Portraits
Tomorrow ne meurt jamais

Tomorrow ne meurt jamais

par Our Kid le 31 janvier 2006

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La carrière des Pretty Things connaissait justement à cette époque un tournant décisif et la formation avait parfaitement réussi la transition du R&B vers la musique psychédélique, là où d’autres ont connu plus de difficultés, tels les Rolling Stones. Ils sont même considérés par certains comme les créateurs du premier opéra-rock avec S.F. Sorrow, et ce, bien avant Tommy des Who. Après deux albums au sein de la bande à Taylor, Twink rejoignit en 1970 Pink Fairies, qu’il avait rencontré sur scène auparavant et sortit avec eux un premier album culte, Never Never Land. Au bout d’une année passée à tourner inlassablement et à festoyer quand il ne tournait pas, Twink quitta une nouvelle fois sa formation avant la sortie de What A bunch Of Sweeties, album sur lequel il ne collabore pas. Il partit vivre un moment au Maroc puis en Normandie avant de revenir en Angleterre en 1972 et de fréquenter la scène de Cambridge, toujours active suite à l’effervescence provoquée par le groupe local Pink Floyd depuis déjà cinq ans. Il offrit d’abord ses services à The Last Minute Put Together Boogie Band, dont le chanteur, Bruce Payne, était la voix de la version américaine de Hair. Il fit de nombreux concerts dans la ville, sans réelles prétentions sinon de s’amuser, avant que ne déboule sur scène, un beau jour Syd Barrett. Twink connaissait Syd puisque Tomorrow avait souvent tourné avec Pink Floyd du temps où Barrett était encore leur guitariste. Invité par la petite amie du bassiste de The Last Minute Put Together Boogie Band, elle-même ancienne petite amie de Twink et de Barrett, Syd débarqua avec sa guitare et jamma avec le groupe. Twink alla même jusqu’à répéter avec l’ange déchu et former un trio avec lui et Jack Monk appelé Stars qui donna une demi-douzaine de concerts dans des lieux saugrenus de Cambridge comme sur la place du marché. Toutefois, après ces concerts, l’aventure se termina à cause d’une mauvaise critique que Barrett n’aurait pas supporté. Twink retourna à Londres et joua dans une multitude de groupes, toujours derrière ses fûts, pratiquant toute sorte de styles (new-wave, pub-rock...). Installé en Belgique à partir de 1985, Twink a monté son propre label mais a raccroché ses baguettes.

Suite à la séparation de Tomorrow, West tenta, en vain, de monter un super-groupe avec l’aide de Mark Wirtz. Aidé de Steve Howe, le chanteur s’adjoint les sevices du flamboyant batteur Aynsley Dunbar (Bluesbreakers de John Mayall notamment) et de Ron Wood à la basse (Jeff Beck Group, The Creation, désormais chez The Rolling Stones) pour quelques morceaux enregistrés en décembre 1968, On A Saturday, The Kid Was A Killer, She et The Visit. Il faut également signaler la présence du pianiste Nicky Hopkins durant ces sessions dont le style se veut plus blues-rock teinté de soul.

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Jusqu’en 1974, il réalisa quelques enregistrements avant de disparaître du circuit malgré son travail de producteur pour quelques groupes inconnus. Il demeure aujourd’hui l’archétype du talent de la scène psychédélique sixties qui n’a pas concrétisé son potentiel, à l’instar d’un Syd Barrett ou d’un Kevin Ayers.
Quant à Howe, après avoir collaboré avec West, il joua avec Bodast à partir de 1969 avant de rencontrer le succès avec le groupe progressif Yes dont il est toujours membre malgré ses excursions avec Asia dans les années 1980.

Juste retour des choses, en juin 1975, le groupe britannique Nazareth ressuscita le classique de Tomorrow My White Bicycle en le hissant à la 14ème place des classements. Preuve que Tomorrow a encore de l’avenir.

DISCOGRAPHIE :

Singles

  • mai 1967 : My White Bicycle / Claramount Lake
  • septembre 1967 : Revolution / Why

Albums

  • février 1968 : Tomorrow Featuring Keith West

 [1]



[1SOURCES :

-* Unknown Legends Of Rock’N’Roll par Richie Unterberger, Miller Freeman, San Francisco, 1998.
-* The Tapestry Of Delights : British Beat, R&B, Psychedelic and Progressive Rock 1963-1976, par Vernon Joynson, Borderline, Londres.

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