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Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

par Fino le 17 avril 2007

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 Interview de Tommy Dietrick (Sky Parade)

Inside Rock : Comment a débuté Sky Parade ?

Tommy Dietrick : Sky Parade a commencé en 2004 comme un projet d’enregistrement. J’avais mis en forme des démos de chansons que j’avais écrites et je les ai montrées à quelques amis. Les premiers membres de Sky Parade étaient moi-même, Jason Anchondo et grosso-modo n’importe qui que je trouvais et qui pouvait jouer. J’ai écrit les chansons pour Fire In The Sky (notre premier album L.P. auto-produit en 2005) en attrappant des amis et en les amenant à mon studio. Au début, j’ai appelé des gens comme mes amis de longue date Jeff Davies et Mara Kaegle, ainsi que de récents amis comme Sharif Dumani qui a un excellent groupe qui s’appelle The Moon Upstairs.
Environ à mi-chemin du processus d’écriture et d’enregistrement je suis tombé sur un ami qui avait vécu en Espagne les années précédentes et qui revenait aux États-Unis. Cet ami s’est révélé être l’équilibre de tout ce en direction de quoi j’avais travaillé. Il s’appelle Matt Lindgren et est probablement l’un des meilleurs guitaristes que je connais. Je l’ai convaincu de rester à Los Angeles et de jouer avec moi alors qu’il projetait de déménager à San Francisco où nous avions tous les deux vécu des années plus tôt et qui était également la ville où je l’avais rencontré. Après quelques mois, nous avions assez de chansons pour construire un album et peu de temps après nous avons rencontré notre bassiste, Bobby Bones, et joué nos premiers concerts pour une foule d’environ quarante personnes dans un minuscule et caverneux trou pour boire de Los Angeles.

IR : Quelles sont vos influences majeures ?

T.D. : J’ai grandi avec des classiques comme les Stones, Th Beatles, The Kinks et beaucoup de musique psyché comme Pink Floyd ou les débuts de Bowie. En fait mon père m’a amené voir Pink Floyd quand j’avais dix ans. En passant à l’adolescence j’ai été hapé par le shoegaze et suis allé voir des groupes comme My Bloody Valentine, Ride, Slowdive, The Boo Radleys, Stone Roses et beaucoup d’autres sans importance qui soit venaient de Grande-Bretagne, ou qui soit étaient des groupes américains sous le radar comme The Brian Jonestown Massacre et une myriade de groupes de San Francisco du début des années 90 dont personne n’a entendu parler. J’avais quinze ans quand j’ai commencé à jouer dans des clubs et ai rencontré des gens comme Anton Newcomb. J’avais l’habitude de sécher les cours pour conduire depuis mon San Jose, Californie pour faire les balances à San Francisco qui était à une heure.

IR : Si vous ne deviez en choisir qu’un(e), quel serait votre album/chanson préféré(e) ?

TD : J’ai beaucoup de préférés, mais j’ai toujours eu un penchant pour « Rubber Soul » des Beatles, et ma chanson préférée sur celui-là c’est You Won’t See Mee. Mais disons que c’est serré avec une influence plus moderne. Une de mes toutes préférées c’est Soon, sur l’album « Loveless » de My Bloody Valentine. Cet album est toujours une œuvre d’art comme aucun autre avant ou depuis.

IR : Y a-t-il une période musicale qui vous influence particulièrement ?

TD : J’hésiterais à dire qu’il y a une ère musicale particulière qui m’influence. La bonne musique m’influence, que ce soit Love and Rockets dans les années 80 ou The Pretty Things en 1967, ou Spiritualized dans les années 90, il y a toujours de la bonne musique de laquelle tirer son inspiration aussi longtemps que tu as la patience de patauger dans la pourriture de la musique commerciale quotidienne.

IR : Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?

TD : Dernièrement j’ai écouté The Black Angels, The Morning After Girls, et un groupe moins connu qui s’appelle Rick Bain and the Genious Position. Ces groupes sont tous des amis à nous et je suppose que je les supporte parce que leur musique est géniale et que personne d’autre ne va faire ce qu’ils font. Je recommanderai à n’importe qui d’écouter ces groupes si ce n’est déjà fait.

