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Radio K.A.O.S

Radio K.A.O.S

Roger Waters

par Arnold le 25 octobre 2005

1,5

sorti en 1987 (Columbia)

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Après avoir quitté Pink Floyd, Roger Waters a pu donner libre cours à ses envies et réaliser ses propres albums solos. Il sort d’abord The Pros And Cons Of Hitchiking, reprenant ainsi un projet qu’il avait imaginé en même temps que The Wall. L’album est relativement bon sans pour autant pouvoir prétendre rivaliser avec les réalisation précédentes au sein du Floyd. Puis en 1987, Roger Waters commet Radio K.A.O.S.

L’artiste est toujours autant porté sur les albums concept et propose ici l’histoire de Billy, un handicapé voire même carrément un légume, capable de capter les ondes radio, et par conséquent arrive à contrôler certains objets tels que des ordinateurs... Suite à un accès de folie, son frère qui s’occupait de lui atterrit en prison et Billy est envoyé chez son oncle à Los Angeles. Là-bas, à l’aide d’un synthétiseur vocal, il contacte RADIO K.A.O.S, une radio locale de Los Angeles animée par Jim avec qui il se lie d’amitié [1]. De leur côté, Thatcher et Reagan bombardent la Lybie. L’opinion de Billy est claire : les dirigeants font la guerre ailleurs pour détourner l’esprit des gens et les empêcher de voir les problèmes qu’il y a chez eux. Alors, il décide grâce à ses dons de simuler une attaque nucléaire pour faire peur aux gens. Une histoire encore très sombre et franchement tordue mais relativement intéressante à travers laquelle l’artiste place sa vision de la société [2]...

Mais là où le bat blesse, c’est au niveau musical. L’album est trop fortement teinté d’une sonorité caractéristique des années 80, et plutôt indigeste. Prenez des sons de synthés un peu pouet-pouet, des sons de guitares traffiqués qui parfois versent un peu dans le heavy, beaucoup de reverb, mêlez à tout ceci des chœurs féminins (souvent) braillards à toutes les sauces et vous aurez une idée du résultat. A l’image de beaucoup de groupes à l’époque, le son est marqué par la surenchères d’effets, et l’on tombe vite dans l’excès. Certes, Roger Waters encore à l’époque ne passait plus les portes [3], mais là il se retrouve presque à se recopier lui-même. On aurait peut-être pu sauver un ou deux titres tels que The Tide Is Turning qui clôt l’album. Une ballade très calme à l’instrumentation plus épurée, une mélodie touchante soutenue par des chœurs d’hommes à la fin du titre, mais le refrain soutenu par les chœurs féminins à l’image de l’album gâche le titre...

Roger Waters réalise avec Radio K.A.O.S un album loin de ses moments inspirés du Floyd. Un album en demi teinte qui verse dans la surenchère, avec toutefois des mélodies marquantes et une histoire, des paroles intéressantes. Radio K.A.O.S reste l’un des projets les plus décevant de la carrière solo de l’ex-bassiste de Pink Floyd.



[1Les amateurs de mangas feront sûrement le rapprochement avec le personnage de KAOS de Gunnm. Ce dernier est doté d’une très faible constitution et de sens défaillants, mais dispose d’un don : la psychométrie, qui lui permet de lire la mémoire des objets. Il utilise ce don pour animer une émission de radio, « Radio Kaos ». Comme le manga est sorti en 1992, il n’est donc pas source d’inspiration

[2qui rappelle d’ailleurs le roman de George Orwell : 1984

[3La même année, ses ex-compagnons du Floyd se préparaient à reformer le groupe pour un nouvel album. Prétendant que l’aventure floydienne s’était terminée avec son départ, Roger Waters leur a intenté un procès quant à la paternité du nom du groupe.

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Tracklisting :
 
1. RadioWave (4’57")
2. Who Needs Information (5’56")
3. Me Or Him (5’24")
4. The Powers That Be (4’36")
5. Sunset Strip (4’46")
6. Home (6’00")
7. Four Minutes (4’00")
8. The Tide Is Turning (After Live Aid) (5’44")
 
Durée totale : 41’28"