Concerts
U2

Saint Denis (Stade de France)

U2

Le 10 juillet 2005

par Fran le 20 juillet 2005

C’est le sésame en poche et l’excitation au ventre que nous nous dirigeons vers l’antre de Saint-Denis qui reçoit pour 2 soirs le Vertigo Tour.

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Accueillis par une baraque à frites au sortir du RER, celle-ci diffusera en boucle le dernier album du combo qui accompagnera nos pas jusqu’à la tant désirée Porte C ! S’en suit une longue mais agréable attente de 4 heures en compagnie de trentenaires, quadras et autres jeunes cons comme moi. Les oreilles aux aguets, nous captons les balances : celle de Sunday Bloody Sunday recevra quelques réactions enthousiastes sans pour autant soulever tout ce beau monde, trop abattu par ce Sunday « Sunny » Sunday.

L’effet brebis fonctionne et à 16h15 les portes daignent s’ouvrir. Les rares barrières peinent à contenir la foule qui presse sans retenue. La fouille est rapide, le ticket si durement acquis est déchiré sans vergogne et nos jambes nous propulsent vers le stade. Nous dévalons les marches 4 à 4 et c’est un sprint mémorable qui nous amène au devant de la scène ! « Impressionnante », le mot est faible : elle occupe tout le virage nord du stade avec son mur d’ampoules géant (procédé inédit et coûteux). Les gens au loin ou de petite taille apprécieront les 2 grands écrans qui entourent la scène tandis que les plus chanceux pourront voir de près le groupe déambuler sur les deux grands bras qui perforent la fosse et qui se terminent par 2 spirales rouge et noir. La chaleur qui accable le stade ne peut contenir nôtre enthousiasme : les olas se succèdent, un fossayeur fait soudain surface et harangue la foule qui répond sans hésiter par des hourras.

19h15 : The Music fait son entrée et nous offre un bon set : la voix du chanteur est dingue (ses déhanchements tout autant) et le batterie (omniprésente) permet de tester la résonance du stade qui crée un effet incroyable. Suit Snow Patrol qui aura moins de chance : le guitariste passera la moitié de son temps à s’énerver sur son roadie qui fait ce qu’il peut pour que l’on entende quelque chose sortir de son instrument. Le public est également moins réceptif aux compositions de ces jeunes irlandais pourtant prometteurs, le très beau « Run » se termine néanmoins sous une salve d’applaudissements.

L’excitation est à son comble, les roadies s’affairent puis la scène se vide. La guitare saturée de Wake Up d’Arcade Fire retentit soudain. Certains accueillent ce morceau en entonnant des « ooohhh ooohhh oohh... » à n’en plus finir tandis que des oreilles moins averties s’étonnent : « mais c’est U2 çà !? » ; « c’est quoi ce titre !? » ...l’emphase et le lyrisme de ces Canadiens a en effet de quoi surprendre le fan averti de U2.

Ce sont sous des cris d’hystéries et mitraillé de flashs que le groupe apparaît. Larry s’affaire sans tarder sur ses fûts, Bono saisit son micro, le fusionnement des voix et des corps peut commencer : « helloooo helloooo ... uns, deux, trois, Louis quatoooorze ». Le riff de Edge soulève le stade et c’est parti pour plus de 2h de communion ! Le son est énorme, la voix de Bono que l’on sait fatiguée depuis quelques années est de surcroit couverte par plus de 80 000 personnes en liesse ! Vertigo se termine à peine qu’Adam à déjà commencé Out Of Control. 25 ans nous séparent de ce premier single qui n’a pas pris une ride. Tout s’enchaîne à une vitesse folle, Bono introduit The Electric Co de la façon la plus sobre qu’il soit : « First album, second song ». Il entonnera Send In The Clowns des Smashing Pumpkins ainsi que I Can See For Miles des Who à la fin de la chanson. Cette habitude que le groupe à prit de débuter ses concerts avec ses plus vieux titres est des plus jouissives ! The Edge peut exprimer tout son talent, celui qui a value à U2 d’avoir ce son si spécifique, inimitable.