IR : Où en êtes-vous de vos enregistrements ?

TD : On a eu notre première sortie en juillet 2005 (un E.P. de cinq chansons) grâce à un label indé ici à Los Angeles. Après ça, on nous a demandés d’aider des amis à l’étranger pour une tournée au Royaume-Uni et on a décidé d’auto-produire l’album Fire In The Sky. Cet album est très dur à trouver maintenant étant donné qu’on n’en a plus de copies. Il est probable qu’on le ressorte ou peut être, si les choses marchent, que certaines des chansons qui y figurent auront leur propre sortie en 2007. 2006 a été une année d’écriture et d’enregistrement. On a commencé à travailler sur notre second album Love Is Forever en janvier et maintenant janvier revient déjà (ndlr : cette interview a eu lieu fin décembre 2006). J’en suis vraiment fier même si je dois admettre qu’on n’a pas encore terminé. J’ai écrit plus de trente chansons et je l’ai élagué jusqu’à une dizaine seulement, parce que j’ai essayé de construire l’album pas seulement sur dix chansons, mais sur une sensation, une expérience.

IR : Comment composez-vous ?

TD : Il n’y a pas de méthode spécifique. Généralement, je présente les parties et mélodies aux gars et on jam jusuqu’à ce que ça marche d’un point de vue sonore.

IR : Comment se passent les concerts ?

TD : Nos concerts ne sont devenus que meilleurs. On se sent chanceux d’avoir les privilèges d’une bonne presse ainsi que de bons amis, et un réseau en place qui nous permet de sortir notre musique.

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Bobby Jones et Tommy Dietrick

IR : Improvisez-vous quand vous jouez sur scène ?

TD : On incorpore de l’improvisation à des endroits spécifiques de notre set. Généralement on joue une version étirés de Fire In Your Heart à la fin de notre set ainsi que quelques autres chansons si on sent que ça marche.

IR : Pourriez-vous résumer votre expérience avec The Brian Jonestown Massacre ?

TD : Mon expérience avec le BJM a toujours été douce-amère. J’ai rencontré Anton en 1991 quand j’avais quatorze ans. J’avais alors un petit groupe dans lequel je jouais de la basse, avec mon grand frère Dan à la guitare. Dan fut plus tard inventé premier joueur de tambourin pour The Brian Jonestown Massacre parce qu’apparemment il a sauté sur scène complètement bourré lors de l’un de leurs premiers concerts et a commencé à taper un tambourin sur leur musique. À cette époque, Anton était constamment en train d’enregistrer et de jouer en concert. Il a même emprunté notre batteur pour quelques enregistrements qui plus tard sont apparus sur l’album Methodrone. Ironiquement, il ne l’a jamais crédité pour avoir joué dessus. À cette époque, San Francisco était le flambeau de petits groupes indie vraiment cools qui auraient probablement reflété l’explosion qui se produisait alors en Grande-Bretagne si Nirvana n’avait apporté la scène grunge au grand public. Les premières tournées que j’ai effectuées adolescent impliquaient de circuler dans des vans et jouer des concerts avec le BJM du haut en bas de la Californie, de San Francisco à Los Angeles. Je suis toujours ami avec tous les musiciens originaux et ai gardé des liens étroits avec la précédente et actuelle formation du BJM. En fait, Los Angeles bouillonne d’anciens membres comme moi qui s’en sont allés pour lancer des groupes géniaux après avoir quitté cette formation. Dave Koenig a son groupe The Clean Prophets, Mara Kaegle et James Ambrose ont leur groupe Electromagnetic, Kirpatrick Thomas a son groupe Spindrift, et j’ai mon groupe Sky Parade.

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A l’époque du Brian Jonestown Massacre...

