Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

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L’année 67 démarre et Paul est de plus en plus excité à l’idée de faire le meilleur disque du monde. Le groupe a à peine cinq ans (dans cette formation) et déjà, on pense écrire une biographie. Cette tâche est confiée à Hunter Davies qui rentre ainsi dans leur intimité et va écrire le premier et seul ouvrage autorisé (le terme est important) de ce genre.

Le 12 février, George et Patti échappent de peu à une descente de flics chez Keith Richards. Lui et Mick Jagger sont inculpés pour possession de drogue. Apparemment, ça commence à chauffer au pays des rock-stars. Un qui abuse pas mal mais qui n’a pas encore de problèmes (de toute manière, on n’arrête pas un Beatle !), c’est Lennon qui prend de plus en plus d’acide dans l’espoir de tuer son ego trop fort.

Ça le rend à la fois tout cool et tout bizarre. Tout cool car quand le single Strawberry Fields Forever / Penny Lane sort, c’est la première fois en quatre ans que la première place des charts n’est pas atteinte. Et John s’en fout. Tout bizarre, car il agit comme s’il avait perdu toute inspiration et toute volonté de faire toujours mieux comme à ses débuts. Peu à peu, il lègue son rôle de leader à Paul, mais il le vit mal. L’autre problème de John à cette époque est que sa vie familiale, qui ne l’épanouissait pas plus que ça avant, le déprime complètement maintenant. Mais comment le dire à Cynthia qui, elle aussi, tente de comprendre ce qui se passe ? Surtout que sa rencontre avec Yoko a chamboulé bien des choses...

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Sortie de Sgt Pepper 1967

Sachant que l’enregistrement de Sgt.Pepper touche à sa fin et que vu le boulot qu’il a demandé a été épuisant et grandiose, on se dit que la pochette doit créer son petit effet. Pour Revolver, les Beatles avaient choisi leur vieux copain de Hambourg, Klaus Voorman. L’idée des collages leur a apparemment bien plus et ils tentent de recommencer, à une échelle plus importante, avec l’artiste Peter Blake. Une échelle importante, c’est-à-dire une échelle humaine. Une image où des Beatles, qui ne sont même plus des Beatles, mais des musiciens de fanfare, aux costumes qui brillent presque dans le noir, prennent la pause au milieu d’une galerie de visages connus, petit panthéon personnel et quelque peu surprenant... Si avec ça on ne comprend pas le message : les Beatles ne sont plus de ce monde ! Ils sont des demi-dieux en phase de devenir des dieux tout court. On les a connu moins tape-à-l’œil tout de même...

Au mois d’avril, Brian commence à avoir des baisses de forme inquiétantes, le 8, il rentre dans une clinique privée. Son boulot, c’est de promouvoir les Beatles et ces derniers ont bien l’air de ne plus avoir besoin de lui. Dur... Le même mois, Paul qui commence sérieusement à casser les pieds de ses collègues et amis, conçoit l’idée du Magical Mystery Tour, toujours dans l’optique de créer le concept ultime.

Le 29, contrairement à ses habitudes, il ne sera même pas présent au grand happening psychédélique qui se déroule à l’Alexandra Palace, le « 14 Hour Technicolor Dream ». Par contre John y est, et c’est nouveau pour lui. Le plus fort dans tout ça, c’est que, forcément, il y a des caméras et que le Beatle est filmé. Encore un raccourci facile qui se forme, et dans la tête des gens, l’image d’un Lennon d’avant-garde prend racine. Qui plaidera pour la cause de Macca, trop mielleux et trop « pop » pour être plus au courant des choses de la culture que son binoclard d’ami ? Mais stop ! Pas de polémique ici. Ce qui est autrement plus bête pour John, c’est que Yoko aussi est présente, mais que les deux ne se croiseront pas de toute la soirée.

