Portraits
Story Leonard Cohen, Part Four

Story Leonard Cohen, Part Four

par Vyvy le 15 juillet 2008

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 Back On Boogie Street

Il surprend tout d’abord par sa manière d’être au Mont Baldy, et pourtant d’être là, dans la « vraie vie », à composer, écrire, agir. Cela il le fait au partir du milieu des années 80 par trois moyens, un enregistreur, une plume et un ordinateur. Cohen va ainsi composer, et chant et musique, et poème et prière au moyen des deux, voire des trois instruments. Le troisième, l’ordinateur, va occuper une place grandissante dans la galaxie cohenite. Armé de son fidèle Mac, le canadien va dessiner des illustrations pour son recueil qu’il couve (Book of Longing) ainsi que coloniser la toile, comme rarement un artiste l’a fait.

Cohen se révèle en effet un petit roi de l’internet. Pas tant pour le graphisme, ou l’astuce de son site, que par son utilisation originale et féconde du nouvel outil. Cohen sur internet, ca se joue, n’en déplaise sa maison de disque, non pas sur leonardcohen.com, mais sur les incroyables leonardcohenfiles.com. Ce site, crée par Jarkko Arjatsalo, un comptable finnois, est en activité depuis la fin de 1994. Sur lui sont regroupé photos, données sur tournées, interviews…et une masse de matériel introuvable ailleurs. Car Leonard, en trouvant ce site, a décidé de s’y associer, en y mettant des œuvres inédites (qui seront publiées pour la plus part dans Book of Longing) et même, au sujet de A Thousand Kisses Deep –le poème-, une mise à jour fréquente, pour permettre aux fans de voir l’évolution de l’œuvre, les retouches de l’artiste. Il y a rajouté des brouillons de chansons, des dessins, et se permet même parfois de visiter la Chatroom, remplie de cohenistes. Avec ce site, Cohen est assuré, qu’on ne l’oublie pas, et que ces fans se voient vite relayer les informations majeures, notamment en cas de manque de motivation (et soutien promotionnel) d’une certaine maison de disque. Et en 1997 (source http://www.leonardcohenfiles.com/sa...) c’est via les files que Cohen annonce la sortie de son deuxième best of : More Best Of Leonard Cohen. Celui se veut comme un retour sur la carrière de Cohen depuis seulement 1988, sois deux albums studios et un live. L’album qui en sort, sans être mauvais est ainsi un peu dépourvu d’intérêt.

Ce que Leonard a en préparation est beaucoup plus intéressant : il prépare en effet Ten New Songs, qui paraitra en 2001. Cet album est le fruit de la collaboration entre Leonard et une de ses anciennes choristes, Sharon Robinson. Les pistes ont été pour la première fois enregistrées au Mont Baldy, avec juste la voix de Cohen et quelques idées d’instrumentation. Envoyées à Robinson, celle-ci rajoutait des chœurs, et devenue depuis productrice, parsemait de quelques instruments, pour donner des idées à Cohen. Oui mais lui, il aimait bien cette version de travail, toute simple, presque nue. Et c’est sous ses habits fort légers, mais si séduisants, que sort en 2001 Ten New Songs, sa première production originale depuis 1992 et son Future très peu enthousiaste.

Là ou The Future parlait beaucoup des autres, du monde, Ten New Songs est un retour au soi, et aux chansons sur l’homme. On a un peu oublié le Leonard, et revenir avec cet album intimiste, alors que le grand âge approche, n’est pas la meilleure manière de vendre. Pourtant, il fut premier au Danemark, et fit platine au Canada. Cohen n’est pas finit. Il le rappelle cette même année en publiant un live génial, celui de cette grande tournée de 1979 (post- Recent Songs). Field Commander Cohen : tour of 1979 est un petit bijou dans laquelle la voix de Cohen n’a jamais mieux sonnée. Enfin, en 2002, the Essential Leonard Cohen, Best-of pas mal ficelé sort...

