory.

Alors que Cut Me To Pieces, ouverture du L.P. One Thousand Lights à paraître, ferait presque penser à du Sonic Youth, c’est une teinte folk-pop qui vient sublimer l’album sous les traits de From My Window. Morceau remarquable dans une construction faisant penser au cynisme de Lou Reed, le chanteur y égrène une histoire d’amour désespérée sur une mélodie légère frôlant volontairement le niais alors que le refrain s’achève sur un cynique « I’ll wake up and you’ll be gone ».

L’impression très nette que Leigh Gregory réserve ses morceaux les moins lugubres pour cette formation se dégage davantage sur A Different Color On My Door. Cette véritable pépite qui n’a hélas pas encore traversé nos frontières démontre une fois de plus qu’un bon E.P. vaut cent fois mieux qu’on album moyen, d’autant plus lorsque le premier se repasse à l’envie. Une orientation qui serait sans doute judicieuse pour nombre de formations qui préfèrent (ou à qui l’on conseille de) bâcler huit chansons pour aller avec leurs un ou deux tubes potentiels.

Ouvrant la discussion, le morceau éponyme et son rythme swingant feraient penser à The Greatest de Cat Power qui allait sortir deux ans plus tard, avant de finir dans une envolée imprégnés de bruits en tous genres. C’est alors qu’Ancient History part dans une ballade pop absolument sublime, que Free se lance dans une longue traversée du désert resplendissante de densité, avant que la puissance psychédélique de Come Alive ne vienne clore les débats. Pas une chanson dans le même esprit que chacune de ses congénères, une écriture remarquable. Mellow Drunk, toutes proportions gardées, font penser aux Beatles dans cette soif de s’abreuver à toutes les sources, et de le faire avec brio.

Une telle inspiration dans le songwriting n’est hélas pas (ou plus) l’apanage de toute la scène psychédélique californienne. Si Ricky Maymi est rassurant quand à l’ambiance régnant au sein d’un Brian Jonestown Massacre dépeint comme le septième cercle des ténèbres dans le film qui y est consacré, les perspectives ne sont pour autant pas des plus dégagées, les rumeurs de difficulté d’écriture rencontrées étant à demi-mot confirmées par le guitariste... Espérons que le projecteur qui s’est abaissé trop tardivement sur l’homme à tout faire et à tout écrire de San Francisco éclairera quelque peu certains satellites qui en valent la peine.



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom