Portraits
The Beatles, mythe ou réalité ?

The Beatles, mythe ou réalité ?

par Psychedd le 25 novembre 2008

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Mais malgré tout ça, il sont forts, très forts. Ils sont à la radio, à la télé, dans les journaux, sur des culottes féminines aussi... Il ne manque plus qu’une chose pour créer le mythe ultime : le premier film des Beatles, sur les Beatles, avec les Beatles. Ce sera chose faite avec A Hard Day’s Night, étrangement traduit en français comme Quatre Garçons Dans Le Vent, dirigé par Richard Lester.
George, John, Paul et Ringo ne sont pas acteurs. Les figurants non plus. Forcément, un bataillon de furies qui vous course, ça n’aide pas à faire plusieurs prises, mais c’est tellement plus naturel !
Du cinéma réalité, avant la télé réalité. Vraiment trop forts !

Mention « Très Bien » à George qui rencontre la jolie Pattie Boyd durant le tournage (un indice, elle est dans le scène du train) et qui va finir par l’épouser. Attribuons également une mention spéciale à Ringo qui se débrouille vraiment bien et qui arrive même à jouer la comédie avec une gueule de bois et une nuit blanche dans les pattes.
À partir de ce moment, chaque Beatle est un personnage bien distinct :

  • John, le sarcastique
  • Paul, le romantique
  • George, le discret (et aussi grand cascadeur de l’extrême. Ça, c’est dans le générique)
  • Ringo, le rigolo.

Et c’est l’image qui demeure le plus. Richard Lester aime à plaisanter là-dessus en disant qu’il a inventé les Beatles, version images d’Épinal...
Sauf que les vrais Beatles continuent d’œuvrer dans l’ombre. Alcool, femmes, fêtes gigantesques. Oui, ça déconne bien en coulisses mais les apparences sont sauves. Les Fabulous Four sont là, mignons et rassurants, dans votre télé, votre radio. Dans votre salon quoi !
Un qui ne perd décidément pas de vue qui il est, c’est bien John dont le livre In His Own Write est publié le 23 mars. La critique a un peu de mal à saisir son style à la fois surréaliste et parfaitement cynique. Du Lennon quoi...
Les critiques sont en revanche dithyrambiques concernant A Hard Day’s Night, considéré comme le meilleur film musical jamais fait depuis West Side Story et commercialement, le succès de l’année.
En parlant de succès et parce que l’anecdote est quand même impressionnante, le 4 avril, Les Beatles sont 1, 2, 3, 4, 5, 31, 41, 46, 58, 65 et 79èmes dans le Top 100 des singles américains.

Musicalement, il semble que l’heure soit au changement. Les Beatles sont devenus un groupe pop, style qu’ils ont inventé (ça c’est pour faire un raccourci facile), et le rock n’est présent chez eux que par les reprises qu’ils continuent de faire sur les albums et en concerts. Ne pas perdre ses origines comme objectif premier. Au milieu de ce pandémonium, il s’agit de ne pas trop se choper le melon, ne pas oublier d’où l’on vient. C’est fort et ça permet aux garçons de garder un orteil ancré au sol.

Brian tient à garder un rythme olympique : dès le mois de juin, il planifie le prochain show spécial Noël, plus grand, plus beau, plus fort que celui de 1963.
Et c’est reparti pour une tournée... Coup dur, juste avant le départ, Ringo fait un malaise lors d’une séance photo. Le médecin est appelé aussitôt et est sans appel, vu l’état de la gorge complètement infectée du pauvre batteur, il ne va pas pouvoir être de l’aventure. Il faut lui trouver un remplaçant. Celui-ci sera choisi par George Martin et Brian Epstein, il s’appelle Jimmy Nicol et il ne doit vraiment pas se douter de ce qui l’attend...
D’abord une date à Copenhague puis la Hollande où ça commence plutôt mal : à leur arrivée, des fans voulant les approcher se jettent dans un canal. Les Beatles ne sont pas rassurés et le pauvre Nicol se demande dans quel pétrin il s’est fourré.

De toute manière, vu la manière dont les choses évoluent, la trouille commence à vraiment prendre le dessus... Des sets qui durent 55 minutes au grand maximum où la barrière de sécurité est devenue essentielle pour éviter un assaut des foules en extase, c’est pas une vie... L’Australie, où Ringo rejoint la petite troupe, La Nouvelle-Zélande. Puis un retour en Angleterre où nos quatre voyageurs intrépides et jet - lagués tentent de se reposer entre deux manifestations. En tout cas, c’est ce qu’espère John quand il achète une maison dans le Surrey... Du calme ! Des oiseaux qui chantent ! De l’herbe qui pousse ! Un véritable luxe quand depuis presque un an, on vit au milieu de hurlements. Avant de s’acheter une autre maison, plus proche de Londres parce que c’est quand même plus pratique pour rallier Abbey Road rapidement. Car oui... Les nordistes abandonnent Liverpool pour la capitale. Mais on ne peut pas vraiment parler d’installation. A peine atterris, à peine repartis.

Les tournées marathon se suivent et se ressemblent. Programme pour le groupe : avion - mission suicide dans foule hurlante - voiture - hôtel - mission suicide dans foule hurlante - voiture - scène - mission suicide dans foule hurlante - voiture - hôtel - mission suicide dans foule hurlante - voiture - avion et ainsi de suite... Partout où il passe, le groupe déclenche une hystérie de masse, ce qui est tout de même usant. Même pour un Beatle.
Août 64, re les USA, en long, en large et en travers.
C’est fini, le groupe n’est plus audible en concert, les décibels du public couvrent le buzz de leurs petits amplis. Forcément, le niveau baisse, plus la peine de s’accorder avant de jouer. Etre en rythme ? Chanter juste ? A quoi ça sert dans cette débâcle... ?

Ça sert à rencontrer Bob Dylan, nouvelle icône de la jeunesse protestataire, un song-writer engagé, inspiré. Pour beaucoup, l’équivalent américain de John Lennon.
En attendant, il a un train d’avance sur ces petits anglais. Pensant que des stars de leur envergure ont recours à des paradis artificiels, il leur fait découvrir la fumette. Et ça le surprend beaucoup. Il paraît qu’en écoutant I Want To Hold Your Hand, il s’est mépris sur les paroles, changeant les « I can’t hide » en « I get high ». Preuve que de tous temps, les paroles des Beatles ont été analysées, décortiquées et très souvent, mal interprétées. Une tendance qui ne fera qu’augmenter avec l’intellectualisation de leur musique... Outre les brancher sur le fumage de pétard, il explique aussi sa vision des choses quand aux situations sociales et politiques actuelles. Ça peut paraître rose comme ça, les Glorieuses Sixties, mais le temps est au changement et les USA foisonnent de mouvements underground, fortement politisés. L’Amérique s’enlise au Viêt-Nam, les droits des Noirs sont bafoués. Martin Luther King, tout juste Prix Nobel de la paix a beau essayer, le racisme est roi en Amérique. De plus, la jeunesse commence a en avoir sérieusement marre des valeurs de papa et maman. La consommation excessive commence à être montrée du doigt comme un véritable fléau. Les Beatles vont peu à peu prendre conscience de tout cela et modifier singulièrement leur façon de voir les choses en ouvrant un peu leurs esprits à des idées qu’ils n’auraient pas forcément imaginer avoir quelques mois auparavant. Merci Bob ! Paul en premier va se passionner pour la politique et la lutte antiracisme. Lennon aussi, même s’il avoue qu’il va certainement voter pour les conservateurs aux prochaines élections.



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