Focus
Le metal expliqué à Thomas VDB

Le metal expliqué à Thomas VDB

par Thibault le 10 août 2011

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Alors là, on est colère. On en a vu, lu et entendu des conneries, on peut en bouffer toute la journée sans broncher, on a un seuil d’alerte de plus en plus laconique, laxiste même, mais là faut pas déconner non plus !!! Là, y’a de quoi s’énerver.

Pourtant, on était mis en condition. A la suite du Hellfest est arrivé un cortège d’articles fleurant bon le n’importe quoi. Compte-rendus indigents, « papiers d’ambiance » torchés par des hipsters en roue libre, live reports bâclés écris par des sourds analphabètes, tout le monde s’y est mis sans la moindre retenue. A vrai dire, l’un des articles les plus propres et concis sur le festival a été signé par Ouest France, ce qui en dit très long sur le trou noir qu’est la critique culturelle dans la presse ou sur internet. Donc, à part Ouest France et un hors série appliqué de Rock Hard entièrement consacré au festival (quand les Inrocks & Folk bredouillent des âneries sur un timbre poste), c’était plutôt piteux et on attendait de pied ferme un bon coup de gueule, une mise au point qui en jette un peu, un reportage de fond qui fait oublier tout ce qu’on subit depuis des semaines.

Que voit-on arriver ce mardi 2 août ? Une émission d’une heure sur France 4 signée Thomas VDB se voulant ludique, passionnée et pédagogique pour offrir une nouvelle image du metal. Dans un reportage appelé « le metal expliqué à ma mère », Thomas VDB, « journaliste rock » et amateur de metal depuis son adolescence, au grand dam de sa chère maman, entend présenter la musique qu’il aime et qu’il connait sous un meilleur jour. Parcourant le Hellfest durant ses trois jours, il veut en montrer une image positive, pertinente, capable de faire changer d’avis ceux qui auraient des préjugés sur ce style tout en étant fidèle à ce qu’est le metal. Fort bien, on ne demande pas mieux.

On s’est y repris à trois fois pour regarder cette purge dans son intégralité. On écarquille les yeux devant tant de vacuité, de bêtise et de contre-sens embarrassants, on y reviendra en détails. Presque aussi inquiétant, le reportage est accueillie avec une molle bienveillance par la communauté metal. Personne ne s’offusque ni ne réagit. Tout au plus brandit-on l’étendard mou du « ça aurait pu être pire ». En effet, pour certains, le fait que ce reportage soit « grand public », adressé à « maman », autorise l’approximation, l’erreur, pour ne pas dire le n’importe quoi du moment que l’on répète suffisamment de fois que le metalleux est un animal comme les autres et qu’il ne fait de mal à personne.

Pardon, mais c’est se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au trognon. Nous sommes en 2011 dans un pays libre, où les hipsters courent toujours. Aux dernières dépêches, le metalleux n’est ni un animal nuisible, ni un fauteur de trouble, ni une minorité persécutée ni un malade mental. Personnellement, je me souviens être récemment tombé sur un épisode de Sœur Thérèse.com (et là, c’est le peu de critic credibility qui me restait qui part en fumée) qui mettait en scène (enfin, faut le dire vite et sans penser à McTiernan, ça) une jeune gothique qui écoutait la musique du démon. Incroyable mais vrai, l’adolescente n’était pas montrée comme une hystérique bordeline ou une paumée incurable à tendances suicidaires mais comme une gamine lambda avec des problèmes de gamine lambda et des préoccupations de gamine lambda de son âge. Sur TF1, dans un épisode de Soeur Thérèse.com, autant dire à l’endroit où l’on peut craindre un carnage sans nom. Mais non, une gamine lambda, rien d’autre. Même pas de morale à la fin. Un comble, tout fout le camp ma brav’ dame, même dans les productions TF1.

Même eux trouvent que ces garnements ne sont pas bien méchants.

Les pogroms de metalleux sont relativement rares, on ne leur jette pas des cailloux à la sortie du métro, les festivals et concerts de metal se portent bien, bref, la situation n’est pas alarmante. Il ne s’agit pas de prétendre tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, au contraire, il faut avoir un regard réaliste pour cerner les réels problèmes du metal en France. Une tâche qui était formidablement menée par le très regretté Patrick Roy. On peut parler de metal à l’Assemblée Nationale pour des questions d’ordre artistique et culturel (!) sans créer de polémique ni marcher sur des œufs. On n’imagine pas la même chose avec du rap.

