Portraits
Sparklehorse, le dada de Linkous

Sparklehorse, le dada de Linkous

par Giom le 9 mars 2010

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Le fait est que le troisième disque de Sparklehorse sort tout de même le 28 août 2001, intitulé comme le célèbre film de Frank Kapra de 1946, It’s A Wonderful Life. L’idée n’est pas de s’étendre ici sur la description de ce disque puisqu’il fait l’objet d’une chronique à part entière mais il faut bien reconnaître qu’il s’agit d’un pur chef-d’œuvre. En tout cas, magnifiquement produit par le duo Fridmann / Linkous, le disques contient 12 perles fabuleuses à la tonalité mélancolique et onirique. En plus, Linkous sait s’entourer puisqu’il est accompagné sur ce disque de diverses personnalités et amis du monde de la musique comme PJ Harvey, Tom Waits ou encore Nina Persson, la chanteuse des Cardigans. Tout de suite encensé par la critique, le disque est rapidement la meilleure vente du groupe sans pour autant véritablement quitter le circuit indépendant. Linkous et ses sbires partent alors en tournée mondiale où Linkous semble parfois très fatigué (il répond à cela qu’il a toujours l’air fatigué). En France, Sparklehorse commence à devenir relativement connu. À la fin de l’année 2002, le magazine Les Inrockuptibles engage le groupe pour leur festival national où Sparklehorse partage l’affiche dans plusieurs villes du pays avec des groupes aux styles aussi différents comme The Liars ou Dionysos. À cette époque, le groupe qui tourne ne se compose plus que du seul Linkous à la guitare et au chant et de Scott Minor, toujours fidèle, à la batterie, le reste des parties musicales étant jouées par des ordinateurs. Pas très convainquant... Pour l’anecdote, au moment où le groupe est en tournée sort le film Laurel Canyon de la réalisatrice Lisa Cholodenko, drame où apparaît à un moment un faux groupe exécutant un des titres les plus anciens de Sparklehorse : Someday I Will Treat You Good. Le (vrai) groupe participant à la B.O. du film avec la présence dessus du premier titre éponyme d’It’s A Wonderful Life.

Voulant sûrement mettre un terme à l’espèce de vie de groupe harassante qu’il mène, Linkous met Sparklehorse en veilleuse à partir de 2003 et se transforme en producteur de luxe, rendant ainsi l’appareil à ses divers amis artistes qui ont pu l’aider par le passé. Au moment où il travaillait sur It’s A Wonderful Life, Likous avait déjà eu une expérience de producteur en travaillant sur le premier album solo de Nina Persson, A Camp. Cette fois-ci, c’est à Daniel Johnston qu’il vient donner un coup de main pour l’aider à réaliser son dernier opus en date, le brillant Fear Yourself. Il est tentant de dire que Linkous a presque tout fait pour la mise en forme de cet album du Texan un peu fou et que parfois, comme sur certains titres où Linkous joue de la guitare, ça sonne vraiment comme du Sparklehorse de façon assez troublante. Fear Yourself sort donc en 2003 et l’année suivante Linkous participe à l’hommage du monde du rock indépendant américain fait à Johnston par l’intermédiaire d’un album de reprises des compositions de l’impressionnant songwriter de Houston (par le talent et par le physique, bien sûr). Sur Discovered Covered : The Late Great Daniel Johnston, Linkous reprend Go de Johnston, en duo avec The Flaming Lips. Voilà qui a dû émouvoir cet artiste majeur et atypique, encore trop méconnu qu’est Daniel Johnston.



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