Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

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Petit retour en arrière, parce que là, on a sauté quelques étapes importantes. D’abord, Paul qui avait longtemps hésité, a essayé le LSD et a trouvé ça, « achement cool, t’vois ? » Forcément, il se sent pousser des ailes quand il s’agit de composer de nouveaux morceaux avec John...

Le 6 avril, le groupe fête son grand retour en studio et la tendance déjà à la hausse du temps passé à enregistrer, va carrément crever le plafond : les Beatles finiront le boulot le 22 juin, un record, si l’on pense à la durée d’enregistrement du premier album... Et pendant ce laps de temps, Revolver voit peu à peu le jour, dans une ambiance électrique, où l’innovation est de mise. Alors oui, ça va faire cliché à mort, mais si Rubber Soul était l’album de la marijuana, Revolver est celui de l’acide, oui, oui, oui... Lennon qui compose des chansons inspirées d’un bouquin de Leary, grand maître des cérémonies lysergiques aux USA, McCartney qui considère qu’il faut tout décomposer pour mieux composer, George qui fait sa première chanson indianisante à souhait et Ringo qui balance des phrases qui ne veulent rien dire mais qui sonnent vraiment bien, les Beatles nouveaux sont là et ils n’ont rien de gentils pantins qui secouent leurs perruques. La musique pop se hisse ainsi au rang de langage artistique à part entière.
Pour la peine, ils vont enregistrer Paperback Writer et Rain, avec force bandes passées à l’envers (et le tout fait à la main, c’est beau...) qui seront sur le prochain single (et comme pour le single précédent, les chansons n’apparaîtront pas sur l’album).
Le 1er mai, les Beatles donnent leur dernier concert en Angleterre (on va dire le dernier concert officiel...), à l’Empire Pool de Wembley. Ils partagent l’affiche avec des groupes comme Les Who, les Stones, le Spencer Davis Group, Roy Orbison et tout plein d’autres stars. Vu qu’ils passent en dernier, ils ne seront pas filmés... Le 4, le ministère des finances japonais leur apprend qu’ils ont l’autorisation de venir jouer au Japon. Une autre grande première. Le 19, les Beatles inventent le clip. George s’amusera même à dire plus tard que ce sont les Beatles qui ont inventé MTV... Vu qu’ils ne peuvent faire aucune émission de promo aux USA, ils se font filmer en train de chanter Rain et Paperback Writer. Ces « films », précédés d’un message du groupe, seront ensuite envoyé à Ed Sullivan afin qu’il en assure la diffusion après la sortie du single en Amérique.

Le 1er juin , Harrison va voir Ravi Shankar au Royal Albert Hall. Le maître indien du sitar va devenir le professeur de George. Le 22 juin, les Beatles sortent d’Abbey Road. La trêve est finie, ils doivent retourner donner des concerts à travers le monde. Lassitude...
Enfin, lassitude, oui et non. Le 29 juin, ils vont découvrir le Japon, où ils se produisent pour la première fois. Et comme à chaque fois, ils provoquent un bordel monstre entre les fans qui poussent des cris (timides, car les policiers veillent et qu’il n’y en ait qu’une vingtaine autorisée à les accueillir à l’aéroport !) et les manifestants qui protestent car le groupe va jouer dans le Budokan, dojo traditionnel, presque un sanctuaire en fait, réservé aux combats de sumo. Le promoteur a fait en sorte que la suite présidentielle soit emplie des plus beaux objets qu’on puisse offrir à un Beatle, même des geishas (que les garçons refusent...). On leur demande expressément de rester à l’hôtel, déjà parce qu’ils ont reçu des menaces de mort, mais aussi, parce que ça embêterait les autorités que la foule au bas de l’hôtel se déchaîne à la vue d’une coupe au bol... Autant parler à leurs fesses, dès le lendemain, les plus audacieux font le mur. Ce qui ne plaît pas trop. On ne leur laisse plus l’occasion de sortir après leur exploit, mais on leur donne du papier et une boîte de peinture. Entre deux shows, le groupe se réunit autour de la grande feuille et chacun peint sur un coin avant d’aller vers le centre. Et ça les détend beaucoup. Ils trouvent le nom du nouvel album, ils se sentent bien, en parfaite harmonie les uns avec les autres... Leur « toile » commune restera à Tokyo, où elle sera vendue pour une œuvre caritative.