C’est ensuite le loop d’Elevation qui retentit : le groupe ne peut contenir les voix du stade et c’est un karaoké géant qui s’amorce, ne reprenant le flambeau qu’au milieu du morceau. La ligne de basse de New Year’s Day déchire le ciel et les hourras fusent de toute part. Je crois que c’est sur ce morceau que je me suis rendu compte de ce que j’étais en train de vivre et j’avoue ne pas avoir pu contenir mes larmes sur le solo de Edge. Le soleil fini par se coucher mais cette ascension émotionnelle ne saurait retomber avec Beautiful Day, à la fin de laquelle Bono reprend Here Comes The Sun des Beatles. Edge entame I Still Haven’t Found What I’m Looking For tandis que Bono remercie le public parisien pour ces deux soirs « very specials ». Le public lui répond en reprenant en coeur ce véritable « gospel-rock ».

Retour sur le dernier album avec City Of Blinding Lights : Edge monte très haut dans les aigus et tout s’accélère soudain. Le mur d’ampoules bénéficie désormais d’une obscurité suffisante pour nous en mettre plein la vue et le stade est paré de rouge et de noir. Accalmie générale dans l’assistance au son de Miracle Drug : ballade trompeuse sur laquelle Edge ne lâche rien. Suit Sometimes You Can’t Make It On Your Own que Bono dédie tout naturellement à son père et dont la silhouette stylisée marchera tout au long de la chanson sur l’écran géant. Bono reprendra « The Black Hills Of Dakota » ainsi qu’un air d’opéra « Torna a Surriento » à la fin.

Le ciel s’assombrit considérablement tout comme les morceaux choisis. Love And Peace Or Else retentit, la basse est énorme et le sol paraît se dérober sous nos pieds. Larry rejoint l’un des cercles avancés sur lequel l’attend un tambour qu’il bat tel un prédicateur. Il a à peine rejoint sa batterie qu’il introduit le titre que tout le monde attend, l’hymne rock de toute une génération : Sunday Bloody Sunday résonne, les gens s’époumonnent mais Bono n’oublie pas le message originel de ce titre. Il le réactualise en arborant un bandeau sur lequel est écrit : CoeXisT avec le croissant musulman, l’étoile de David et la croix chrétienne. Puis ce message d’espoir utopique est balayé d’une déflagration électrique signée The Edge en pleine reprise du refrain : c’est Bullet The Blue Sky qui s’invite à la fête. Sans doute le plus beau souvenir de la soirée avec un Edge impérial qui fait littérallement rugir sa gratte, un Bono déchainé dont le cri résonne dans tout le stade et ces claps incessants, invoquateurs, éternels... L’émotion est à son comble et ce n’est pas Running To Stand Still qui saura la faire retomber (Bono la dédie à la ville de Londres). Edge alterne piano et guitare, la batterie et la basse sont toutes en retenue. L’interprétation de Bono est magnifique, sa voix fait des prodiges sur Amazing Grace qu’il entonne à la fin : frissons au rendez-vous.

Le groupe se retire un court instant. La déclaration universelle des droits de l’homme est prononcé par une douce voix féminine tandis que le texte s’écoule lentement sur l’écran géant.
Après çà, on sort l’artillerie lourde au profit de l’Afrique : Pride d’abord, à la fin de laquelle Bono prononcera quelques mots en français (« ...ce soir c’est un rêve africain ») puis Where The Streets Have No Name où resurgissent les slogans du Live 8 (« Make poverty history » ; « No more excuses ») et enfin One qui clôt de la plus belle des manières cette première partie.

Le retour est explosif et nous fait revivre cette folle et féconde époque Zoo TV. L’écran géant est transformé en machine à sous. Les visages des dirigeants des 8 plus grandes puissances mondiales sont sifflés sans retenue avant que le « Zooropa Baby » fasse son apparition sous les hourras de la foule. Ce dernier nous répond d’un mécanique « Mama...Mama...Mama... » avant d’être pulvérisé par le son caverneux de la guitare de Edge qui annonce Zoo Station. Bono arbore une belle tenue militaro-diabolique rouge et noir et se fait ange de l’apocalypse sur The Fly. Les solos de Edge sont dévastateurs, l’éraillement est poussé à l’extrême et les lumières sont magnifiques. La douce ligne de basse de With Or Whithout You vient calmer les ardeurs et une jeune fille a la traditionnelle chance de monter sur scène avec Bono (jalousie dans les rangs).

Le groupe se retire à nouveau avant de nous offrir un second rappel aux couleurs du dernier album. All Because Of You réveille le stade d’un seul bond puis Yahweh, titre qui est loin d’avoir mes faveurs mais qui ce soir, joué acoustique, a réussi à me convaincre. Et c’est enfin Vertigo, joué une seconde fois, qui clôt le set.

La boucle est bouclée mais le vertige est sans fin !



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