Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

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 Let it be...

1968 va être une année mystique et transcendantale. C’est George qui vous le dit ! A peine l’année commencée, il file en Inde pour enregistrer quelques morceaux de la B.O. de Wonderwall. Étrangement, trois jours plus tard, le secrétaire général du Mouvement pour la Régénération Spirituelle annonce que les Beatles vont venir faire un peu de méditation en Inde. Mais avant cela, il faut bien laisser une trace d’eux avant leur départ. Lady Madonna et Across The Universe sont enregistrées. A la mi-février, John, Cynthia, George et Patti vont à Rishikesh en Inde histoire d’aller faire coucou au Maharishi. Ils sont suivis de près par Ringo, Maureen, Paul et Jane, qui, vous allez rire, viennent pour les mêmes raisons. Là-bas ils retrouvent Mia et Prudence Farrow ainsi que Donovan. Ringo craque en dix jours et rentre très vite en Angleterre avec Maureen. Suivi de Paul qui a tenu un mois.

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Rishikesh 1968

George et John eux sont encore très bien dans cette retraite spirituelle. John se purifie l’âme, loin de ses tourments de pop star. Il se purifie également le corps et le cerveau, loin de ses excès de pop star. Et les compositions jaillissent d’elles-mêmes.À Prudence Farrow qui pratique la méditation avec tellement de zèle qu’elle n’en sort plus de son bungalow, en oubliant même de manger, il chante doucement Dear Prudence, afin qu’elle se bouge un peu les fesses et qu’elle sorte de là avant de mourir d’inanition.

Le problème, c’est que le paradis se transforme en quelque chose qui n’est pas tout à fait l’enfer, mais en tout cas, John se rend compte que le Maharishi, en bon ascète, utilise la célébrité de ses disciples pour se faire un peu de pub et qu’il utilise sa propre notoriété pour essayer de se taper Mia Farrow ou sa sœur. Un peu écœuré quand même par ce misérable pauvre type, John quitte le navire transcendental, furax. Tellement furax qu’il balance tout sur sa vie sexuelle extra-conjugale à la pauvre Cynthia qui n’apprécie que très moyennement les aveux de son futur ex-mari.

Il n’empêche que ça inspire la chanson Revolution à Lennon qui s’élève pour la première fois contre la guerre au Viêt-Nam dans une interview donnée courant mai. Le Summer of Love est loin, les Stones ont fait Street Fighting Man , la France est complètement bloquée et un peu partout dans le monde, 1968 semble être l’année de la violence. Au mois de juin, on sent que l’ambiance commence à se dégrader : Ringo et George quittent l’Angleterre en plein pendant un enregistrement, une grande première. Le 18, John et Yoko apparaissent ensemble en public. Leur relation est ainsi officialisée. John se détache des Beatles pour se greffer à Yoko. Il va être de plus en plus dur, voire impossible de les voir l’un sans l’autre. Paul qui n’a pas grand chose de passionnant à raconter, prévient tout de même que le prochain disque des Beatles paraîtra sous le label Apple Corp.

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1ère de Yellow Sumarine 1968

Au mois de juillet, George, Ringo et Paul assistent à l’avant première du dessin animé Yellow Submarine. John est trop occupé à se souder à Yoko... L’équipe Apple va déménager ce mois-ci au 3, Saville Row. Le 20, Jane Asher annonce que les fiançailles sont rompues avec Paul. Décidément, tout commence à partir en lambeaux. Au niveau des séances en studio, l’ambiance se plombe de plus en plus, mais le matériel à enregistrer est impressionnant. Les Beatles n’ont jamais eu autant de chansons à proposer en même temps. George Martin essaie de calmer les ardeurs créatives du groupe, en vain. Macca qui ne perd pas une occasion de faire un tube compose Hey Jude, pour le fils de Lennon, Julian, qui souffre beaucoup de la séparation de ses parents.

Le 27, le magasin Apple ferme. Autant dire que c’est un véritable fiasco... Peut-être pour sauver les apparences et faire croire à une entente au beau fixe au sein de groupe, les Beatles passent la journée du lendemain à se faire prendre en photo un peu partout dans Londres, torses nus, crachant de l’eau, dans un jardin, sur les bords de la Tamise, avec Martha, le bobtail de Paul (oui, oui, Martha My Dear, c’est elle...). Le lendemain encore, c’est le tournage de Hey Jude, avec envahissement du public sur les na-na-na-na du final. Paul n’est que moyennement à l’aise...

En août George se barre encore, forçant le groupe à annuler les sessions d’enregistrement tant que le guitariste n’est pas rentré de Grèce et alors qu’il revient enfin, c’est Ringo qui quitte le navire, par lassitude et par parano. Le 23, Cynthia annonce qu’elle a demandé le divorce à John pour adultère. Lui, il s’en fout, il a sa Yoko pour lui tout seul et il l’emmène en studio, expérience inédite pour nos machos qui considèrent qu’une femme ça reste à la maison et que ça ne vient pas traîner au boulot de son mari... Le sommet est atteint quand Yoko se chope la grippe et que Lennon lui fait installer un lit sous le piano.

Mais l’amour qu’il porte à dame Ono, est le meilleur moyen pour lui d’enfin exorciser ses vieux démons. Déjà, elle est plus vieille que lui et possède un certain ascendant. Tout ce qu’il a à faire, c’est se laisser porter. Pas comme avec Cynthia, ça c’est sûr. On peut reprocher beaucoup de choses à Yoko, sa présence envahissante ainsi que sa mauvaise influence quand le couple commence à prendre de l’héroïne. Mais pour John, c’est le palliatif idéal au vide laissé par Julia. Il a enfin retrouvé la femme de sa vie, rassurante, aimante, le guidant si besoin est. Il n’est plus qu’un gosse qui attend, les yeux grands ouverts d’admiration. Et il n’a plus besoin de Paul, ce faux frère avec qui il a partagé tant de choses mais qui n’est vraiment plus digne de son amour à lui. Lennon fait une parano et bientôt, il va virer hystérique, allant même jusqu’à aller frapper à la porte de Paul un beau matin, histoire de lui hurler qu’il demande le divorce. Mais Lennon n’a jamais été très stable, on le sait déjà.

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Let It Be Sessions 1969


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