Le Japon a fait figure de promenade de santé. Ils vont hélas enchaîner sur l’un des pires épisodes de leur carrière, le passage à Manille, où ayant, comme à leur habitude, décliné l’offre de la femme du (dictateur ?) président Marcos de venir jouer pour elle, ont déclenché un mouvement de haine dans la foule. Ils quittent les Philippines en hâte, la peur au ventre, Brian doit même payer une « taxe » surprise pour que le groupe et tous ceux qui les accompagnent puissent partir en toute sécurité. Arrivés à Heathrow, les Beatles ne sont pas tendres : « Manille ? Larguez-y une bombe !  »... Par dessus ça, vient se greffer l’épisode de la phrase hors contexte de Lennon, évoqué plus haut et là, les Beatles réalisent qu’ils n’en peuvent plus de tout ça... Le 5 août, Revolver sort, en même temps que le single Eleanor Rigby / Yellow Submarine. Le 11 août, malgré l’ambiance de feu (haha !) qui règne aux États-Unis et la censure de leurs albums, les Beatles entament leur quatrième tournée là-bas et pour une fois, le groupe ne remplit pas complètement les salles. Il reste onze mille places libres dans le Shea Stadium, plein à craquer un an plus tôt. Le 29 août, au Candlestick Park de San Francisco, le groupe donne son dernier concert de la tournée. Et son dernier concert tout court. A la sortie de ce grand cirque (des fans qui courent à travers le stade pour monter sur scène), George déclare « Ça y est, je ne suis plus un Beatle ! ». Une nouvelle vie commence...

Et chacun est libre de faire ce qu’il veut. John accepte une proposition de Richard Lester pour jouer dans son futur film How I Won The War et part dès le 5 septembre sur le lieu de tournage. C’est en interprétant le rôle du soldat Gripweed qu’il chausse pour la première fois ses lunettes rondes, mondialement connues et qu’il accepte enfin le fait qu’il est possible de vivre en étant myope. Comme pour prendre un nouveau départ, il se fait également couper les cheveux...Cela symbolise aussi une petite rupture avec le groupe. Plus que jamais, Lennon a besoin d’être loin des autres, et de Paul surtout, qui lui, pense déjà au prochain disque des Beatles.

Un autre aussi qui est bien content que ça s’arrête un peu et qui change de tête pour fêter ça, c’est George Harrison qui va partir en Inde le 14 septembre, afin de rejoindre Ravi Shankar à Bombay pour apprendre le sitar. Lui aussi il se coupe les cheveux et il se fait pousser la moustache (que Patti adore). Mais là encore c’est la surprise, on le reconnaît dans l’hôtel où il est descendu et quelques heures plus tard, une bonne foule bien compacte réclame le Beatle qui ne s’imaginait pas être connu jusqu’ici, le rassemblement sauvage va durer deux jours... C’est Shankar qui doit intervenir lors d’une conférence de presse pour calmer tout ce petit monde : « George est ici comme mon disciple ». Non mais oh ! Le changement est radical pour George qui doit d’abord apprendre la méditation (ce qui l’aide quand il faut rester plusieurs heures dans la même posture, un lourd instrument sur les genoux), puis qui arrête complètement la drogue, car ce n’est pas compatible avec la recherche spirituelle qu’il est en train d’entreprendre. Ravi Shankar ne fait pas les choses à moitié, il ne fait pas qu’apprendre à jouer du sitar à Harrison : il lui ouvre les yeux sur une nouvelle manière de voir les choses et de considérer la vie. Encore plus fort, il ne fait pas de cadeau à son élève et lui met des coups de bâton quand celui ci fait une connerie (comme enjamber son instrument. Grave erreur, car c’est lui manquer de respect). Une autre rencontre va tout changer. Le 20 septembre, George fait la rencontre du Maharishi Mahesh Yogi.
Ringo pendant ce temps a monté sa propre boîte de construction, qui s’occupera de retaper ses quelques maisons. Malin le garçon !

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Sessions Sgt Pepper 1967

Quant à Paul, après un week-end passé à Paris avec Brian et John, il s’attaque à la composition d’une musique de film, avec George Martin. Ils gagneront même un prix plus tard pour leur travail... Il assiste également à un concert de Soft Machine et Pink Floyd, où l’on fête le lancement de l’International Times (IT), journal underground londonien qu’il a aidé financièrement à exister. Le 6 novembre, alors que Paul est parti au Kenya, John va visiter une expo à l’Indica Gallery. L’artiste : Yoko Ono... Le seul qui ne semble pas se satisfaire de cette situation de totale relâche, c’est Brian qui pour le moment passe tout son temps à réfuter les rumeurs de séparation du groupe.

Fin novembre, les Beatles se décident tout de même à reprendre le chemin des studios. Strawberry Fields Forever, When I’m 64 et le traditionnel single de Noël sont enregistrés. Ils vont en tout mettre plus de quatre mois pour achever le prochain album. McCartney regorge d’idées et son but premier est de faire mieux que le Pet Sounds des Beach Boys, qui l’avait laissé sur le cul, tant le son était parfait. C’est dans cette direction que sa recherche musicale se tend. Aidé en plus par tout ce qu’il a entendu et ses différentes expériences en matière de musique contemporaine, Paul est prêt à tout écraser sur son passage, le cerveau en totale ébullition, aidé par le fait qu’il n’est qu’à deux minutes à pied d’Abbey Road, forcément, il y est presque toujours fourré. Il est loin le travail en duo rapproché avec Lennon. Ils vont pourtant fournir une fois de plus la preuve que tous les deux ensemble, ils sont les meilleurs songwriters du monde, avec A Day In The Life, sur laquelle ils commencent très vite à travailler. Parce que John tout seul... Pas vraiment la joie à vrai dire, tout comme George, transformé après son séjour en Inde. Non, vraiment, être un Beatle, c’était mieux avant.



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