Portraits
Story Leonard Cohen, Part One

Story Leonard Cohen, Part One

par Vyvy le 3 juin 2008

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On pourrait passer beaucoup de temps à raconter la relation entre Irving Layton et Leonard Cohen. Mais on ne le fera pas ici, et on vous laissera, lecteur, méditer cette phrase de Cohen : « Je lui ai appris à se saper, il m’a appris à vivre éternellement ».

Et pourtant, la vie éternelle, ce n’est pas vraiment ce qui motive le Cohen en ces temps-là. Enfin, non pas que ces poèmes soient légers, ils parlent d’infidélité, de mythes, de politique, mais le jeune homme cherche surtout, via sa poésie, à séduire la gent féminine.

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Leonard Cohen en 1956

Il y a Freda qu’il connaît depuis sa fin de lycée, et qui, ayant déménagé à Rhodes Island, ne reste pas moins un personnage clé de sa vie pour les quatre ans suivants, entrant, sortant, et revenant. Et il y a toutes les autres, qu’il séduit à coup de poèmes et de ballades, à la recherche non de la femme parfaite, mais de l’instant parfait, qu’il collectionne. Il développe ces années-là sa vision de l’amour, fait de recherche de perfection et de refus de proximité, de multiples aventures, de personnes qu’on choisit d’aimer et qui nous emmènent, le temps d’une balade, le long d’un chemin que l’on n’aurait pas pris autrement, se changeant, les changeant. Les quittant, ou se faisant briser un cœur que Cohen a bien fragile.

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Couverture de Let Us Compare Mythologies

De ces années d’université va sortir un recueil, avec Freda comme muse et illustratrice, Let Us Compare Mythology, et une renommée locale (il apparaît avec Layton et Dudek dans un disque de poésie en 1956, Six Montreal Poets). Premier numéro d’une série arrangée par Louis Dudek, le recueil (c’est-à-dire, les 400 copies tirées) se vendra et signera la fin d’un moment de la vie de Cohen. À la modernité de Dudek, il préfère l’appel à Dionysos et aux passions de la politique de Layton, et à Montréal, il va préférer New-York, et Columbia University.

 Sur le départ

Leonard Cohen erre donc jusqu’à New-York. Pas pour longtemps, le temps d’une année, avant de rentrer à Montréal, et de repartir. Le profil de l’exilé, de celui qui n’est jamais chez lui, attire Cohen, tout comme les chambres d’hôtel.

A Columbia, Leonard s’ennuie. Il se lamente sur ces poèmes qu’il n’écrit pas, bien qu’il n’aille pas souvent en cours, et quand il y va, c’est pour écrire une violente critique de son propre recueil de poésie... Il est attiré par la scène bohémienne et beat du Village. Mais s’il fréquente Kerouac et son cercle, Cohen fait vraiment trop middle-class pour être accepté, et se retrouve relégué aux franges et arrière-cours.

Mais voilà, il rencontre Anne Sherman, qui lui inspirera le personnage de Shell dans The Favorite Game. Leur histoire sera courte, Anne, plus âgée et plus libérée que les précédentes conquêtes de Cohen, cherchant autre chose, mais la figure d’Anne va occuper une bonne partie du cœur de Cohen pendant les années à venir, lui servant de muse pour son recueil The Spice Box of Earth ainsi que pour son premier roman. La figure d’Anne ne sera que plus tard remplacée, sous le soleil grec, par celle de Marianne. Mais nous n’en sommes pas encore là.



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Sources :
-* l’excellent site internet The Leonard Cohen Files
-* Gilles Tordjman, Leonard Cohen, Le Castor Astral, 2006.
-* Ira B. Nadel, Various Positions A Life of Leonard Cohen, University of Texas Press, réedition 2007 (Première édition 1996).