D’ailleurs, de l’aveu de Thomas VDB, cette émission n’est ni de son initiative ni le fruit d’une lutte interminable avec la chaine pour imposer un créneau mais de celle du gouvernement français. C’est Frédéric Mitterrand, Freddo Paillette, l’incarnation de la culture post-khâgneuse molle du gland, qui a demandé au président de France Télévisions une émission sur le metal suite au décès très médiatisé de Patrick Roy. On peut trouver la démarche opportuniste et malhonnête, néanmoins quand le ministre de la khûlture demande une émission sur le metal, on saute sur l’occasion. De fil en aiguille, la mission revient à Thomas VDB qui choisit de la jouer décontractée, « mi journaliste mi potache », parce que c’est selon lui le ton qui convient à une émission d’une heure sur le service public.

C’est là qu’on se renfonce le doigt dans l’œil. Le reportage n’est pas destiné au prime time, il est diffusé en troisième partie de soirée sur France 4, à 23h30 précisément. Autrement dit, il ne s’adresse pas au grand public mais vise pour ainsi dire la même cible que Tracks sur Arte. De plus, une majorité de spectateurs va découvrir l’émission en replay sur Internet. Autant dire que le pourcentage de mamans effrayées par le metal qui tombent sur le reportage en zappant un soir d’août à minuit est réduit à la portion congrue.

Rajoutons qu’assimiler « reportage grand public sur le service public » à « mi journaliste mi potache » témoigne soit de cynisme soit de stupidité, en tout cas de je m’en foutisme. Ma chère maman a des préjugés sur le metal, elle aussi, mais je pense qu’on peut éviter de la prendre pour une conne et il est envisageable de lui parler comme à une adulte capable de comprendre et de réfléchir. Tant pis pour elle, Thomas VDB s’emploie pendant une heure à répéter, à travers toutes les pitreries les plus tartes et les blagues les moins fraiches, que le metal c’est « bon enfant » et ça ne fait de mal de personne, surtout.

« Bon enfant », je crois qu’on tient le noeud du problème. On offre une tribune d’une heure à des reporters pour monter un dossier avec relativement peu de contraintes. Ils n’ont vraisemblablement pas entièrement carte blanche mais si le gouvernement français réclame un reportage sur le metal, ce n’est pas du tout dans son intérêt de vouloir biaiser ce qui sera à l’écran. Ils savent bien qu’on leur tombera dessus en cas de doute et qu’il vaut mieux jouer la carte de la franchise. Le reportage n’est pas l’expression d’une volonté de contrôle ni de propagande. On imagine bien Freddo Paillette, un peu gonflé par cette histoire, aller toquer à la porte d’Hervé Bourges et lui dire « mon Hervé, coince moi une heure de metal sur le service public durant l’été, fais ce que tu veux je veux pas le savoir, c’est juste pour marquer le coup et qu’on arrête de nous briser les noix cinq minutes ». D’ailleurs, encore de l’aveu de Thomas VDB, si l’initiative vient d’en haut, toutes les idées de réalisation et d’écriture sont de lui. On connait le coupable.

Donc, « bon enfant », disais-je ! On offre une heure à Thomas VDB et celui ci ne trouve rien d’intéressant à dire si ce n’est que le metal c’est sympa, dis donc. Quelle audace ! Retenez le, il va mettre le pays à feu et à sang. C’est un fou ce type, un dangereux révolutionnaire. Quelle grande gueule ce VDB, un vrai fouille merde. On lui confie une heure sur le service public et il nous prépare le même ragout que Le Petit Journal de Canal + lors d’un concert d’AC/DC. A y réfléchir, c’est exactement ça. A chaque gros concert de metal parisien (type Metallica, AC/DC et autres poids lourds), l’équipe du Petit Journal, pas exactement composée d’éminents spécialistes de la discographie de Meshuggah, va faire un tour dans les travées de Bercy ou du Stade de France histoire de récolter quelques grimaces, hurlements et fesses de metalleux. Ce n’est pas bien finaud, ça passe à l’antenne pendant une minute, ça ne véhicule pas l’image rêvée du metal mais c’est plutôt « bon enfant » pour le coup.

