Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

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Musicalement parlant, Paul et John sont de plus en plus ambitieux, ils pensent même pouvoir faire chanter leurs chansons par Frank Sinatra ! Et sur scène, les Quarry Men attirent de plus en plus l’attention. Comme ils sont tout fous dans leurs têtes, ils peuvent faire durer l’intro de What I’d Say de Ray Charles plus de 12 minutes et dégagent une énergie communicative. Rarement payés avec de l’argent, les patrons sont en général plus généreux avec la bière. Et ambiance !

Le 29 août 1959, ils jouent pour l’ouverture d’un nouveau club, appartenant à Mona Best, le Casbah Club et finissent par s’y ancrer solidement. Y a pas à dire, tout commence à bien s’enchaîner. Les noms du groupe aussi s’enchaînent. Les Quarry Men deviennent Johnny & The Moondogs (pour faire comme Buddy Holly et ses Crickets), ce qui amène une réflexion de la part de George : et pourquoi pas Georgie & The Moondogs siouplaît ? Une fois de plus, « Junior » fait mouche, cette petite touche d’insolence plaît bien à John qui décide de chercher encore (ils se produiront pourtant à trois sous ce nom pour la finale d’une émission appelée TV Star Search).

Toujours pour rendre hommage à Buddy Holly, et puisque l’idée des insectes semble chère à Lennon, il va se creuser le crâne et trouver que les beetles (scarabées) sont de charmantes bestioles. Le 5 mai 1960, les ex-Quarry Men et ex-Johnny & The Moondogs deviennent officiellement The Silver Beetles. Si en plus il y a un jeu de mot à faire, c’est la fête : John retire un « e » pour le remplacer par un « a », comme dans « beat ». Oué ! Des scarabées qui ont du rythme, ça c’est rigolo !

Ils passent donc par l’étape Silver Beatles et enfin, Beatles. John est tellement content que pour fêter ça, il se prend une bonne cuite. Et complètement cuit, il aurait déclaré : « Un ange m’est apparu en songe et m’a dit : désormais, vous serez les Beatles, avec un grand A ! ». Ce que Lennon oublie de mentionner, c’est que Stuart était avec lui la veille de cette déclaration fracassante et qu’il serait logique et juste de partager le mérite de cette trouvaille miraculeuse avec son ami. Pour couronner le tout, comme si leur nouveau nom avait une aura magique, ils dénichent un vrai batteur, Pete Best, le fils de Mona, ce qui leur assure l’ouverture totale à la Casbah, devenu le lieu branché de Liverpool. Pete Best n’est pas très marrant, mais il se défend plutôt bien et il a un oncle dans le show-bizness, un bien gentil tonton qui croit au potentiel du groupe. Et ainsi Allan Williams devient leur premier manager. Il commence alors à les faire tourner hors de Liverpool, et parce que le groupe a décidément une chance insolente, il se fait repérer par Bruno Koschnider qui leur propose d’aller faire un tour du côté de l’Allemagne.

Les Beatles partent donc forger leur mythe à Hambourg du 17 août au 30 novembre 1960. John quitte définitivement les Beaux-Arts et George qui n’a même pas 18 ans arrive à passer à travers les mailles du filet lors des contrôle à la douane. Et c’est parti mon kiki ! Là-bas, ils passent 106 nuits à jouer, à raison de 4 sets les soirs de semaine et 6 les week-end, d’abord à l’Indra Club, un boui-boui pour marins en escale où il n’est pas rare de voir des couteaux prendre l’air, puis au Kaiserkeller, qui ne vaut pas vraiment mieux que l’autre club...

Et là, c’est littéralement Sex, Drugs & Rock’n’Roll. Pour tenir le rythme, les musiciens se gavent de speed et d’alcool bon marché.

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Hambourg mars 1961

George Harrison : « Les effets conjugués de l’alcool et du Préludin - qui vous tient debout pendant des jours - provoquaient des hallucinations et un comportement de plus en plus étrange. John pétait parfois carrément les plombs [...] ». Ça fait peur... Sans oublier que les différents excitants maintiennent nos p’tits gars éveillés, ils les énervent aussi pas mal, et c’est presque de l’écume au coin des lèvres qu’ils font leurs concerts, dans un concentré pur d’énergie, de testostérone en folie et de rage absolue. Parce que, essayez de vous faire entendre dans un bouge à marins tout aussi excités que nos lascars, entre les cris et les bastons. Les Beatles jouent de plus en plus fort, de plus en plus vite, c’est pas du skiffle ça, non, c’est du vrai rock’n’roll qui tape et qui fait mal. Comme ils ont une sacrée bonne réputation, les filles se succèdent et des gens pourtant peu habitués à ce genre d’ambiance viennent les voir. C’est le cas de Klaus Voorman, étudiant en arts hambourgeois, à l’origine passionné de jazz qui considère que le rock n’est pas vraiment de la musique. Pourtant, il est bien forcé de constater que les cinq musiciens en jettent pas mal et il finit par complètement craquer pour eux. Il ramène également sa petite amie, Astrid Kircherr, également étudiante mais en photographie. Elle aussi tombe sous le charme, mais de manière un peu différente. Amusée par la différence d’attitude entre John, fou furieux parmi les fous furieux, qui monte parfois sur scène en caleçon, une lunette de toilettes en guise de collier, et le flegme caractéristique de Stuart qui, habillé de noir, tourne le dos au public et l’ignore cordialement. Elle craque sévèrement pour ce dernier, ce qui n’est pas pour déplaire au bassiste, et se rapproche peu à peu du groupe. Là où ça s’envenime, c’est qu’elle plaît également beaucoup à Lennon qui prend ombrage de la relation de son ami avec cette jeune femme fascinante. D’autant plus fascinante qu’elle ne semble nullement effrayée par le comportement chaotique de John, qu’elle n’est pas avide de conseils et prend vite un ascendant sur tout le groupe, totalement subjugué par cette petite fée blonde qui leur ouvre de nouveaux horizons. Elle les emmène dans des musées, parle poésie et cinéma nouvelle vague. Une véritable révolution ! Elle va finir par persuader Sutcliffe de reprendre la peinture, sûre de son talent, qu’il gâche un peu en étant un piètre musicien...

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Hambourg 1960

Puis, on ne sait trop comment, le police tombe sur le dos du groupe. Une thèse est avancée selon laquelle les Beatles, peu au courant de ce genre de choses, aurait brisé un contrat qui les liait à une boîte, pour aller jouer ailleurs (parce qu’ils étaient mieux payés...). Le genre de faux bond qui ne plaît pas à un patron, qui pour se venger va trouver les flics. Et forcément, c’est le moment où George est découvert et expulsé hors d’Allemagne parce qu’il est mineur, suivi par le reste du groupe (moins Stuart, resté près de sa douce) qui cherche à éviter d’autres ennuis : Pete et Paul en manque de lumière un soir, ont mis le feu à une capote, provoquant par la même occasion un bien bel incendie... Le 5 décembre, les Beatles prennent le bateau, tous penauds. John retrouve sa Cynthia, tout en pensant à Astrid, qui a définitivement modifié sa façon de voir les choses. Paul retrouve son père, tout en pensant au groupe, qui a définitivement pris la place la plus importante dans sa vie. Et tous les deux ensemble, gonflés à bloc par l’expérience qu’ils viennent de vivre, ils vont recommencer à écrire et cette fois-ci, ils comptent bien ne rien jeter. En tout cas, ils se jettent sur les reprises de ce qu’ils entendent à la radio, le monde n’est pas prêt pour leur message, et leur message n’est pas bien consistant, il faut trouver comment meubler...



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