Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

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Avant cela, il faut retrouver un bassiste, parce que sinon, ça le fait moyen. Ils embauchent donc un dénommé Chas Newby et retournent jouer à la Casbah de maman Best.
Et là, c’est le début de la folie, l’écume aux lèvres en moins, nos charmants amis ont quand même une sacrée énergie qui laisse les petits anglais sur les fesses. Ils ont un jeu de scène incroyable, balancent des blagues apparemment très, très, très drôles. Un véritable spectacle vivant.... Avec leur vécu hambourgeois, les Beatles rigolent bien à l’idée de devoir affronter une bande de jeunes branchouilles venus pour danser. Ça va saigner...
D’ailleurs, ça saigne pour le pauvre Pete, qui n’a apparemment rien appris en Allemagne, et qui commence de plus en plus à exaspérer les trois autres, qui ne se gênent pas pour l’insulter allègrement à la moindre faute.
Leur dernier concert de 1960, à Liverpool, marque même pour certains les prémices de la Beatlemania tellement ça commence à affluer pour venir voir les phénomènes, on les considère déjà comme « fabuleux » et leur réputation s’étend jusqu’à Manchester.

Le groupe commence la nouvelle année en remerciant Newby qui ne fait pas vraiment l’affaire. C’est Paul qui se colle à la basse et avec plaisir en plus. Il a une vision très nette de ce qu’il veut et puisque son grand-père paternel jouait de la contrebasse dans un orchestre de bal, il se dit qu’il doit avoir ça dans les gènes. Effectivement, l’hérédité fait bien les choses. Mieux encore, Paul va révolutionner la place de la basse dans la musique rock, puis pop (si, si !) en ajoutant au rôle rythmique de l’instrument, un rôle mélodique qui rappelle un peu le jeu de certains jazzmen, mais qui est totalement nouveau dans le joli monde du binaire.

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Cavern Club 1961

En 1961, ils commencent à se sentir à l’étroit dans la Casbah, vite remplie de fans en folie. Comme ça marche décidément fort, ils s’achètent même un van pour faire des mini-tournées, piloté par leur nouveau roadie, ex-docker, Neil Aspinall, aujourd’hui PDG de label... Au mois de février, ils bougent pour aller à la Cavern qui entre temps, a fini par devenir un endroit branché où le rock est enfin autorisé, ce qui doit changer John de l’époque Quarry Men... Ils font un show là-bas dans l’après-midi, avant d’aller faire un concert ailleurs dans la soirée. Ils leur arrive même d’en faire trois ou quatre en une journée. La Cavern entre ainsi dans la légende et les Beatles y joueront 292 fois (après-midi ou soirées, parfois les deux) avant de décoller de Liverpool.

En attendant ce moment, George fête enfin ses 18 ans et le groupe retourne à Hambourg en mars, cette fois-ci dans un club légèrement plus classe que ceux qu’ils ont connu l’année précédente, le Top Ten Club. Ils vont y faire plus de 90 concerts, devant un parterre de fans de plus en plus nombreux mais aussi de leurs amis Stuart Sutcliffe, Klaus Voorman et Astrid. Cette chère Astrid à qui Lennon dédie parfois une reprise du King qu’il s’amuse à massacrer en bonne et due forme, It’s Now Or Never. Ce sera bien sûr never... C’est durant ce séjour que les Beatles entrent pour la première fois dans un studio d’enregistrement. Ils y enregistrent Cry For A Shadow, seul morceau de toute leur carrière signé et chanté par Lennon et Harrison, My Bonnie et Ain’t She Sweet, mais ils sont principalement là pour servir d’accompagnateurs à Tony Sheridan, sous le nom des Beat Brothers (il paraît que la sonorité du nom Beatles était trop proche d’un mot d’argot allemand, « peedles », désignant le pénis. Nous ne dirons rien quant à la sonorité du mot beat en français)... Ces sessions marquent la signature d’un contrat avec Kaempfert, orchestrateur de variétés, que le groupe finira d’honorer en 1962 en retournant à Hambourg pour faire deux morceaux. Le 3 juillet, le groupe retourne à Liverpool et songe sérieusement à se séparer de Pete Best, de moins en moins dans le ton. Paul louche sérieusement sur un batteur officiant dans le groupe Rory Storm and the Hurricanes, au nom plutôt marrant de Ringo Starr. De concert en concert, la réputation de groupe s’étend toujours plus loin.
Un coup de génie (et de chance, encore et toujours) va les faire évoluer un peu plus. Le 9 octobre pour fêter le 21ème anniversaire de John, lui et Paul vont à Paris en auto-stop. Il paraît que pour être sûr d’être pris, ils portent des chapeaux melons pour ne pas trop effrayer les braves gens avec leurs tignasses de jeunes dévergondés. Alors qu’ils étaient censés aller ensuite en Espagne, ils préfèrent rester en France. Et ils changent de coupe de cheveux en rabattant leur mèche sur le front à la place de leur éternelle banane... Révolution ! La coupe Beatles est née, Paul et John étant d’accord sur cette anecdote, ajoutant même qu’ils ont piqué ce style à Jurgen Vollmer (photographe de son état).

A leur retour, ils demandent aux autres de s’y mettre. George hésite mais accepte de suivre ses aînés. Pete refuse tout de go. Pas touche à sa mèche !!! C’est la goutte qui fait déborder le pot de Pento... Paul va trouver Ringo un soir où l’alcool coule à flot et il lui aurait déclaré quelque chose qui signifie, approximativement vu l’heure et l’état dans lequel ils se trouvent, que si le batteur se joint à eux, les Beatles sont assurés d’avoir la meilleure base rythmique de tout le rock. Ce à quoi Ringo aurait répondu tout aussi approximativement, que pourquoi pas, si la paie suit derrière. Hum...
Loin de ces considérations bassement matérielles (quoique...), les Beatles continuent de rameuter du monde. Pour la peine, un certain Raymond Jones va chez son disquaire lui demander un single du groupe (My Bonnie). Le disquaire en question, Brian Epstein, plus calé en jazz et musique classique doit reconnaître qu’il n’a pas ça en rayon. Le même jour il reçoit une autre demande du même genre. Intrigué et mettant presque son honneur en jeu, il se jure de découvrir qui sont ces Beatles. Quand deux jours plus tard il se retrouve face à deux filles qui veulent aussi le single mystérieux, il prend les choses en main... Début novembre, il appelle la Cavern pour qu’on lui réserve un billet, tout en ajoutant que c’est important. Le 9 novembre, il va enfin découvrir les jeunes gens et va d’abord se demander ce qu’il fout là-dedans avant de faire comme tout le monde, c’est-à-dire succomber au charme et à l’énergie des quatre garçons. A la fin du set, il va les voir, histoire de faire plus ample connaissance. Il se trouve que le groupe a perdu son manager à Hambourg, que niveau fric, ils sont plus enclins à se faire entuber qu’à gagner des fortunes. Pas très dégourdis donc... Mais aussi légèrement méfiants et impressionnés face à ce drôle de type pas de leur milieu. Parce qu’il faut bien le dire, Brian Epstein est leur total opposé. D’origine bourgeoise, juif et homosexuel, il lit Sartre et Cocteau et se passionne pour le théâtre. Rien à voir avec les jeunes habitués du petit club. Comme en plus il est honnête et franc, il propose direct de les prendre en main et de devenir leur manager, à condition qu’il touche 25 pour cent des recettes à venir. Ce qui fait un peu tousser Lennon... Mais en même temps, eux, ils sont là pour la musique. La proposition est donc acceptée. Et ainsi, Brian Epstein rentre dans l’histoire.



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