Portraits
The Jesus And Mary Chain, l'ombre et la lumière

The Jesus And Mary Chain, l’ombre et la lumière

par Milner le 7 juin 2006

En réponse au marasme musical du début des années 1980, deux frangins n’ont rien trouvé de mieux que former un groupe qui créera le lien manquant entre le gothique et le rock tout en ayant un œil braqué vers l’Oncle Sam. L’indie rock dans son plus bel éclat ...

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 Munki et le crépuscule du groupe

Il s’écoulera un long moment entre Stoned & Dethroned et Munki, l’album paru en 1998 qui marque, lui, le second virage d’une carrière et le début d’un besoin d’une reconnaissance par une nouvelle génération. Pour beaucoup, ce Munki marque l’entrée du groupe dans le rang, pour d’autres, au contraire, le combo prenait conscience subitement de la nécessité de refaire la soudure avec le public rock. Et bizarrement, c’est l’entente entre les deux frangins qui commence à s’effriter : « William et moi ne nous sommes pas vraiment bien entendus à cette époque-là. L’année précédente, on ne s’est même presque pas parlé. Munki est l’un de mes albums préférés mais on peut pas vraiment dire que c’est un album conçu par le groupe. William partait enregistrer avec le reste du groupe au studio quand j’étais pas présent, et vice-versa. Ce fut une période très pénible », raconte amèrement Jim.


Voilà qu’il devient clair que ce Munki sera le dernier album de The Jesus And Mary Chain. Bien que ce ne soit pas avant le mois d’octobre 1999 que la séparation devient officielle, une première engueulade éclata entre le guitariste Ben Lurie et William Reid dans le bus de tournée, peu avant de monter sur la scène du Los Angeles House Of Blues le 12 septembre 1998 pour une prestation à guichets fermés. Durant ce même concert, l’ambiance s’envenima et les frères s’engueulèrent même pendant une dizaine de minutes, provoquant le départ de William dès le lendemain. Jim, particulièrement éméché ce soir-là, reconnut honnêtement que ce fut tout simplement l’un de leur pire concert mais promit de poursuivre le reste de la tournée américaine et japonaise sans son consanguin ; un drame pour les fans qui commencèrent à venir se faire rembourser leurs places de concert. Tristement et sur la pointe des pieds, le groupe disparut. Sans la présence d’un des membres historiques, le groupe n’avait tout bonnement plus aucune raison d’exister. Quelques mots dans les journaux spécialisés, quelques amis qui écrivent leur peine, sans fracas, sans émoi, The Jesus And Mary Chain s’évanouit officieusement ...

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Le trio, pour un set tranquille en 1998

Une décennie plus tard, ce sont des groupes tels que The Ravonettes, Skywave ou Black Rebel Motorcycle Club qui remettent au goût du jour ce rock’n’roll tout en noirceur et en énergie brute. Mais, le vide est immense et la rock music ne semble plus être tout à fait la même. La parution en 2002 de la compilation de l’intégrale des singles 21 Singles 1984-1998 permettra de dérouler temporairement et le temps de quelques pages un survol essentiel de leur carrière, ceux de leurs singles, exercice de composition dans lequel les Écossais excellaient. Juste un témoignage, le dernier d’un de ceux qui ont fait découvrir une certaine idée du rock minimaliste. Il est possible de se rassurer : il y aura toujours encore des inspirés qui hurleront leur amour pour The Jesus And Mary Chain, ça ne fait aucun doute. Tout cela est signe que le rock’n’roll existe toujours ... pour ceux qui le désirent !

 [1]



[1Sources :

MAGAZINES

  • Q Magazine
  • Mojo
  • Rock & Folk
  • NME
  • Uncut

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