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Sonisphere 2011

Sonisphere 2011

Les 8 et 9 juillet 2011

par Aurélien Noyer, Thibault le 2 août 2011

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  Sommaire  

 Anthrax

Le groupe accuse le poids des années. Le chanteur peine, les musiciens n’ont pas beaucoup d’énergie et les chansons ne sont pas marquantes. En fin de set, le guitariste prend le micro pour une rapide reprise de Refuse/Resist de Sepultura, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise idée. Une bonne, parce que c’est toujours un plaisir d’écouter cette chanson, une mauvaise parce que la différence de niveau entre leurs titres et celui des frères Cavalera n’est pas à l’avantage d’Anthrax. De plus, le groupe ne joue pas le titre en entier, et pour cause, le batteur semble avoir toutes les peines du monde pour mener sa partie sans erreurs. Il est même assisté dans sa tâche par le chanteur, qui ne peut pas pousser sa voix dans un grunt hasardeux et se consacre donc aux percussions.

Moment sympathique, le groupe présente un de ses nouveaux titres en incitant la foule à le télécharger comme elle l’entend sur Internet. Peut être que les membres d’Anthrax ont de grands débats sur la question avec Lars Ulrich quand ils sont sur la route... Une faute de goût plus rédhibitoire, le quintet joue sa reprise d’Antisocial de Trust en anglais ! L’effort à faire n’était pas surhumain et le public aurait été ravi, c’est dommage. Un concert sans grand intérêt.

 Slayer

On attendait la catastrophe étant donnés les très mauvais récents retours des concerts de Slayer. Il était question de paroles oubliées, de morceaux raccourcis, de solos ratés en pagaille, bref d’un bon gros je m’en-foutisme bien maousse. De plus, cette tournée du Big Four est l’occasion sur le papier pour les quatre groupes de jammer sur un morceau en rappel du set de Metallica. Dans les faits, seuls trois groupes se prêtent au jeu, voire deux selon l’humeur de Dave Mustaine. Les membres de Slayer ne rejoignent jamais leurs petits camarades, à l’exception de Dave Lombardo. Le guitariste Jeff Hammeman est temporairement remplacé par celui d’Exodus, Gary Holt. L’autre guitariste, Kerry King, qui est ce qu’on peut appeler une grosse bestiole boursouflée d’auto-satisfaction, prétexte régulièrement que la chanson à reprendre n’est pas bonne ou que les autres ne sont pas des bons musiciens et qu’il ne peut pas jouer avec ces billes.

La version du batteur Dave Lombardo est différente : « I’m the only one who knows how to jam and have a good time ! The other guys, they don’t do that kind of thing. They just know their music when it’s written and that’s it — they don’t know how to go up and improvise and enjoy themselves. » Autant dire qu’on est allé à ce concert en trainant les pieds. Pourtant, heureuse surprise, le moment est plutôt sympathique.

Contrairement aux chanteurs d’Anthrax et de Megadeth, la voix du bassiste Tom Araya tient encore bon. En live, faute de pouvoir nuancer, son chant tend toujours plus vers le parlé/rappé, d’ailleurs le rappeur LL Cool J, proche du groupe dans les années 80 car lui aussi produit par Rick Rubin sur Def Jam, considère que Slayer est une preuve que le rap et le metal sont des musiques qui ont beaucoup en commun et que l’on passe facilement de l’une à l’autre. Gary Holt a l’air plutôt à l’aise, contrairement à Kerry King qui chauffe et sue comme un porc sur les parties les plus rapides, fouetté par Lombardo depuis sa batterie.

He’s the man.

Le batteur se promène. On voit bien qu’il joue en pensant à ses futures parties chez Fantômas, où il s’amuse bien davantage. Pour tromper l’ennui, il lui arrive de faire des farces à ses collègues. Sur Raining Blood, il joue avec la cadence en l’accélérant ou la ralentissant d’un poil pour tester la réactivité de Kerry King, qui se met à tourner de l’œil en moulinant comme un forcené pour tenir l’exercice qu’on lui impose. Pas question de perdre la face, il faut ramer coute que coute !

Autant les morceaux expéditifs et plutôt bas du front de Slayer s’enchainent assez bien et forment quelque chose de cohérent sur disque, du moins sur Reign in Blood, autant sur scène c’est vraiment très con. Du boucan, des riffs qui se ressemblent tous (on ne distingue vraiment que les tubes War Ensemble, Angel of Death ou Raining Blood), des solos qui piaillent, un gros shoot de débilité. Mais comme le dit Nonoo : « c’est con, mais c’est bon. »

 Papa Roach

Ne reculant devant rien, on s’est dirigés vers Papa Roach avec la ferme intention d’assister à ce concert d’un œil curieux et bienveillant. On ne connaissait du groupe qu’une ou deux chansons entendues sur MTV Pulse il y a des années ainsi que sa réputation de stade terminal du nu-metal. Il fallait se jeter à l’eau pour être fixé. « Pour tester le pudding, il faut le goûter », l’esprit scientifique, le petit reporter en mission qui joue le jeu jusqu’au bout, l’abnégation de l’ethnologue sur le terrain, ce genre de choses.

Sincèrement, même armé de la meilleure volonté du monde et d’une assez bonne tolérance au racolage régressif du style, c’était pénible. Plusieurs semaines plus tard, on a juste le souvenir d’un gros son creux, d’un chanteur qui s’excite dans le vide, d’un groupe sans aucun style ni chansons. Le stade terminal du nu-metal produit à la chaine donc, aujourd’hui encore plus sans saveur qu’il y a cinq ans. Rien à sauver !

 Megadeth

Contrairement à celle de Metallica, la musique de Megadeth a davantage vieilli et sonne comme figée dans une époque révolue. Autant les Four Horsemen ont des titres quasi intemporels, autant Megadeth est tout ce qu’il y a de plus 80’s. Cependant, le groupe s’en sort avec plus de brio qu’Anthrax ou Diamond Head et propose un concert assez réussi. Les musiciens se démènent bien, Mustaine s’amuse avec une guitare à deux manches loufoque et colorée, l’interprétation se fait sans accrocs majeurs et quelques titres comme la fameuse power-ballad A Tout le Monde font leur petit effet.

Hélas, tout est entaché par la voix calamiteuse de Dave Mustaine. Alcoolique notoire à l’égo surdimensionné, Mustaine n’en démord pas et continue à chanter alors qu’on ne distingue la plupart du temps d’un filet de voix grognon. Il est évidemment qu’il n’aura jamais la présence d’esprit de recruter un chanteur pour qu’il puisse se consacrer uniquement à ses parties de guitare, qu’il assure très bien. Vexé pendant des années de son éviction de Metallica, Mustaine s’est comporté de manière autoritaire avec Megadeth. Il n’a laissé presque aucune marge de manœuvre à ses musiciens et a composé seul quasiment l’intégralité du répertoire du groupe. On le voit mal se remettre en question et confier la tâche de frontman à quelque d’autre. Pourtant, ce serait probablement la meilleure des choses à faire en attendant que sa voix se répare, si elle peut se réparer.

 Tarja

La vidéo ne provient pas du Sonisphere mais est très représentative de l’expérience proposée par Tarja. Il faut s’imaginer ça, en beaucoup plus bruyant et encore plus mauvais, pendant une longue heure. Une heure. Impossible d’y couper faute de perdre sa place pour Metallica, les deux scènes étant face à face. Une heure.

La réaction de NonooStar a été filmée, la voici :

Slipknot expliqué par la maman de Calvin.


[1« Soudainement » au moment où j’écris ses lignes… il est impossible d’intellectualiser un concert de Metallica sur le coup.

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