On accepte ce genre de choses sans pousser de cris d’orfraies parce que de tels micro reportages sont signés par des personnes qui ne se revendiquent ni amateurs ni spécialistes de metal et qui ont des contraintes beaucoup plus lourdes vu qu’ils passent en prime time dans l’émission qui est au PAF ce qu’Apple est à l’informatique. Et cet âne de VDB n’arrive même pas à se hisser à ce niveau pendant une heure ! Non, il fait chiant, mou, bien plus mauvais, alors qu’il est sensé apporter son éclairage de connaisseur. C’est quand même dingue de se dire qu’il y a autant de parti-pris et de point de vue sur le metal dans trente secondes de Yann Barthès que dans une heure de Thomas VDB.

Allez directement et précisément à 21 minutes et 45 secondes du reportage. Vous verrez l’étendue des dégâts dans tout son jus. VDB nous invite à visiter le chambre d’hôtel du chanteur de Total Fucking Destruction. Il nous avertit que les metalleux sont des sauvages, qu’ils aiment tout détruire, notamment les chambres d’hôtels, leur péché mignon. Une fois arrivé dans la chambre, propre et ordonnée comme on s’y attendait, le VDB se ridiculise en sautant sur le lit et en pointant du doigt une serviette qui traine en disant « oh, le punk ! Il laisse trainer sa serviette ! ». Une facepalm en uranium appauvri, pas moins.

Cette anecdote est très révélatrice. On offre une tribune à un crétin qui met un point d’honneur à faire des blagues pas drôles sur des sujets inintéressants. Maman se fout complètement de savoir si le chanteur de Total Fucking Destruction a cassé sa télé. Ça ne l’intéresse pas davantage que la dernière cuite d’Amy Winehouse. Ces anecdotes sont de l’ordre du prétendu « rock’n’ roll way of life », elles ne font illusion qu’auprès des gamins de dix sept ans qui viennent d’acheter leur premier R&F. On est simplement hors sujet. Ce qui inquiète avant tout maman, c’est l’image morbide du metal, sa violence.


En ce qui concerne la violence de la musique, une piste est lancée dans le reportage par Rob Zombie lors d’une brève interview. Le musicien et metteur en scène trace un parallèle entre le metal et les films d’horreur propice à explications. On peut juste rappeler que ces formes de violences ont un but artistique et qu’elles obéissent à des codes et règles, que les créateurs et le public sont conscients de ça et qu’ils ne mélangent pas tout. Sans partir dans des considérations très poussées, on peut simplement dire que le metal, à l’instar des films d’horreur, est un exercice de dosage de la violence, de contrôle et non pas de boucherie gratuite. Expliquer rapidement pourquoi les chanteurs gueulent comme ça, pourquoi ce son, des questions à traiter de manière rapide et pédagogique mais avec un minimum de rigueur et de souci de mettre en valeur des musiciens. Que dit-on à ce sujet dans le reportage ? Absolument rien.

Pourtant, une telle volonté aurait été salutaire, car bien davantage que des rumeurs bidons d’occultisme, c’est la radicalité musicale du metal qui pose problème à beaucoup de personnes. Selon les mots de Thomas VDB, sa mère était avant tout heurtée par cette violence : "ma mère me disait lorsque j’écoutais du metal : « ah mais c’est horrible ce truc, il ne chante pas, il gueule ! »" Expliquer cette violence et la démarche qui sous-tend son expression n’est pas la marotte de trois mélomanes égarés dans un monde parallèle, au contraire, il faut montrer que ça a beau être bruyant et radical, c’est un exercice musical au même titre que d’autres.

A la place, le reportage se contente de montrer quelques groupes avec pour seuls commentaires des babillages du genre « alors eux c’est Turisas, c’est du viking metal, ils ont des costumes ! » V’là la pertinence des choix et du point de vue. Niveau extraits de concerts au Hellfest, on a droit à un enchainement du tonnerre : Judas Priest, Hammerfall, Ghost, 1349, Turisas, Apocalyptica, les cadavres des Stooges et des Scorpions en décomposition avancée... Le reportage ne propose pratiquement que des groupes de seconde zone dans un festival qui permet d’aborder d’excellentes formations. Les choix de Thomas VDB se limitent à évoquer rapidement Total Fucking Destruction ou 1349 parce que c’est trop cool de montrer à la télé du grindcore (trop lol) ou des mecs avec de vilaines peintures de guerre. Tel un Zack Snyder du rockumentaire, Thomas VDB va à la rencontre du guitariste d’Hammerfall, lequel assure que le heavy metal est le meilleur genre musical de l’Histoire. Vraiment trop cool, non ?

