Portraits
Story Leonard Cohen, Part One

Story Leonard Cohen, Part One

par Vyvy le 3 juin 2008

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Couverture de The Favorite Game

Cohen trouve une autre maison d’édition pour son roman, à condition qu’il le raccourcisse vraiment, et la fin de 61 et l’année 1962 est largement passée à reprendre son roman, dont va émerger, deux ans après la finition du premier jet, The Favorite Game. Cette révision, il l’a faite en partie à Londres, à la demande de ses éditeurs, où il retourne voir les Putman, mais encore une fois il fuit Londres le plus vite possible, pour retourner à Hydra, où l’ambiance de travail ne sera pas au rendez-vous, terrible visite maternelle oblige. Les relations tendues avec sa mère ne s’améliorent pas du fait que, traditionalisme maternel oblige, un Cohen, d’une caste de prêtre, ne peut vivre avec une femme, non mariée et non juive de surcroît, si bien que pendant sa visite, Marianne cherche ailleurs un logement temporaire, perturbant évidemment le quotidien de ces deux-là.

Mais l’année reste prolifique car Cohen, à son habitude, ne travaille pas sur une seule chose à la fois, et en profite pour parler à McClelland d’un autre recueil de poésie sur lequel il travaille Flowers for Hitler marqué par la Grèce, Cuba et l’holocauste ; et comme toujours chez Cohen, par l’amour, le judaïsme et l’introspection.

Flowers For Hitler, dont le titre de travail était Opium and Hitler marque un véritable changement dans le travail de Cohen. Pas tant la référence aux drogues - en effet Cohen se drogue très souvent, que ce

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Couverture de Flowers for Hitler

soit au haschisch que l’on trouve si aisément à Hydra, à l’opium auquel il a été initié par Alexander Trocchi, au speed ou aux amphétamines sous lesquels il écrit de plus en plus. Non, là où ce nouveau recueil choque, c’est dans l’abandon du lyrisme décalé de Spice Box of Earth et le plongeon dans le cru, le sordide, l’atroce de l’histoire et du désespoir. Cohen ne va pas très bien, enchaînant période de dépression sur période de dépression, et son œuvre s’en ressent. Il écrit à son agent américaine qu’il a donné sa santé mentale pour ce livre, et se plaît à penser que le recueil est un chef-d’œuvre, mais que personne d’autre au Canada ne pourra l’appréhender tant il est neuf et sauvage. Pour ce recueil encore, sa relation avec Jack McClelland va être cruciale. C’est l’éditeur qui le pousse vers le deuxième titre, et qui lui fait abandonner la dédicace à la génération de ses parents, la « Dachau Génération ». Cohen y préférera finalement une dédicace à Marianne. Et quant à l’art-work, gêné par la proposition vulgaire de Newfeld (qui avait fait l’art-work du précédent recueil) présentant une femme avec deux petites têtes de Cohen en lieu de poitrine, il se remet à dessiner, pour signer lui-même la couverture.

Sur Hydra, sa relation avec Marianne s’effrite. Officiellement tout va bien, il est auteur à succès, elle pose pour une boutique de luxe, et l’île devient de plus en plus célèbre auprès de stars telles que Brigitte Bardot ou Sophia Loren (qui y tournera même un film). Mais les difficultés, nées du langage notamment (Marianne parlant un anglais parfois trébuchant), s’affirment. Cohen se sent enfermé dans sa vie, dans son île, comme le seul poète au monde vivant avec femme et enfant. Pour Cohen, le seul engagement qu’il ait pris, c’est d’être vrai à son art, à sa destinée. Le reste n’est que contrats, et le contrat avec Marianne est à bout de souffle. Il étouffe et ne trouve plus plaisir à grand-chose. Alors il retourne quelque temps au Canada.



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Sources :
-* l’excellent site internet The Leonard Cohen Files
-* Gilles Tordjman, Leonard Cohen, Le Castor Astral, 2006.
-* Ira B. Nadel, Various Positions A Life of Leonard Cohen, University of Texas Press, réedition 2007 (Première édition 1996).