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Snot : fuck the record, fuck the people

Snot : fuck the record, fuck the people

par Emmanuel Chirache le 6 février 2007

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Un peu moins d’un an plus tard sort Get Some, produit par T-Ray (House Of Pain). Un chef-d’œuvre de punk et de metal aux touches délicieusement funky. Du « lounge-core », d’après le groupe, qui définit sa musique comme une alternance de passages cools et de dévastations hardcores. « Nous n’avons ni un style West Coast ni un style East Coast, juge Strait. Nous n’avons aucune idée préconçue sur comment Snot doit sonner. Nous écrivons juste les chansons que nous avons envie d’écrire. » C’est pourquoi il n’est nul besoin d’être un spécialiste de hardcore ou de trash metal pour apprécier ce disque trop méconnu. Mais si vous aimez les riffs ingénieux et lourds entrecoupés de ce funk libidineux qui agrémentait les pornos des 70’s, alors vous êtes au bon endroit.

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Dobbs, le boxer de Lynn Strait sur la couverture de Get Some
© DR

Une voix : « Say something for the record, tell the people what you feel. » Réponse : « Fuck the record and fuck the people ! » On vous avait prévenu, Snot se fout bien de tout ce barnum et ils vous l’annoncent d’entrée de jeu. Le premier morceau, intitulé Snot met les points sur les i. Les paroles ressemblent à celles des rappeurs qui passent leur temps à s’envoyer des fleurs du type « c’est moi le plus fort, bande de gros nazes » : « We’re fittin’ to take your town / You know we wear the crown / Just got to mess around » Sauf que la musique traduit en écho les mots du groupe. Snot est une chanson d’anthologie, la preuve scientifique que personne n’arrive à leur cheville en matière d’explosivité. Tout de suite, l’incroyable voix de Strait prend aux tripes. Capable de moduler son organe pour hurler, groover, rapper ou remuer l’auditeur, ce type-là possédait bien l’un des chants les plus géniaux de notre époque. Entre autres perles, citons Stoopid, The Box, Snooze Button aux paroles gentiment engagées (« Soon you’ll know that little things in life can make a difference / You don’t got to be some politician / Take back those given rights / Stand up & join the fight ») ou encore l’excellent Deadfall. Ultra-speedé, le morceau contient un fantastique petit pont country et un cri qui nous est forcément sympathique : « Vive la fuckin’ France, man ! » Plus fort encore, Mr. Brett est un hymne punk hallucinant de puissance brute, doublé d’une diatribe envers Brett Gurewitz. Au sein de la scène punk de Californie, l’homme est fameux. Leader de Bad Religion, il a fondé le label Epitaph et produit des groupes comme L7, NOFX ou Rancid, avant de s’embourgeoiser un peu trop au goût de Snot : « Mr. Brett, we won’t pay that fee to keep you / Livin’ in luxury / Some say genius, some say mistake / But you’ve become what you used to hate » Pan, dans les dents.

 Mort d’un chanteur

Après la sortie de Get Some, le groupe commence à tourner dans toute l’Amérique. Le succès n’est pas aussi chaleureux que prévu par le label, qui met peu à peu ses distances avec Snot. Pour ne rien arranger, pendant l’Ozzfest show de Boston, une stripteaseuse pratique une fellation à Lynn Strait sur la scène. Évidemment, le chanteur est arrêté, l’habitude est une seconde nature. Symbole du trouble qui règne, le line-up commence à bouger, Mayo part pour rejoindre Amen, et Jamie Miller s’en va fonder Hero. À l’automne, le groupe travaille cependant sur un second album qui ne verra jamais le jour.

Le 11 décembre 1998, Lynn Strait emprunte avec sa Ford Tempo l’autoroute 101 reliant Los Angeles à Santa Barbara. Vers midi, un pick-up conduit par un étudiant de 20 ans percute la voiture de Strait, qui meurt sur le coup.Dans l’accident, Dobbs, le chien du chanteur, décède également. Il était la mascotte de Snot, vedette de la pochette de Get Some et des clips du groupe. D’après l’officier de la police de l’autoroute, Strait avait pourtant mis sa ceinture de sécurité. Il avait 30 ans.

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Le maître et son chien vont décéder ensemble lors d’un accident de voiture
© DR

À l’annonce du décès, les autres membres décident immédiatement de tout arrêter. Épisodiquement, ils se reformeront toutefois pour rendre hommage à leur leader. D’abord en 2000 avec Strait Up, un album composé d’inédits chantés par des amis et des admirateurs de Lynn. La plupart appartiennent à la scène dite new metal. On retrouve ainsi Serj Tankian (System Of A Down), Jonathan Davis (Korn), M.C.U.D ((Hed)pe), Dez (Coal Chamber), Corey Taylor (Slipknot), Brandon Boyd (Incubus), Fred Durst (Limp Bizkit), Mark McGrath (Sugar Ray), et Max Cavalera (Soulfly). Du beau monde, certes, mais pas de quoi rivaliser avec Get Some ; trop décousu, cet album de new metal par ailleurs honnête ne parvient à recréer ni l’ambiance Snot ni la qualité des formations dont sont issus ces chanteurs. Suivra un Snot Alive en 2002, témoignage vibrant de la magnificence de Lynn Strait et de la puissance de musiciens aujourd’hui orphelins.

Ces derniers rendirent une belle oraison à leur chanteur en déclarant : « Lynn semblait avoir cette énergie spéciale, qui faisait que dans une pièce il éclipsait n’importe qui d’autre, même toutes les légendes avec lesquelles nous tournions. Nous aurions aimé que plus de gens le connaissent. C’est difficile d’exprimer cette qualité qu’il avait avec des mots. Nous garderons pour toujours dans nos cœurs les souvenirs que nous avons en commun avec lui. »

DISCOGRAPHIE :

Singles

  • 1997 : I Just Lie
  • 1997 : Tecato
  • 1998 : Get Some
  • 2000 : Angel’s Son

Albums

  • 1997 : Get Some
  • 2000 : Strait Up
  • 2002 : Alive

 [1]



[1Sources :
Wikipedia
et le site « SnotRules »

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