Portraits
Sparklehorse, le dada de Linkous

Sparklehorse, le dada de Linkous

par Giom le 9 mars 2010

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Presque totalement enregistré chez lui en Virginie dans sa maison (pardon sa ferme) de Bremo Bluff, près de Richmond donc. Linkous y a installé un home studio qu’il baptise « Static King Studio » et qui lui servira durant toute sa carrière. Car Linkous entend bien imposer ses méthodes de self-made man à sa nouvelle maison de disque et, s’il a envi d’enregistrer sa musique avec ses chats, ses chiens, ses reptiles (et il en a beaucoup !) et bien, qu’on se le dise, personne ne l’empêchera de le faire ! En tout cas l’album est bon, très bon, excellent même pour un premier essai. Linkous y montre l’étendu de ses talents de compositeur, maîtrisant à la fois les chansons power pop multivitaminées comme le lyrisme mélancolique des ballades électroacoustiques. Les 16 titres du disque brassent les genres, rappelant parfois la figure tutélaire de Tom Waits, sans jamais faire fausse route. Certains titres sont même de véritables petits chef-d’œuvres comme le tire introductif Homecoming Queen, somptueuse ballade acoustique que Linkous réservera pour les rappels du groupe lors des concerts car c’est l’un de ses rares titres où le refrain est reprenable facilement par le public. La première phrase de ce morceau résonne alors comme un résumé de la philosophie bucolique de Linkous : « A horse, a horse, a kingdom for a horse... » On l’aura compris, la célébrité et l’argent ne sont pas ce qui fait courir le grand Mark mais il leur préfère le calme de sa ferme et la compagnie de sa femme de toujours, Teresa, à qui l’album est évidemment dédié. Plusieurs singles sortiront dans la foulée, à la fois aux États-Unis et en Europe, issus de ce très bon premier LP comme les très puissants Rainmaker, Hammering The Cramps ou encore Someday I Will Treat You Good qui obtiendra un succès relativement conséquent pour un single de rock indé. L’album ne marche pas trop mal non plus et la presse l’accueille très favorablement. Les magazines britanniques Q, NME ou encore Mojo et américains comme Rolling Stone et Vox en font même un de leurs disques préférés de cette année 1995. Il faut dire que Sparklehorse devient alors un des symboles du renouveau musical du rock indépendant américain. Arrivant sur le marché certes après The Flaming Lips, mais en même temps que Eels et légèrement avant Grandaddy, Linkous et son cheval étincelant participent donc de plein fouet à cette vague de groupes US proposant un rock hybride entre néo-folk et textes hallucinés. Même si Linkous a affirmé que Sparklehorse et Grandaddy « se piquaient tout le temps des trucs mutuellement », c’est bien du groupe Eels que Sparklehorse se rapproche le plus d’un point de vue de la structure même de la formation de par les mêmes présences d’un démurge, d’un « bras droit » batteur et de divers amis qui viennent donner des coups de main de temps en temps.



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