1349. C’est de la merde inécoutable, mais c’est avec eux que l’on va « dédiaboliser le metal auprès du grand public » !

Seule tentative d’explication musicale du metal, le fameux coup de la « note satanique », du triton ! Contrairement à ce qui est dit dans le reportage, le triton n’est pas une note « interdite » ou « démoniaque » utilisée dans le metal pour sonner comme les Lucifer de la musique. Le triton est un intervalle, c’est à dire un écart entre deux notes, à savoir entre la fondamentale et la quarte augmentée. Selon la gamme (ou le mode) dans laquelle on est, le triton ne désigne donc pas les mêmes notes. Après des années d’utilisations, cet intervalle a été banni de la musique religieuse au Moyen Âge durant un certain temps car il était jugé trop cassant dans l’harmonie. Bref, un petit tour sur Wikipédia évite ce genre de contresens. Le triton n’est pas la « note du metal », beaucoup ont utilisé cet intervalle avant, beaucoup de groupe de metal n’en utilisent pas. Si on veut blaguer là dessus tout en étant rigoureux, il existe un formidable épisode de Kaamelott sur le sujet.

Citons un autre moment improbable. Le présentateur aborde un sociologue venu enquêter sur le terrain au sujet des festivaliers. On reste abasourdi par la portée de l’échange, où le chercheur du CNRS, qui mélange un peu langage parlé et langage écrit, merveille de l’aisance des universitaires français, represent mothafucka, explique que les festivaliers sont là pour caricaturer les valeurs de mort et de satanisme avec lesquelles ils ont des accointances, du moins c’est ce que nos pré-notions subodorent à première apparence particulière. Thomas VDB, qui ne veut pas perdre la face, sort de son chapeau sa meilleure question : « pourquoi les métalleux, plus que dans d’autres genres de musique, aiment se retrouver entre eux avec leurs codes qui leur sont propres ? »

Pour information, on retrouve ça dans TOUS les genres musicaux, TOUTES les communautés. Les jazzmen, les rappeurs, les musiciens classiques, les rockeurs, tous ont ce comportement. Et d’ailleurs, pourquoi les motards aiment se retrouver entre motards pour faire de la moto en tenue de moto ? C’est étrange, dis donc ! Voilà qui mérite explications... Le sociologue dit qu’effectivement il y a un rapport au corps particulier, avec des vêtements typiques et que ces jeunes gens se retrouvent ici pour s’amuser. Après un petit blabla où quelques éléments intéressants comme le bon niveau de diplôme des métalleux ne sont pas relevés, il conclue en disant qu’au bout du compte, « le metal expliqué à ma mère, c’est rien, y’a que des fans qui viennent écouter de la musique ». Nous voilà bien avancés.

Et le caractère morbide du metal dans l’histoire ? Parlons un peu du Cornu, tiens. Comme chacun le sait, les rumeurs de satanisme ne titillent que cette attardée de Christine Boutin et ses sbires. Mais, sait-on jamais, rassurons maman en faisant un tour à la sortie de la messe le dimanche du Hellfest à Clisson et tendons le micro à quelques vieilles dames. Celles ci disent que le festival ne les dérange pas du moment qu’elles peuvent mener leurs vies. Il n’y a pas de quoi se formaliser, le Hellfest est présent depuis plusieurs années, il n’y a jamais d’incident majeur (en plus ça rapporte une petite fortune à la commune chaque année), tout va bien. Magie d’un montage mal foutu, le reportage enchaine aussi sec avec l’interview de Jean-Yves Rineau, membre d’une association chrétienne qui fait pression pour la déprogrammation de certains groupes. Rappelons l’une des règles de base du montage, son pouvoir d’association. On peut éviter de passer du coq à l’âne et de mélanger quelques chrétiens tolérants et débonnaires avec des bigots crispés.

