Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

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 Rock’n’Roll Music...

Tante Mimi à John : « La guitare c’est bien joli, mais ce n’est pas comme ça que tu vas gagner ta vie ».

Sûr que pour le moment, John ne gagne pas vraiment sa vie, mais il se fait des potes et vire délinquant juvénile. Sexe, bastons, racket et alcool n’ont pas de secret pour le jeune homme de 16 ans qui s’habille comme un Teddy Boy (bien que ces derniers lui foutent une trouille monumentale), la banane au vent. Le 16 janvier 1957, un nouveau club ouvre à Liverpool : The Cavern, un lieu pas encore mythique et pas vraiment fait pour les jeunes branchés... Lennon a monté un groupe de skiffle avec des copains de son collège, Quarry Bank School et leur trouve un nom fort à propos, les Quarry Men. Ils se produisent pour la première fois en concert le 22 juin 1957, dans des conditions pas vraiment terribles et ne sont même pas payés. John qui assure le chant et la guitare est mort de trac, mais une fois sur scène, l’alcool aidant un peu, il se déchaîne, véritable sauvage rock’n’roll dans les règles. Avant de redescendre de scène et de se faire bastonner par quelques Teddies !

Le groupe donne son second concert le 6 juillet lors de la fête paroissiale en plein air de l’église St Peter à Woolton. Devant un public plutôt familial, ça ne passe pas très bien et les seuls applaudissements proviennent de deux gars qui ont à peu près l’âge de Lennon. John connaît bien l’un d’eux, Ivan Vaughan, son voisin et complice dans les conneries à faire. Ce dernier va lui présenter l’autre garçon, un copain de classe, Paul McCartney. Sonnez trompettes du destin ! Ces deux là ne le savent pas encore (d’ailleurs, comment auraient-ils pu savoir ?), mais ils vont jouer les frères siamois pendant près de quinze ans. Pour le moment, Paul, qui a amené sa guitare au cas où il y aurait moyen de taper un bœuf entre musicos, montre à John comment il joue Twenty Flight Rock d’Eddie Cochran (et note pour note s’il vous plaît !). Ce qui semble impressionner Lennon, mais également, le piquer au vif : « J’ai vaguement pensé : Il est aussi bon que moi. Jusqu’ici, j’étais le pilier. Maintenant, si je fais équipe avec lui, ça donnera quoi ? ».

Il paraît que cela a donné un engagement direct de Macca dans les Quarry Men, puis une grosse biture et un Paulo malade par manque d’habitude de son foie. Ils ne se mettront d’ailleurs au boulot que quelques semaines plus tard, une fois Paul étant parti en vacances, le cerveau et l’estomac encore en vrac. Durant cette trêve estivale, les Quarry Men donnent un concert, sans Paul, à la Cavern pour la première fois, le 7 août. John tente d’y jouer un peu de rock’n’roll mais reçoit l’ordre du proprio, Alan Sytner, d’arrêter « ce putain de rock ».

Paul revenu de vacances, le boulot commence vraiment. Et une alchimie entre les deux garçons se met en œuvre, ils semblent avoir ouvert les vannes de leur imagination et comme si tout découlait de source, ils passent des journées entières à jouer et écrire, encore et encore, parfois dans le salon des McCartney, d’autres fois chez la tante Mimi, presque en cachette, car elle ne voit définitivement pas d’un œil sympathique cette passion de la musique. Certains de ces essais de jeunesse vont disparaître, parce qu’on peut avoir de l’inspiration, mais pas forcément du talent. De plus, Lennon et McCartney ont décidé de faire passer à leurs compositions l’épreuve de la scène : si le public réagit, on garde, si c’est un gros fiasco, on jette sans remords ! Il existe par contre des « maquettes » de cette période qui vont être gardées puis réarrangées pour plus tard (ainsi Love Me Do et P.S : I Love You). Paul fait aussi écouter une chanson qu’il a écrit seul : I Lost My Little Girl, en hommage à sa mère. Elle sera jouée sur scène pour le premier concert de Paul avec les Quarry Men, le 18 octobre, mais ne sera pas gardée pour la postérité. La fin d’année est ponctuée de quelques concerts des Quarry Men, ce qui permet à Lennon et McCartney de se forger un peu d’expérience de la scène.

