Pochettes
Abbey Road

Abbey Road

The Beatles

par Milner le 31 mars 2005

paru le 26 septembre 1969 (Parlophone / EMI)

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Le choix de la rue du Nord de Londres où se trouvent les studios d’EMI fut purement fortuite. Quoi de vraiment surprenant, d’ailleurs, quand on sait que, pour The Beatles, l’improvisation a toujours été la meilleure garantie de créativité ? Les amateurs de symboles allaient être pleinement satisfaits de cette pochette. En effet, le message implicitement contenu dans cette couverture était que la boucle était bouclée : sept ans tout juste après avoir mis pour la première fois les pieds dans le studio n°2 d’EMI, The Beatles rendaient un vibrant hommage en forme d’adieu au lieu où ils inventèrent, où ils créèrent tant de choses. John Lennon, Ringo Starr, Paul McCartney et George Harrison, l’un derrière l’autre, venant rendre hommage à The Beatles, sur le plus beau lieu de pèlerinage qui puisse être imaginé !

Pourtant... 1969. The Beatles ont cessé leurs tournées depuis trois ans. Pour de nombreux fans, c’est le signe que quelque chose est bien fichu au royaume de The Fab Four. Les rumeurs les plus diverses et les plus extravagantes se sont mises à circuler : The Beatles se sépareraient, et pire, l’un d’eux serait mort. Un artiste ressemblant étrangement à Paul McCartney n’était-il pas décédé dans un accident de voiture en Amérique, à Detroit ? La rumeur s’enracine et se résume désormais en une phrase : Paul McCartney est mort au volant de son Aston Martin en 1966, et a été remplacé par un sosie. La preuve ? La pochette du disque Abbey Road, qui vient de sortir ! Cette rumeur serait partie d’un certain Russ Gibbs, de la station WKNR, à Detroit, dans le Michigan. De là, elle s’est répandue en un temps record à travers toute l’Amérique, puis en Europe. Certaines personnes dites « bien informées » ont conclu, lorsqu’elles ont vu le disque Abbey Road pour la première fois, qu’il n’y avait aucun doute : Paul était bien mort, et c’était le fameux sosie qui le remplaçait sur la photo de la pochette. Mais justement, qu’a-t-elle de si curieux, cette pochette ?

- À gauche de la photo : un cimetière. À droite : l’au-delà ; l’idée est appuyée par l’appellation Abbey Road.
- The Beatles traversent la rue de gauche à droite : ils accompagnent le vrai McCartney dans la mort, vers l’au-delà : idée reprise à partir des légendes antiques où il fallait franchir le fleuve de la mort.
- Lennon est en blanc, couleur de deuil dans certains pays : c’est le prieur.
- Starr est en noir : symbole du croque-mort.
- Paul, ou plus exactement le faux Paul, symbolise le mort lui-même ; il est pieds-nus, c’est ainsi qu’on enterre les morts du côté de l’Inde. Clin d’œil aux initiés : il tient sa cigarette de la main droite, alors que le vrai Paul était gaucher.
- Tous marchent au pas sauf lui, afin de symboliser le cas McCartney.
- Harrison est en jeans : il symbolise l’esprit Beatles tout entier, mais aussi le fossoyeur.
- À droite, le long du trottoir, la voiture de police est une fourgonnette de la morgue municipale.
- Enfin, à gauche, la Volkswagen est immatriculée LMW 28 IF ce qui signifie :
L : living
M : McCartney
W : was
IF : si
28 : 28 ans (McCartney aurait eu 28 ans à la sortie d’Abbey Road s’il était encore vivant. Rappelons qu’il est né le 18 juin 1942).

Voilà : cela fait beaucoup et laisse presque songeur. Si l’histoire n’a malheureusement retenu d’Abbey Road que le fameux passage piéton, ce n’est pas une raison pour négliger les nombreux clins d’œil qu’apporte la pochette dans les disques de Booker T & The MG’s (McLemore Avenue de 1970), le Abbey Road EP des sautillants Red Hot Chili Peppers ou encore, preuve ultime du succès indéniable de cette couverture, McCartney en personne reprenant le même concept sur son album Paul Is Live où on l’aperçoit traverser seul avec son chien le célèbre passage protégé.

Pourtant, à l’orée du troisième millénaire, des petits malins ont appliqué le même sort qui était déjà arrivé à Lucky Luke ; McCartney s’est vu retirer sa cigarette sur les albums à venir au moment où l’Occident entamait une gigantesque opération sanitaire. Ce sont les mêmes petits malins qui ont peuplé la Terre depuis l’aube de l’humanité et qui terrorisent faussement les auditeurs potentiels dont le seul but dans la vie est de se faire plaisir.

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