Portraits
The Jesus And Mary Chain, l'ombre et la lumière

The Jesus And Mary Chain, l’ombre et la lumière

par Milner le 7 juin 2006

En réponse au marasme musical du début des années 1980, deux frangins n’ont rien trouvé de mieux que former un groupe qui créera le lien manquant entre le gothique et le rock tout en ayant un œil braqué vers l’Oncle Sam. L’indie rock dans son plus bel éclat ...

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 Une devise : la clarté obscure

À cet égard, les frères Reid avaient depuis longtemps affiché leur goût pour les sulfates d’amphétamine. Les premiers concerts du combo étaient devenus des moments de légende dans les cercles indépendants de la capitale. Jouant devant un auditoire réduit, les Mary Chain acquirent leur notoriété en ne s’exécutant que sur une très courte période, certaines ne dépassant même pas les dix minutes de murs de feedbacks et de distorsion, tandis qu’ils s’appliquaient à jouer dos au public en ne leur adressant pas la moindre parole ! De nombreux concerts se terminèrent alors irrémédiablement par une destruction en règle du matériel sonore sur scène et dans le meilleur des cas, la foule suivait et déclenchait des bagarres ... Tout cela réjouissait bien évidemment Alan McGee, leur premier véritable manager, qui trouvait là une véritable occasion de faire connaître son groupe. En effet, il n’avait plus qu’à s’assurer que les journalistes invités étaient bien présents au concert pour laisser le gang noisy faire des siennes. Mais lorsque Blanco Y Negro « s’empara » de son contrat, il faut noter que les quatre donnèrent quelques suées au label. La violence qui s’échappait de leur prestation scénique devint si forte qu’elle culmina en un événement du folklore musical londonien. Le 15 mars 1985, le groupe se produisait à la North London Polytechnic devant la plus importante foule regroupée à un concert jusqu’alors. Le groupe de première partie Meat Whiplash avait auparavant jeté la confusion en lançant une bouteille en direction du public, comme pour haranguer les spectateurs au moment ou les Mary Chain monteraient sur scène. Et quand ceux-ci arpentèrent les hauteurs de la salle, la foule excitée déclencha une bagarre générale que toute la presse, présente ce soir-là, saura rapporter. On a estimé à 8.000 £ le coût des dégâts engendrés ainsi que quatre blessés qui durent être emmenés à l’hôpital. Cette épisode sera désormais connu sous le nom de « The Jesus And Mary Chain Riot ».

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Le groupe chez l’Oncle Sam, en 1985 (photo prise par W. Reid)

Dans le même genre d’idées, on peut également s’attarder sur l’épisode où le combo, jamais le dernier pour déclencher les ennuis, se fit expulser des bureaux de la maison de disques après une bagarre qui emmena William Reid au poste pour possession d’amphétamine en Allemagne. Tout cela déboucha pour la presse sur des comparaisons non vaines entre The Jesus And Mary Chain et The Sex Pistols. À l’instar du Anarchy Tour de la bande à Rotten, les Écossais étaient interdits d’entrée à Plymouth, Birmingham, Sheffield. Si bien qu’à la fin de leur tournée de 1985, une impressionnante escouade de policiers encadraient l’ultime étape à Brighton devant 600 fans qui surent bien se comporter ... tout comme les frangins Reid ! Alors que la reconnaissance et le succès commençaient finalement à pointer le bout de leur nez, Gillespie annonça en octobre 1985 son désir de se consacrer entièrement à son groupe Primal Scream et de ce fait quittait le groupe. Bien que cette annonce ne devint effective qu’au début de l’année 1986 après la fin d’une tournée, cela marqua profondément les Mary Chain puisqu’il allait de nouveau falloir trouver un remplaçant derrière les fûts alors que le combo semblait être solidement installé.

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La fratrie en pleine ébullition...

C’est John Moore qui s’appropria les baguettes du batteur pour une courte période de deux années qui ne l’aura pratiquement pas vu taper sur ses caisses en studio. Car, après la parution de deux singles à la nuisance guitaristique moindre (April Skies qui atteint la 8ème place des charts, leur plus grosse vente de singles et Happy When It Rains), un second album Darklands paraît en septembre 1987 et est enregistré dans sa quasi-intégralité avec une boîte à rythmes ! Les fans et la presse sont surpris, voire divisés mais le grand public embrayera. Bénéficiant d’un son plus mélodique, l’album fut entièrement conçu par le frères Reid ce qui explique donc l’absence de parties de batterie organique. Si bien que pendant la tournée, le pauvre Moore se vit confier la guitare rythmique pour faire acte de présence sur scène. Le manque de feedbacks sur l’album avait au moins le mérite de prouver que le talent de composition de la fratrie Reid était suffisamment important pour mériter un tel changement sonore. Les concerts du groupe, auparavant considérés comme la pierre angulaire de l’identité des Mary Chain et l’une des raisons de leur succès, seraient dorénavant occultés par les productions discographiques. En 1987 donc, ainsi qu’en 1988, ils tournèrent à travers le monde sans batteur, préférant embaucher un roadie à passer des rythmes programmés. Pour les fans de la première heure, ces concerts furent très mal perçus et certains n’hésitèrent pas à le manifester publiquement.

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Le noir et blanc leur va si bien...

Lors d’un concert au RPM club de Toronto en novembre 1987, Jim Reid frappa allègrement deux fans avec son pied de micro ce qui occasionna un séjour nocturne en prison. Contre le versement d’une somme de 500 £, il fut convenu qu’aucunes poursuite ne serait intenté envers sa personne.



[1Sources :

MAGAZINES

  • Q Magazine
  • Mojo
  • Rock & Folk
  • NME
  • Uncut

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