Entre temps, John est entré au Liverpool Art College et Paul fait la rencontre d’un jeune type à l’école, George Harrison, qu’il va présenter le 8 février 1958, à John. D’abord rebuté par son jeune âge (le gosse a tout de même 3 ans de moins que lui !), puis forcé d’admettre que, franchement, il se débrouille fort bien à la six cordes (en fait, George est le seul bon instrumentiste du groupe). Argument décisif : le gamin entre dans la bande.

Le 15 juillet, Lennon vit le plus grand drame de sa vie : Julia vient de mourir, renversée par un policier hors service, ivre. Elle sortait juste de chez la tante Mimi après sa visite hebdomadaire à son fils. La douleur de John est sans limites. Pour masquer son chagrin, il boit plus que de raison, devient un expert du vandalisme et avec Paul, il écrit toujours plus, il exorcise. Tous les deux orphelins de leur mère, ils comblent les vides affectifs en se raccrochant l’un à l’autre, ils s’épaulent, ils se comprennent, sans en parler. Ils n’en ont pas besoin, ils communiquent par la musique et leur collaboration se fait de plus en plus intéressante : les idées de l’un amène les critiques de l’autre, et les critiques amènent aussitôt une nouvelle idée. Et ça dure des journées entières comme ça, guidés par un processus créatif quasi-magique que même eux ont du mal à saisir. Même si leurs débuts, comme on l’a déjà dit, ne sont pas fulgurants, ils ont même la fâcheuse tendance de copier ce qu’ils entendent, car ne connaissant pas du tout le solfège, ils bossent à l’oreille et au feeling. Leurs premiers plagiats concernent tous les groupes rock à la mode, sauf les Shadows que John trouve parfaitement risibles, par leur manque d’originalité et de folie. Ce à quoi Harrison répond que eux au moins ont un son, clair, propre, reconnaissable... Le son au centre de leurs recherches futures, le gamin a des arguments imparables, heureusement que John l’a embauché (à défaut de le débaucher). Ca va changer leur manière de voir les choses, puisque jusqu’à présent, Lennon et McCartney étaient plus intéressés par jouer fort et faux en concert. Changement d’autant plus intéressant qu’ainsi ils vont commencer à faire des ballades plus romantiques, à la manière de Roy Orbison ou de Buddy Holly, leurs premières idoles, ce qui plaît fort aux filles. Et les filles ont de l’importance pour le duo, ils ont perdu les femmes de leurs vies, leurs mères, ils vont combler ce vide par de nombreuses conquêtes. Les filles en plus mettent de l’ambiance en concert et donnent une bonne image, raison de plus de les faire tomber comme des mouches.

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Quarry Men 1959

Il n’y a bien sûr pas que des filles qui se retrouvent attirées dans le sillage irrésistible des Quarry Men, John se fait un ami aux Beaux-Arts, Stuart Sutcliffe qui voit en son voyou d’ami un génie potentiel mais qui risque de se gâcher à force de jouer au vandale fou furieux. Il va d’ailleurs être recruté à la basse pour le groupe. Avec Paul, il est celui qui est le plus apaisant pour John, grâce à sa sérénité et son calme imperturbable. Ce n’est bien sûr pas un bassiste génial, il est définitivement plus doué pour la peinture, mais ça semble l’amuser de jouer les rock stars. John est malgré tout un peu jaloux du succès de Stuart auprès de la gent féminine, lui qui déteste son gros nez et qui, malgré les apparences, n’a jamais été très sûr de lui. Aussi, quand il rencontre Cynthia Powell à l’université, et qu’il sent une ouverture possible, il en est tout chamboulé. Commence alors une histoire où John peut enfin découvrir les vraies joies de l’amour auprès d’une fille qui peut, pour le moment, le calmer et le décomplexer. Mais comme tante Mimi et madame mère Powell n’ont pas l’air réjouies par cette idylle, les deux tourtereaux se réfugient dans la petite chambre qui pue de Stuart pour faire des câlins en toute tranquillité.



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