J’ai grosso modo passé mon adolescence à faire des concerts à San Francisco et à regarder des groupes comme les Dandy Warhols exploser en tant que musiciens de carrière. À dix-huit ans, j’ai décidé de me couper de la scène musicale et de déménager à Santa Cruz pour étudier le cinéma à l’université là-bas. Hélas, ça n’a pas duré longtemps avant qu’Anton ne se montre à ma porte. Il était dans un très bon état d’esprit et peu de temps après commença à sortir avec ma colocataire. Il m’a demandé de rejoindre son groupe et d’aller en tournée en Angleterre - c’était en 1996. J’ai décliné parce qu’à l’époque je commençais juste à être étudiant. Il a arrêté de voir ma collocataire peu de temps après et je ne l’ai plus revu pendant presque quatre ans. Je l’ai rencontré à nouveau après être retourné à San Francisco en 1999 et lui ai dit que l’on m’avait demandé de joindre un groupe de Los Angeles qui s’appelait Smallstone, ce à quoi il m’a répondu avec enthousiasme que je devais le faire. Six mois plus tard j’ai déménagé à Los Angeles et ai fait ma première tournée nationale en jouant de la basse pour Smallstone tout en faisant de même pour le BJM. Le groupe d’Anton venait de se décomposer (encore une fois), il m’a donc demander de le rejoindre. Ce fut probablement l’une des périodes les plus fun que j’aie jamais vécu étant donné qu’il était en grande forme tout au long de la tournée. J’ai choisi d’arrêter de jouer avec le BJM après cette tournée parce que j’étais sollicité pour enregistrer et jouer avec Smallstone. Et Smallstone et le BJM étaient sur BOMP Records à cette époque.

Environ trois ans plus tard, Anton m’a appelé de nouveau alors qu’il finissait l’album And This Is Our Music. Il avait réussi à dégoûter son bassiste (encore une fois) et donc j’étais de retour pour 2003 et une partie de 2004. A cette époque on nous avait demandé d’aider nos amis du BRMC sur une tournée au Royaume-Uni à guichet fermé tous les soirs pour un large public. Inutile de le dire, c’était bien sûr excitant, mais Anton se détériora rapidement en une personne difficile, à nouveau. Après deux mois sur la route et presque aucun jour de repos, il était au bout du rouleau, tout comme nous autres. Quand nous sommes revenus du Royaume-Uni pour finir quelques dates aux États-Unis, je commençais à m’inquiéter que le groupe ne se décompose encore une fois.
Lors d’un infâme concert à New York, Anton jeta littéralement Frankie hors de la scène. De quelque manière que ce soit, miraculeusement, Frankie ne s’est pas blessé. Lors d’un autre concert à Montréal, Anton lançait des étuis à guitare sur notre batteur Dan. J’apprenais à immédiatement faire retraite à l’hôtel dans ces moments-là.
Finalement, j’ai décidé qu’il était temps de partir quand un Anton sérieusement intoxiqué s’est jeté sur moi et m’a grosso modo convaincu de son instabilité en me jetant une tasse de café au visage. Ben, il ne faut pas franchement être un génie pour chercher sa propre préservation, alors j’ai réservé un vol pour rentrer à la maison et j’ai quitté la tournée sans le dire à Anton. Je suis presque littéralement sorti de scène cette nuit-là et monté dans un taxi pendant que les gars étaient encore en train de jammer à la fin du set...

IR : Vous avez donc travaillé avec Jason Anchondo. Comment l’avez-vous rencontré ?

TD : C’était donc vers la même période que mon bon ami Jason Anchondo (également connu sous le nom de Plucky) m’appelait saoûl au milieu de la nuit en me disant de continuer à travailler sur mes démos de Sky Parade, que j’étais en train d’enregistrer. J’ai rencontré Jason de nouveau en 1999 quand j’ai pour la première fois joint Smallstone, et on est devenu amis instantanément. Finalement, alors que Jason ne joue plus activement dans le groupe, Sky Parade pourrait ne jamais avoir existé s’il ne m’avait aidé à le faire sortir de terre. Il joue sur la majeure partie du premier album, y compris sur des chansons comme Losing Control, et sa préférée, The Donner Party. Plus tard, Dan Allaire, qui avait aussi quitté le BJM, a remplacé Jason à la batterie. Malencontreusement, Anton s’est rendu compte de son erreur et a parlé gentiment à Dan pour qu’il revienne dans son groupe au début de l’année (ndlr : cette interview a été réalisée en décembre 2006). Nous avons désormais un batteur permanent, Joel Patterson, qui est un batteur fantastique et qui a un peu joué dans des groupes comme Gene Loves Jesabel et plus récemment les californiens de The Lassie Foundation.