Jean-Yves Rineau pointe du doigt plusieurs groupes « ouvertement anti-chrétiens » selon lui et régulièrement programmés depuis quelques années, comme Slayer, Morbid Angel ou Mayhem. C’est ici qu’il faut nuancer et apporter un point de vue. Chez Slayer et Morbid Angel, il s’agit de pure provocation grand guignol. C’est ici que le monteur aurait du placer les propos du sociologue à ce sujet, en parlant de caricature. On peut aussi rajouter que le chanteur de Slayer se dit catholique et qu’il ne faut pas tout prendre pour argent comptant. Que fait l’ami VDB ? Il reste cool, comme toujours : « ah, en fait vous connaissez vachement bien les groupes de metal ! Vous écoutez quoi ? »

L’imagerie satanique dans le metal n’est principalement que du folklore, un jeu débile avec lequel tout le monde s’amuse sans être dupe que ce n’est qu’un jeu. Principalement, parce qu’il existe néanmoins des groupes très borderlines dont Mayhem fait partie. Le black metal est ultra minoritaire et inoffensif en France mais il s’agit d’un vrai phénomène de société en Norvège qui est trop souvent l’expression d’une véritable confusion et d’une perte de repères socio-culturels. A ce sujet, on conseille l’excellent documentaire Until The Light Takes Us. C’est un sujet compliqué à traiter, que l’on ne peut pas mettre dans le même panier que le reste du metal. Il ne faut pas le passer sous silence tout en l’abordant de la bonne manière, en montrant honnêtement qu’il y a de vrais anti-chrétiens, des débordements de violence mais tout ceci est ridicule et n’est pas cautionné par le reste de la communauté metal. C’est un mouvement extrême mais un mouvement marginal et débile.

Encore une fois, aucun parti pris de la part de Thomas VDB. On rigole bien quand il interviewe le chanteur de Mayhem, Attila Csihar, lequel se la joue grand esprit clairvoyant et dit que de toute façon, il ne fait rien de mal, il est au dessus des gens qui ne voient pas ce qu’il voit et qu’il ne tue personne. Or, jusqu’à preuve du contraire, Mayhem est emblématique des déviances du black metal norvégien. Ces imbéciles ont ramené en douce des os humains sur la scène du Hellfest pour des « raisons spirituelles ». La part de pure provocation est mêlée à de réelles convictions et croyances abruties. On a suffisamment tartiné sur l’assassinat de Øystein Aarseth, ancien leader du groupe, par le guitariste Varg Vikernes. Autant de choses dont il faut parler si on veut offrir une image honnête du metal. Il faut montrer les différences entre les cas et ne pas tout traiter par dessus la jambe en rappelant sans cesse que l’important est que ça reste cool.

Thomas VDB aborde d’ailleurs la question des morts tragiques dans le metal en bout de reportage, de manière complètement désinvolte, comme s’il parlait à un gosse de huit ans zombifié. Il met sur le même plan la mort de Dimebag Barrell et celle de Øystein Aarseth, allant jusqu’à la mélanger avec le suicide de Per Yngve Ohlin, juste histoire de pouvoir rigoler en citant les anecdotes ressassées comme quoi les membres de Mayhem auraient fait une omelette avec la cervelle de leur chanteur suicidé. On ne peut pas mettre sur le même plan la mort tragique de Dimebag Barrell, assassiné par un déséquilibré de la même manière que John Lennon, et le bain de sang de Mayhem.

De toute manière le reportage est en roue libre, complètement déstructuré. Les rares éléments intéressants ne sont pas exploités, noyés dans l’absence de propos d’ensemble, de mise en perspective et de regard critique. Pendant une heure, Thomas VDB ne dit rien et cabotine. Au final, ce reportage est très symptomatique du traitement médiatique du metal en France. On se plaint en permanence du manque de metal dans les médias et quand on a l’occasion de faire quelque chose de bien, l’ambition se réduit à dire « n’ayons pas peur des hardos, c’est des gens des plus gentils ». C’est vrai, manquerait plus qu’ils mordent ces cons là.



Vos commentaires

  • Le 25 août 2011 à 12:49, par xYohmx En réponse à : Le metal expliqué à Thomas VDB

    En même temps, le documentaire s’appelle "Le métal expliqué à Ma Mère", il s’appelle pas "Le Métal par un Métaleux qui explique au métaleux un truc qu’ils connaissent déjà par coeur mais dont ils aimeraient bien quand même qu’on en parle parce qu’ils souffrent et sont jaloux qu’on les aime pas... Les métaleux".

    Convient Thibault que le titre aurait été un peu long non ?

    (On est a la télé, faut respecter les formats tavu)

  • Le 21 octobre 2011 à 11:16, par BeMusic En réponse à : Le metal expliqué à Thomas VDB

Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom