Portraits
Van Der Graaf Generator, le rock autrement

Van Der Graaf Generator, le rock autrement

par Vyvy le 4 novembre 2008

Cette story a été publiée pour la première fois sur ce site en septembre 2006.

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Tout semblait aller pour le mieux... mais brouillé avec Mercury (qui avait peu apprécié l’initiative de leur manager) et qui, de plus, n’avait signé que certains des membres et s’étant fait voler leur matériel (se trouvant donc dans l’incapacité de jouer, et encore plus d’enregistrer), leur manager parti aux États-Unis... Tout (ou presque) contribua à la cordiale séparation du premier Van Der Graaf, après un bon dîner, alors qu’aucun album n’avait été publié.

Peter Hammill, seul signé à Mercury, s’attelle après la séparation à la création d’un album solo. Mais sa musique n’est pas une musique de solitaire, il a besoin d’autres musiciens. Il fait donc logiquement appel à ses amis de Van Der Graaf. L’album reprend donc beaucoup de titres écrits par Hammill, et qu’il aurait fait jouer au VDGG s’il avait encore existé. Mais les conditions d’enregistrements, comme d’habitude, laissent à désirer. Répété en 6 heures, 12 heures d’enregistrement, 6 heures de mixage ! Strat, de retour de chez l’Oncle Sam, va aller voir Mercury et s’accorder sur un deal étrange : l’album, The Aerosol Grey Machine, sera distribué aux États-Unis uniquement, sous le nom de VDGG (et non celui d’Hammill) et en échange, Peter Hammill sera délivré de son encombrant contrat.

Ainsi, sans aucune promotion et dans un pays où ils ne se sont jamais produits, le premier disque, bâclé, des VDGG verra le jour, et ne sortira pas de l’anonymat.

 1969- 1972, Van der Graaf Generator « première » génération

Malgré The Aerosol Grey Machine, VDGG ne s’est pas officiellement remis ensemble. Tandis qu’Hammill joue en solo, Guy Evans a rejoint The Misunderstood, où il va se lier avec Nic Potter. Keith Judge Smith, ancien membre fondateur, a mis en place un groupe (The Heebalob) comptant parmis ses membres Dave Jackson, saxophoniste de son état. Les deux groupes, Misunderstood et Heebalob, se séparent. Evans amène Potter dans une nouvelle équipe de VdGG avec Banton et Hammill ; à l’opposé, Ellis décide de ne pas participer au VDGG et rejoint les autres membres des anciens Misunderstood. Sous les conseils de Judge, Dave Jackson envoie une maquette des feu-Heebalob à Hammill, qui engage Jackson sur le champ. Van Der Graaf est reformé, autour de cinq membres, Hammill, Banton, Evans, Potter, et Jackson.

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Banton, Hammill, Potter, Evans & Jackson

Libéré de Mercury, Hammill et ses acolytes ont le choix entre plusieurs maisons de disques. Mais, leur manager Strat ne l’entend pas ainsi. Dégoûté des grosses maisons suite aux problèmes avec Mercury, il crée sa propre maison Charisma, avec laquelle VDGG signe évidemment (au même titre que Genesis...).

Le groupe se rôde au cours de quelques concerts en Angleterre. Mi-décembre 1969, on peut les voir retrouver le chemin du studio. En 4 jours, ils vont enregistrer leur deuxième album The Least We Can Do Is Wave To Each Other. Le son VDGG a bien évolué depuis leur premier opus, les vents de Dave Jackson sont fortement presents comme le montre la cascade de son qu’il nous offre à la fin de White Hammer. L’activité du groupe leur permet de se faire remarquer et de passer, en janvier 1970 sur la BBC. Ils sont dans une période prolifique où certains de leurs plus grands succès sont écrits. Ainsi en 1970 encore, sort le single Refugee/The Boat Of Millions Of Years.

Refugee
 
I walked the waters’ depths and played my mind.
East was dawn, coming alive in the golden sun :
the winds came, gently, several heads became one
in the summertime, though august people sneered ;
we were at peace, and we cheered.

Les concerts s’enchaînent d’avril à juin 1970 à travers l’Angleterre encore une fois. Et les particularités de VDGG, par rapport aux musiciens de son temps (scène progressive y compris), s’exacerbent. L’absence de guitares électriques (dont Hammill ne met jamais en avant, la guitare a ici un rôle rythmique et est de plus souvent acoustique), la proéminence de l’orgue (bidouillé par Banton, passionné de mécanique, qui arrive à tirer des sons incroyables de son instrument) et des saxophones (au nombre de deux souvent joués en même temps par le génie qu’est Dave Jackson), la voix inimitable de Peter, tout cela fait la magie Van Der Graaf. Au cours de leurs concerts, l’imprévisible est de rigueur. De longues improvisations, des chansons radicalement altérées par rapport à leur version studio, des cris inhumains, tout cela fait parti du show VDGG.

Juillet 1970 les voit débarquer en Allemagne pour quelques dates, qui les marqueront... Nic dépeint ainsi un festival à Munich ou entre 99% et 100% de l’audience était droguée...

C’est alors le temps de retourner aux studios Trident. Les VDGG vont y enregistrer leur troisième album, H To He Who Am The Only One au cours de l’automne 1970. Là encore, il a en lui quelques un des titres phares des futures prestations scéniques du groupe, telles Killer et Lost. Les compositions d’Hammill se font plus dures, plus personnelles, plus crues.

Killer
 
On a black day in black month
at the black bottom of the sea,
Your mother gave birth to you and died
immediately ....
’Cos you can’t have two killers living
in the same pad
and when your mother knew that her time had come
she was really rather glad.

Mais là encore, le temps passe et la composition de VDGG ne se ressemble pas. Le jeune Nic Potter (17 ans !) décide de quitter le groupe au cours des éprouvantes sessions d’enregistrement de H To He.... Hugh Banton, du haut de son orgue bidouillé, gérera dorénavant la basse.



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