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Jason Anchondo, en compagnie d’Aimee Nash

IR : Avez-vous vu le film Dig ! ? Qu’en avez-vous pensé ?

TD : Je suis allé voir Dig ! Avec Jason et Dan et on a été pétés de rire pendant deux heures. Néanmoins, je pense que nous étions tous un peu déçus que le film ne soit pas parvenu à montrer la constante évolution de la composition du BJM et ait à la place choisi de montrer le groupe jusqu’à 1999 environ. Je pense que pour des motifs liés à la narration il était probablement trop difficile d’explorer le cercle interne entourant le groupe. J’ai très certainement pensé que j’aurais été dans un ou deux plans étant donné que j’étais avec le groupe quand nous avons joué en première partie des Dandy Warhols en 2000 sur leur Thirteen Tales Tour. Mais il y avait de nombreux plans de membres que j’ai connus étant adolescent comme Jeff Davies, Joel et Miranda, et c’était donc marrant à voir. En fait il y a eu plusieurs plans au cours desquels je n’étais pas dans le champ mais en train de jouer, donc j’ai été mis à l’écart de ça. Même Dan, qui avait alors joué avec Anton plusieurs années à cette époque fut sur un seul plan. Finalement, c’est bon de voir Anton avoir ce qu’il mérite, même s’il est horrible parfois. Mais il n’est pas tout le temps comme ça, parfois il est aussi charmant, et même marrant...

IR : Vous sentez-vous comme faisant parti d’un « mouvement » revival psychédélique-60s ?

TD : Je ne crois pas que nous fassions partie d’un quelconque revival 60s à proprement parler. Cependant, je dirais que nous faisons partie d’un mouvement de groupes qui continuent de faire la musique que nous voulons, à notre époque, à notre propre façon, et relative à notre expérience. En ce sens on pourrait dire que nous reflétons une partie de l’attitude présente quand la musique rock était jeune dans les années 1960, mais foncièrement je pense que l’on n’écrit pas de la musique avec l’intention de la faire dériver d’une ère spécifique.

IR : Une opinion sur l’industrie de la musique aujourd’hui ?

TD : C’est une question difficile en un certain sens, et je n’ai pas de réponse simple. Je pense que je peux dire que je préférerais être signé sur une major indépendante, mais si la bonne situation survenait, je n’hésiterais pas à être fauché si c’est avec une entreprise qui croit en nous en tant qu’artistes.

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Sur le tournage de leur premier clip

IR : Que pensez-vous de tous les groupes britanniques à succès promus par le N.M.E. ?

TD : J’adore le Royaume-Uni pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elles est que sa population n’est pas beaucoup plus importante que celle de la Californie, et donc il est beaucoup plus facile d’attirer une attention nationale. Mais avec ça on voit toujours le mauvais côté avec des Britanniques connus pour t’adorer une minute et te détester la suivante. Je suis curieux de voir ce qui va arriver à quelques uns des ces groupes qui montent dans les deux prochaines années. Souvenons-nous, c’est un pays qui a adulé The Darkness et ri d’eux six mois plus tard...

IR : Quels sont vos projet pour l’année à venir ?

TD : Nos plans pour 2007 sont une continuation de 2006. Nous sommes en train d’enregistrer comme des fous, on mixe, on expérimente et on s’amuse énormément à jouer en concert ici sur la côté Ouest. Avec un peu de chance on sera de retour au Royaume-Uni et en Europe à la fin de l’année 2007.

IR : Dernière question : un mot à propos de Lou Reed ?

TD : Lou Reed est quelqu’un qui a grosso modo incité les gens à réexaminer ce qui fait d’une chanson ou d’un enregistrement une chanson géniale ou un enregistrement génial. Je pense que la simplicité du Velvet Underground prouve que quand une chanson vient du bon endroit de ton cœur - que tu sois perturbé, amoureux, blessé ou complètement furieux -, ça résonne toujours dans ton audience. Je pense qu’on a vu dans notre ère comment la technologie peut faire sonner une chanson « soniquement » géniale, mais pourtant sans cœur elle manquera toujours de charme sincère.



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