Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail
  Sommaire  

Le 10, à l’occasion d’un « festival » (Operation Big Beat), les Beatles jouent avec pleins d’autres groupes dont les Hurricanes et leur batteur aux doigts bagués, l’occasion pour tout le monde pour rencontrer le phénomène Ringo, tellement balèze qu’il arrive même à chanter tout en tapant, et sans perdre le tempo. Trop fort !
Le 1er décembre, un Brian Epstein très emballé leur arrange une rencontre avec les patrons du label Decca, dans l’espoir de leur faire signer un contrat. Dans sa lancée, il contacte le représentant londonien de la Deutsche Grammophone pour obtenir une sortie anglaise du single My Bonnie. Il contacte également le responsable des ventes de chez EMI pour obtenir un contrat de vente du single à venir.

JPEG - 23.4 ko
A l’arrivée de Ringo 1962

L’année 1962 s’ouvre par l’audition chez Decca. Ils enregistrent quinze chansons à Londres et le stress n’aide pas vraiment. Le label va refuser de signer les Beatles, sous prétexte que les groupes à guitares ne sont plus à la mode. Ça n’empêche pas les Beatles de dormir tranquillement et de continuer à bosser inlassablement.
Le 4 janvier, c’est le début de la gloire : le groupe apparaît en couverture du magazine Mersey Beat, dans un numéro qui leur est presque entièrement consacré. Le lendemain, My Bonnie sort en tant que premier single anglais des Beatles avec Tony Sheridan. Enfin en confiance, ils signent enfin un contrat avec Brian le 24.
Courant février, Brian qui prend vraiment les choses à cœur, contacte Decca pour récupérer quelques acétates que le groupe avait enregistré lors des auditions. Il discute un brin avec des ingénieurs du studio et l’un d’eux, Syd Coleman lui promet de le mettre en contact avec un certain George Martin.

La routine des Beatles continue, c’est-à-dire qu’ils donnent des concerts à tour de bras, de plus en plus hors de Liverpool. Le 31 mars, ils font leur première date dans le sud de l’Angleterre, mais n’attirent que dix-huit malheureux spectateurs.
Qu’à cela ne tienne, les Beatles repartent une troisième fois pour Hambourg, le 10 avril. À leur arrivée, ils sont accueillis par Astrid qui leur annonce une terrible nouvelle : Stuart est mort deux jours plus tôt à la suite d’une hémorragie cérébrale. John est effondré, il vient de perdre l’un de ses amis les plus chers, comme si le sort semblait s’acharner sur lui... Il n’a pourtant pas le choix, il faut qu’il assure les quarante-huit nuits à venir dans le club haute catégorie d’Hambourg, le Star Club.
Pendant ce temps, Brian tente une négociation avec Parlophone, label dépendant d’EMI. Au lieu de seulement lui promettre, Syd Coleman lui arrange une entrevue avec George Martin, pour le lendemain. Le producteur accepte de rencontrer les poulains du manager pour les écouter un brin. Brian prévient ses gars avec un télégramme, histoire de les motiver un peu plus.

JPEG - 17.2 ko
Auditions à Abbey Road 6 juin 1962

Ils rentrent à Liverpool le 2 juin, vont à Londres pour montrer ce qu’il savent faire à Martin, qui n’aime pas le rock’n’roll et qui semble être un vieillard sénile aux yeux des quatre petits jeunes (Martin est né en 1927 et a donc 35 ans, un âge canonique !). Ça promet... Et comme à chaque fois (ou presque), la chance est au rendez-vous : George Martin écoute poliment et le 4 juin, le groupe est admis au sein d’EMI. Dès le lendemain, le groupe est au boulot à Abbey Road pour enregistrer trois morceaux (Besame Mucho, P.S : I Love You et Love Me Do).

Le producteur veut bien faire un effort, déjà qu’il n’est pas bien emballé par cette histoire de jeunes chevelus, mais si Pete Best continue, il préfère lâcher l’affaire. Le prétexte idéal et tant recherché par le groupe pour se séparer du batteur tombe à pic. Pete tient encore un mois et fait ses adieux aux Beatles le 16 août. Pas très fiers, les garçons font porter le chapeau de ce renvoi à Brian et invoquent la raison bidon que de toute manière, Pete Best plaisait trop aux filles. Ringo Starr refait son apparition dans la tête des trois survivants et tape l’incruste à la demande d’Epstein. Ce dernier trouve une bonne idée pour ce nouveau départ : avant de mettre ses gars en studio, il les met dans des costumes. Adieu blouson de cuir et santiags. Les Beatles tous proprets font leur apparition. C’est à ce moment qu’ils sont filmés pour la première fois lors d’un concert à la Cavern, comme pour officialiser ce nouveau line-up...

