Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

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Le premier single Apple sort, il s’agit de Hey Jude / Revolution. Ringo ne revenant toujours pas, les autres prennent les devants et lui un envoient un télégramme : « Tu es le meilleur batteur de rock du monde. Reviens à la maison, on t’aime ». Heureusement pour eux, la technique marche. Mais l’ambiance reste pesante. Harrison, pour imposer un de ses morceaux, est obligé de demander à Eric Clapton de venir le jouer en studio. Un peu gêné quand même il s’exécute. La présence d’un étranger au groupe stimule les autres qui retrouvent immédiatement leur bonne humeur et qui propose de bonnes idées pour ce morceau qui s’appelle While My Guitar Gently Weeps. Certainement l’un des plus beaux de tous ceux qu’Harrison a composés...
Il n’empêche que Martin aimerait bien que les garçons fassent le tri dans toutes leurs compos, parce qu’il y a certes du très bon, mais il y a aussi du très mauvais et de l’inutile à tour de bras. Ce que le producteur ignore, c’est que le groupe veut se séparer au plus vite d’EMI pour enfin être tranquilles avec Apple, et qu’ils ont encore un certain nombre de chansons à donner à la maison de disque avant d’être totalement libres d’aller perdre leur fric ailleurs...

Les Beatles n’enregistrent plus seulement à Abbey Road, ils vont aussi aux studios Trident. Au mois d’octobre, John et Yoko sont arrêtés pour détention de drogues à leur domicile. Lennon considère qu’on l’a piégé. Un autre coup dur s’abat sur eux, Yoko fait une fausse couche. Et puisque John a sa Yoko, Paul va présenter au grand jour sa Linda qui va finir par venir s’installer chez lui au mois d’octobre.

Le couple Lennon / Ono continue de faire parler de lui avec la sortie de l’album Two Virgins où ils apparaissent nus sur la pochette. Scandale ! Cachez ces corps que l’on ne saurait voir ! Décidément, ils auront tout fait... Ils n’arrivent cependant pas à éclipser la sortie du double album, sobrement appelé The Beatles, sur une idée originale de Paul McCartney. On a jugé bon en France de l’appeler Le Double Blanc. Quel sens de l’observation... Il n’empêche que l’album démarre fort et bat directement les records du plus grand nombre de ventes effectuées en très, très peu de temps (deux millions de copies vendues en 4 jours, ça le fait !).

Début décembre : George, moyennement courageux sur ce coup, envoie une simple note où il annonce l’arrivée de Hell’s Angels à Noël... Lui, il est déjà parti, après avoir lancé l’invitation en plus... Et ça ne rate pas, quand les motards déboulent, ils sèment la panique dans les locaux d’Apple et ne partent que quand George le leur demande (et il a hésité !).

Il n’empêche, la motivation n’y est vraiment plus. A peine 1969 entamée Paul tente encore une fois de faire bouger les troupes, encore une fois avec ses idées. Tout le monde va migrer aux studios Twickenham pour répéter les nouveaux morceaux. Toutes les répétitions sont filmées, ce qui donnera plus tard le film documentaire réalité Let It Be, sorte de compilation d’engueulades en tous genres. Le 10 janvier, George quitte les Beatles. Certes temporairement, mais là, il y a vraiment un malaise... En plus, John annonce qu’Apple est en train de couler et que si l’on ne fait rien très vite, les Beatles vont se retrouver sur la paille (ce qui serait embêtant après tout le chemin parcouru).

Un studio a été installé au siège d’Apple, le groupe va continuer là-bas... George Martin qui connaît l’effet qu’ont les invités sur les Beatles, il décide de demander à Billy Preston de venir jouer du piano avec le groupe. Martin voit juste, la présence d’un étranger calme les ardeurs des uns et des autres, qui n’osent pas montrer que tout va mal. Le plus incroyable, c’est que le groupe qui s’était retrouvé à la pointe de l’innovation musicale refait des reprises toutes simples de rock’n’roll. La boucle est bouclée, puisque chacun bosse de son côté et que plus aucune magie ne semble circuler, ils reviennent aux bases. Et puis ils se rendent compte que l’arrêt des concerts n’était peut-être pas une si bonne idée. D’ailleurs, ça les démange bien de recommencer et l’idée d’une prestation sur le toit commence à sortir du crâne tordu de Paul. On ne sait pas trop quand, mais George est tout de même revenu et il sera sur le toit avec les autres pour un concert impromptu, donné le 30 janvier. Ils jouent un peu fort et foutent un peu le bordel dans la rue. Les gens se demandent ce qui se passe et s’arrêtent pour essayer de capter un peu de son. Parce qu’au final, l’idée est sympa, mais on n’entend pas très bien en bas. Les flics se doivent quand même de monter dire, que « ça va aller merci, pourriez vous baisser le son s’il vous plaît messieurs ? ». Ringo rêve qu’on l’arrache de sa batterie de force, pareil pour les trois autres qui s’imaginent déjà comme les nouveaux martyrs d’une autorité répressive et totalitaire. En vain, les flics ne les coffrent pas, et le concert finit par s’arrêter un peu misérablement... Au mois de février, les Beatles pensent encore pouvoir sauver les meubles en embauchant un nouveau manager, Allen Klein, ce qui apparemment n’est pas réjouissant. Évidemment, rien n’est vraiment sorti des sessions pour Let It Be, à part Get Back, mais Paul, encore et toujours continue de vouloir y croire. Il rappelle les troupes qui vont d’abord aux studios Trident. George, de son côté, va enregistrer en solo à Abbey Road. Il rentre deux chansons All Things Must Pass et Something. Ringo continue sa carrière d’acteur aux côtés de Peter Sellers qui est devenu un très bon pote du batteur.

Le 12 mars, Paul et Linda se marient, ils ne voient que ça à faire... Tout comme John et Yoko qui entament une véritable odyssée pour réussi à se marier ensemble. D’abord Paris, puis Gibraltar où ils arrivent à passer devant monsieur le maire. John va changer son nom en John Ono Lennon. C’est meugnon... Le couple va ensuite faire la fête à Amsterdam où ils font leur premier Bed-In pendant quatre jours. Le principe du Bed-In : resté couché, entourés de journalistes pour dire non à la guerre et oui à la paix... Trouver ça crédible, c’est une affaire de goût... En tout cas, toutes leurs aventures vont être comptées dans la chanson The Ballad Of John And Yoko où Lennon en rajoute une couche avec Jésus (comme si un scandale n’avait pas suffit) : « They’re gonna crucify me  » dit-il (d’ailleurs, ils ne croit pas si bien dire même s’il va attendre encore quelques années avant son sacrifice...).

Et pour les morceaux des Beatles, il est amusant de constater que des morceaux d’Abbey Road sont enregistrés en même temps que certains pour Let It Be. En mai, John se prend la lubie d’obtenir un visa pour aller en Amérique. Il va avec Yoko et sa fille Kyoko, d’abord aux Bahamas puis au Canada pour poursuivre leur action pour la paix. Re Bed-In, cette fois ci à Toronto, le plus connu, car le plus médiatisé. Ils vont recevoir la visite de Timothy Leary et vont enregistrer la chanson Give Peace A Chance (avec Paul au tambourin et aux chœurs, ce qui a le don d’énerver John). En partant en vacances avec leurs enfants respectifs, Lennon et Ono ont un accident et doivent être hospitalisés. Pendant ce temps, Paul enregistre deux - trois chansons...

John s’implique dans le Plastic Ono Band avec qui il donne un concert pour promouvoir le single Give Peace A Chance. Il revient malgré tout à Abbey Road où il commence à enregistrer ce qui va être sa dernière participation à un disque des Beatles. Le calme après la tempête, ces sessions sont sereines et le résultat qui va en sortir va être époustouflant. Pourtant, dès que l’occasion se présente de s’énerver un bon coup contre Paul, Lennon la saisit et claque définitivement la porte. Officieusement, s’en est fini des Beatles, la plus prodigieuse boîte à musique existante...

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Premier visuel pour Let It Be

La vie continue malgré tout, quelle plus belle image que la naissance d’une petite Mary McCartney, le 28 août 1969. Libre de tout engagement avec le groupe, Lennon va participer au Peace Festival de Toronto en septembre. La presse ne sera pas mise au courant de son départ, car au même moment, Allen Klein parvient presque à négocier les royalties des Beatles à la hausse avec EMI... Le 26 septembre, sort Abbey Road dernier effort studio des Fab Four. Dernière parcelle de rêve. Le 12 octobre, la nouvelle tombe : Paul McCartney serait mort depuis 1966 et aurait été remplacé par un sosie. Rumeur qui va faire beaucoup de vagues et Paul aura beau clamer qu’il est vivant et qu’il va bien, on trouve des indices qui disent le contraire dans les pochettes des disques et dans les paroles des chansons.

Au final, c’est un peu tout comme !

Let It Be, considéré à tort comme le dernier album des Beatles paraît en mai 1970. Le public ne sera au courant de la séparation des Beatles qu’au mois de décembre, au moment où Paul attaque en justice ses trois ex-compagnons. Une fin mesquine et triste pour un groupe qui pendant près de dix ans, a su faire rêver une jeunesse en quête d’absolu à travers le monde. Ce que McCartney ne pouvait pas savoir, c’est que même officiellement séparés, les Beatles restent le groupe de quatre types plutôt sympas. Un groupe qui a réussi l’exploit de créer la musique moderne et qu’aujourd’hui encore, on salue et on aime.



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