Tout se passe trop bien pour Cohen, qui a quitté son centre Zen en 1999, puis s’est aventuré un peu en Inde…Un sale coup va vite le mettre à genoux ; et il est encore, en 2008, entrain de s’en relever. En 1997 Cohen vends à Sony Music Corporation sa maison de production de disque, se faisant plusieurs millions de dollars dans l’affaire. Ces millions, il l’apprendra en 2004, vont être lentement mais surement détournés par Kelley Lynch, qui depuis le début des années 90 gère ses affaires. Au tournant 2004-2005, Cohen se réveille durement : il lui reste 150 000 $ sur son compte, et de Kelley, on ne sait plus rien. Depuis, Cohen a décidé, contrairement à son habitude, d’en parler, allant dans les médias. Après une bataille juridique où l’on accusa le spartiate Cohen d’avoir dilapidé son argent en caprice de starlette, Lynch est reconnue comme coupable, et lui devant 9,5 million de dollars. Oui, mais et Kelley et l’argent courent toujours, et Cohen n’espère pas les retrouver de sitôt. C’est ainsi qu’il se retrouve poussé sur la route, afin, au bel âge de 70 ans, de gagner sa croute.

 Sur la Route (again)

En 2004 Cohen publie son dernier album en date, Dear Heather, ou sa voix sonne encore plus prophétique et envoutante que jamais. Cette fois-ci, s’il collabore encore avec Sharon Robinson, il collabore surtout avec Anjani Thomas, aussi ex-choriste, hawaïenne, et surtout nouvelle demoiselle à être liée romantiquement avec Leonard. A la production, au côté des deux demoiselles, on retrouve Henry Lewy, comme très souvent chez Cohen. La publicité pour l’album est des plus modiques, le bouche à oreille en étant la clé. Étonnamment, c’est l’album qui, depuis 1969, sera le mieux placé aux USA en termes de vente, faisant bien comme d’habitude au Canada. L’album ressemble beaucoup par endroit à de la poésie sur de la musique, le chant n’étant plus vraiment l’outil le plus performant de cet homme de 70 ans. Alors il dicte, il scande. Il délègue. Les chants féminins prennent une place encore plus importante, passant des chœurs au lead par moment, et Because Of, deuxième chanson de l’album, portrait de manière très juste les relations entre Leonard et les femmes.

Because of a few songs
Wherein I spoke of their mystery,
Women have been
Exceptionally kind
to my old age.
They make a secret place
In their busy lives
And they take me there.
They become naked
In their different ways
and they say,
"Look at me, Leonard
Look at me one last time."
Then they bend over the bed
And cover me up
Like a baby that is shivering.

Les finances de Cohen se renflouent un peu, et non que ce soit vraiment connecté, ses envies et opportunités font de même. Cette petite ébullition culmine en 2006.

Cette année là est une année Cohen. Il publie (enfin !) Book of Longing, premier recueil de nouveaux poèmes depuis Book of Mercy en 1984. On y retrouve des poèmes parus pour certains sur leonardcohenfiles.com, ainsi que les paroles des deux derniers albums, ce qui permet une intéressante comparaison entre Thousand Kisses Deep le poème, et la chanson du même titre. Pour parachever le tout, le recueil est magnifiquement orné de dessins (à l’ordinateur ou la main) de l’artiste. Mais Cohen ne fait pas que du texte, il produit aussi. Il produit Blue Alert, l’album de sa compagne à très jolie voix, Anjani. Les paroles sont de lui, les arrangements d’elle, et l’ensemble est d’une douceur sulfureuse. La voix jazzy, profonde et pourtant légère de la demoiselle donne un air (d)étonnant aux paroles de Cohen écrites pour l’occasion (et non écrite pour lui et qu’elle reprendrait). L’ensemble sonne complètement différent d’un album du sieur, ce qui n’empêche pas certaines chansons telles Thanks For the Dance de ressortir comme de très jolis objets.

Mais Cohen ne fait pas que du texte, ou de la production. Il fait aussi de la figuration, et de l’inspiration. C’est ainsi que Lian Ludson sort un film en 2006, intitulé Leonard Cohen : I’m Your Man. Cet étonnant document se fonde sur un concert hommage, ou une tribu de cohenistes s’est retrouvée pour chanter son amour et/ou admiration pour le Leonard. Ce concert, Came So Far For Beauty s’est déroulé dans l’opéra de Sydney en janvier 2005. On y suit les performances de Nick Cave, Bono et les Wainwrights etc., avec délectation (ou bien non, quand Martha Wainwright passe au chant), suivant les interludes-interviews avec Leonard avec le plus grand plaisir. Le film se finit sur Cohen chantant Tower Of Songs avec Bono (véridique), et indiquant qu’il repensait à prendre la route…

Chose dite, chose faite. Cohen est en ce moment en route. Son World Tour 2008-2009 s’est commencé un 11 mai au Canada, et finit, pour l’instant, en novembre à l’Olympia.



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