Le 23 août, John endosse un autre costard, celui de jeune marié. Il s’unit officiellement à Cynthia, pour le meilleur. Et surtout pour le pire... A vrai dire, si Lennon passe devant monsieur le maire, c’est qu’il va être papa et que malgré son désarroi, il a appris les bonnes manières à la façon tante Mimi. Ah ! Elles sont loin les nuits hambourgeoises ! Ringo a à peine le temps de se mettre dans le rythme et John de profiter de sa petite femme et ils vont enregistrer à toute berzingue ce qui va être le premier single des Beatles nouvelle mouture, Love Me Do / P.S : I Love You.
Les séances ne sont pas de toute facilité. Lors de la première session du 4 septembre, Martin a un peu de mal à se faire au style Beatles : que la basse et la batterie soient en décalage, ça l’horrifie, ce n’est pas dans les règles. Il décide de baisser le son de Starr, et ça, ça horrifie Lennon. Sa vengeance : il a appris à jouer de l’harmonica une semaine avant, il va en jouer très mal et fort pour la peine. La session du 11 est encore pire, puisque le producteur décide de refaire complètement Love Me Do. Comme les batteurs de rock semblent représenter une vraie phobie pour lui, il cantonne Ringo au tambourin, fait venir un batteur de studio et provoque une mutinerie générale. Pour tenter de se faire pardonner George Martin propose de mettre une version de la chanson sur le single et l’autre sur l’album. Il décide également de laisser faire les garçons à leur convenance.

JPEG - 9.4 ko
Pochette du single Love Me Do 1963

Le single sort le 5 octobre et ne marche pas fort sur la BBC, quelque peu conservatrice. Seule une radio de Manchester ose diffuser le morceau qui marche vite chez les jeunes auditeurs. Epstein met le paquet niveau promo dans son magasin de disques, ce qui amène un peu plus de curieux (et de jeunes fauchés) à s’intéresser aux Beatles. Il n’empêche que le succès grand public ne vient pas de Liverpool et le groupe part faire les interviews et les concerts à Manchester. Et sans y être vraiment préparés, ils commencent à déclencher l’hystérie dans le public. C’est effectivement surprenant quand on ne s’y attend pas, mais ça ne déclenche pas beaucoup d’émotion chez nos quatre héros. En tout cas, ça en déclenche moins que leur rencontre avec Little Richard qui les rend complètement euphoriques. Quand le héros de McCartney leur fait des bisous, c’est la folie, ils sont officiellement hissés au rang de stars du rock. A vrai dire leur amour inébranlable de la musique émeut également ce grand fou de Richard, surtout qu’il sait qu’il en est un peu la cause. Pour la peine, il va apprendre à Paul comment pousser de bons « Ooooh » à sa manière. Si c’est pas cool ça... A la fin de l’année, Love Me Do a atteint la 17ème place des charts et y est resté pendant 18 semaines. Pas mal pour un début...

Pour la quatrième fois, ils retournent à Hambourg, où ce n’est que folie et démesure, ils doivent même être protégés par un nouveau venu dans l’équipe officielle Beatles, Mal Evans, gentil géant, ancien videur de boîte à Liverpool. Le répertoire du groupe est encore principalement composé de reprises de standards rock, dont Twist And Shout est le fer de lance, concluant toujours les concerts et malgré la fatigue, toujours mené tambour battant... Retour éclair en Angleterre où ils enregistrent quelques chansons en plus et toujours à un rythme effréné. On se demande encore comment ils ne sont pas morts d’épuisement...
Pour fêter dignement la fin d’année, ils retournent faire la fête à Hambourg. Ce sera leur dernier voyage là-bas...

Les gamins ont bien poussé. Il est temps de passer à l’étape suivante, les premiers succès vont tomber. Le monde n’a qu’à bien se tenir, ils viennent le conquérir... Ils ont (presque) tous 20 ans et ils sont gueudins...



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom