Portraits
Sparklehorse, le dada de Linkous

Sparklehorse, le dada de Linkous

par Giom le 9 mars 2010

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 La voie de la reconnaissance

C’est à cette époque, un peu avant la sortie de l’album, que Mark Linkous fait la connaissance des membres de Radiohead, rencontre décisive qui marquera une étape dans la popularité du « groupe » de Virginie. Les deux groupes partagent le même label (et oui, EMI et Capitol, en pleine époque de mondialisation grandissante, c’est déjà la même chose même si ce n’est pas sur le même côté de l’océan) et Sparklehorse est engagé pour soutenir le groupe d’Oxford pour une bonne partie de sa tournée post-OK Computer en Europe. On sait que Thom Yorke écoutait depuis longtemps les productions du cheval étincelant et qu’il s’est par exemple inspiré du morceau Sad And Beautiful World (sur Viva...) pour composer la chanson No Surprises. La collaboration entre les deux groupes ne révèle donc sûrement pas de la pure coïncidence. En 1997, Linkous et Thom Yorke avait même repris ensemble le fameux Wish You Were Here du groupe Pink Floyd, publié sur une étrange compilation intitulée Come Again, difficilement trouvable dans le commerce maintenant, et où l’on trouve d’autres prestations d’artistes plus ou moins connus comme Foo Fighters, Fun Lovin’ Criminals, Octopus ou encore (et oui !) Robbie Williams. Cette reprise de Pink Floyd n’est en tout cas pas la plus grande réussite d’aucun des deux artistes. Le morceau est un peu fade et la voix de Yorke assez inaudible du fait qu’il chante à travers un... téléphone.

La tournée commune est en effet totalement bénéfique pour Sparklehorse à un moment où le monde du rock a les yeux tournés vers tous les faits et gestes de Radiohead. Même si Linkous ne l’avouera jamais, disant que cette tournée fut en fait un cadeau empoisonné car lui préférait jouer devant 400 personnes plutôt que 15 000, ce passage par la case Radiohead va propulser Sparklehose vers une étape supérieure. Cela a vraiment pour conséquence d’augmenter de façon assez considérable le public du groupe américain et de faire que sa maison de disques va alors lui porter un plus grand intérêt. Si bien que Linkous se voit proposer les services d’un producteur pour la réalisation du troisième effort studio de Sparklehorse maintenant assez attendu par un public plus important. Le producteur en question n’est autre que Dave Fridmann, très à la mode à l’époque pour les productions de disques de rock indé aux États-Unis et qui a travaillé avec quelques pointures comme The Flaming Lips, Mercury Rev ou encore Jane’s Addiction. Voilà qui change radicalement les méthodes de travail de notre Linkous qui se voit même obligé de quitter sa Virginie pour superviser le mixage du disque dans les Tarbox Road Studios de New York où travaille Fridmann. Heureusement Linkous conserve son mot à dire coproduisant et comixant l’album mais ça a dû certainement lui faire un petit choc. Comme quoi, quand la notoriété vient, les bonnes habitudes qui l’ont créée peuvent difficilement rester en place.



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