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Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

par Fino le 17 avril 2007

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 Sarabeth Tucek, New York et mauvais souvenirs

Pour les (de plus en plus nombreux) fans du Brian Jonestown Massacre, Sarabeth Tucek n’est autre que la voix égrenant Time Is Honey, chef-d’œuvre en trois accords de leur dernier E.P. en date. C’est au passage elle, la demoiselle sur scène quand Anton Newcombe décoche un coup de pied en pleine caboche d’un spectateur zélé. Seer, sur le même objet, est une composition de cette troublante jeune femme aux influences les plus diverses. C’est au passage son premier single, renommé Something For You pour l’occasion, la fragile demoiselle n’ayant tout simplement pas apprécié ce qu’en avait fait Newcombe, envers qui elle garde quelques griefs (voir interview)...

À fleur de peau, après écoute en boucle du nouveau single on n’est guère surpris par une réserve mâtinée de timidité qui, en interview comme en concert, lui demande un temps d’observation. Pourtant, la jeune femme balançant entre Los Angeles et New York et qui se sentait le besoin de voler de ses propres compositions, se lance bel et bien dans une carrière solo. Après une expérience avec la BJM qui n’aura pas laissé que des bons souvenirs, ainsi qu’avec Bill Callahan (Smog) sur Supper beaucoup plus positive, ce gracieux cygne de cristal compte bien continuer à multiplier les projets alors que l’enregistrement de son premier album vient de s’achever.

Something For You, premier échantillon aux légers accents folks dans ces blessures béantes qui ne cicatrisent pas, est un morceau d’une beauté insaisissable, supplice de Tantale s’éloignant lorsque l’on tend la main. Une piste voletant avec tristesse au-dessus de soi, quelle que soit la hauteur que l’on prend. Accords de guitare légers et inconfortablement répétés, lentement déchiquetés par une voix à s’en arracher les veines. Le genre de chanson qui ferait fondre en larme et tomber dans les bras les uns des autres toute une bande de rudes sudistes se trucidant à coup de chaise dans un saloon...

Dans ce côté indescriptible du genre qui habite la musique de Sarabeth Tucek, dans cette écriture terrible sur le point de se briser, on retrouve la silhouette de Cat Power, la lente électricité de Holy Smoke suggérant Moon, Love And Communication, ou encore American Flag. On plane lourdement, tournoyant inlassablement en pleine voûte céleste alors que l’on va s’écraser au sol.

Peu importe, priorité laissée aux collaborations avec groupes et artistes appréciés, la promotion cèdera le passage. « Je n’avais jamais entendu parler du N.M.E. avant qu’on me dise que j’étais dedans une ou deux fois l’an dernier ». La déferlante tendance repassera... quoi qu’elle s’agite en dépit de la difficulté à capturer l’auteur-interprête, à l’occasion de la sortie d’un premier single au succès critique outre-Manche. Décidément, il faut croire que le succès tend la main à tout ce qui l’entoure sauf au noyau Newcombe.



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