Le joli mois de mai commence et voit le cyclone Sgt.Pepper sortir de son studio pour une présentation à la presse. Les Beatles ne font plus de tournées ? Qu’à cela ne tienne ! L’album va en faire une à leur place ! En parlant de tournées qu’on ne fait plus, le pauvre Brian souffre officiellement de dépression, on lui permet de sortir de la clinique pour célébrer la sortie du disque, mais il doit y retourner juste après.

Pas malheureux pour un sou, Paul vient de faire la rencontre de la jolie Linda Eastman, photographe de son état, américaine de sa nationalité. Il a beau être avec Jane Asher, faudrait voir à pas se méprendre : ils ne sont pas mariés. Et en plus, elle n’est pas là. Alors franchement, Paul il drague s’il a envie ! Et la petite Linda lui tape vraiment dans l’œil ! Ils se reverront trois jours plus tard, puis plus rien. A la fin du mois, Macca va chercher Jane à l’aéroport comme si de rien n’était...

Le 1er juin, Sgt.Pepper est officiellement en vente. Le 3, il est premier des charts anglais et il va faire des morts sur son passage... Ainsi Brian Wilson, leader un peu dérangé des Beach Boys, qui voulant faire mieux avec son projet de « symphonie adressée à Dieu », va tout juste réussir à péter un plomb et passer par la case schizophrénie. Des morts, et des émules. Que ce soit pour se moquer ou pour rendre hommage, pleins de musiciens vont donner des noms pas possibles à leurs albums et ils vont tous se mettre à faire du psychédélisme, parfois avec un peu de retard. Les Beatles eux, ne sont absolument pas en retard et ils célèbrent même le Summer of Love avec un peu d’avance, en enregistrant All You Need Is Love le 14 juin.

Le 16 juin, McCartney avoue publiquement avoir pris du LSD... Gaspation et stupéfaction ! Si en plus c’est le mignon p’tit Paul qui annonce ça ! Hé bien, bravo, bel exemple pour la jeunesse... Cela n’empêche en rien que la retransmission via satellite, en direct et à travers le monde de All You Need Is Love, le 25 juin, attire près de cinq cent millions de personnes (pas mal hein ?!). A l’image, on peut voir des tas de gens heureux (dont Mick Jagger, Marianne Faithfull, Keith Moon, Graham Nash, Keith Richards, Eric Clapton et tant d’autres) de taper dans leurs mains pour diffuser ce beau message de paix universelle. Juste avant la diffusion, les gens tapaient avec leurs mains (les uns sur les autres) pour être près de Lennon : étant le chanteur, il était forcément le plus filmé. Être assis à côté, c’était pouvoir montrer sa tronche. Hum...

Aller, c’est le Summer of Love après tout ! George Harrison présente Patti à Eric Clapton... Qui tombe amoureux...
Au mois de juillet, on ne sait pas trop quelle mouche les pique : ils signent d’abord une pétition pour la légalisation de la marijuana (pétition qui passe en pleine page du Times) puis les Beatles partent pour la Grèce avec le but premier de s’acheter une île où ils pourraient vivre ensemble dans la joie et l’allégresse. C’est pas que Ringo ne veut pas, mais il a d’autres priorités que de s’enterrer dans les Cyclades, Maureen va accoucher d’un deuxième enfant. Ringo qui n’en est plus un, un enfant, rentre à Londres assumer son rôle d’adulte. Au final, le groupe n’achète pas d’île et suit le mouvement vers l’Angleterre. Au moins, ils ont pu prendre le soleil !

Début août, George et Patti vont aux USA, à Los Angeles où ils louent une maison sur Blue Jay Way. Ce voyage permet à Harrison d’aller voir Ravi Shankar jouer à l’Hollywood Bowl (salle où les Beatles s’étaient eux-mêmes produits quelques années auparavant). Et comme George assure, il va découvrir le Haight Ashbury de San Francisco, le quartier où c’est trop la fête quand on est un hippie (chose que ne feront pas les autres Beatles). Après cette visite fort courtoise, retour à Londres.



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